Lutte contre la corruption: Ces actions qui confortent

Par Kokouvi EKLOU,

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La lutte contre la corruption dans laquelle s’est engagé le gouvernement depuis son avènement en 2016 n’est pas sans susciter des remous. Que certains trouvent la pilule amère, ils ne sont toutefois pas dupes des conséquences néfastes du fléau sur la vie publique. Des travers que les pouvoirs publics se sont tôt engagés à juguler en concevant des politiques de modernisation de l’administration et de l’arsenal juridique.
A sa prise de pouvoir, Patrice Talon a su donner les signaux : « La lutte contre la corruption est un combat de tous les instants qui n’émoussera pas les ardeurs de la justice et de la Société civile pour mettre un terme à l’impunité ». Et depuis lors, les actions pour mettre un terme à l’impunité se sont multipliées.
Pour le ministre en charge de la Justice et de la Législation, Sévérin Quenum, le succès de la lutte contre la corruption et l’impunité est tributaire de trois facteurs. « Il faut un cadre juridique, un cadre institutionnel et une volonté politique inébranlable. Nous avons tous ces facteurs dans notre pays, à savoir que le cadre juridique existe et a été renforcé depuis le vote de la loi sur le renforcement de la gouvernance juridique et judiciaire. Cette loi est destinée à asseoir les responsabilités des agents publics dans la gouvernance des institutions. S’agissant du cadre institutionnel, au-delà de la mise en œuvre du programme Système national d’intégrité (Sni), le gouvernement a effectivement institué tous les organes. Nous avons une juridiction spéciale qui s’occupe de la lutte contre la corruption, qui est un instrument majeure dans la lutte contre la corruption et puis la volonté politique », martèle-t-il, lors du lancement officiel du Programme d’appui à la lutte contre l’impunité et au renforcement de l’Etat de droit en République du Bénin (Palired).

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Des raisons d’y croire

Fort de ce que la lutte contre la corruption est un impératif vital pour les pays et leurs économies, Adidjatou Mathys, ministre du Travail et de la Fonction publique, souligne l’intérêt de l’engagement du gouvernement et se frotte les mains quant à la mise en œuvre d’un certain nombre de réformes concourant à ce fait.
« Nous travaillons surtout à attaquer le mal à sa racine. Au niveau de l’administration, le gouvernement essaie de réduire le contact physique entre les agents de l’administration et les usagers/clients et cela est important. La modernisation de l’administration et la dématérialisation constituent des projets phares du Programme d’action du gouvernement et nous y travaillons aussi bien au niveau du ministère de la Fonction publique qu’au niveau du ministère des Finances où généralement il y a beaucoup d’usagers qui vont et viennent. Aujourd’hui, grâce à cette volonté, il y a au moins la moitié de ces usagers qui ne fréquentent plus nos départements ministériels. Au niveau du ministère dont j’ai la charge, il y a les trois quarts des usagers qui ne sont plus en contact avec les agents du fait du processus de dématérialisation que nous avons mis en place aujourd’hui et qui fait que lorsqu’il y a un nouvel acte de carrière au profit d’un agent, il a un code pour savoir qu’il a un tel acte et dès lors qu’il a la confirmation, il accède à Internet pour tirer son acte », témoigne-t-elle. Tout ceci permet à l’agent de ne plus venir forcément au niveau du ministère du Travail et de la Fonction publique ou au niveau de son ministère avant de pouvoir obtenir son acte. Même pour les avancements, « nous les faisons automatiquement aujourd’hui même s’il reste encore quelques niveaux à parfaire. En ce qui concerne l’avancement des grades, il y a beaucoup de choses qui se font de façon dématérialisée aujourd’hui. Nous transmettons les actes par voie informatique au niveau du ministère des Finances », ajoute-t-elle, avec un brin de satisfaction.
Réduire le contact physique entre les agents de l’administration et les usagers/clients constitue, à son avis, l’une des stratégies efficaces de lutte contre la corruption.
S’il est difficile de lutter contre la corruption à son entendement, il n’est d’aucun doute que le gouvernement s’y est engagé. En témoignent par ailleurs les textes d’application de la loi N° 2015-18 du 1er septembre 2017 portant statut général de la Fonction publique, relatifs aux instances disciplinaires et paritaires, adoptés en Conseil des ministres le 16 octobre 2019. Cette loi apporte en effet,des innovations au le fonctionnement des organes dédiés aux sanctions disciplinaires et du Comité consultatif paritaire de la Fonction publique. Elle fixe par ailleurs, selon le Conseil des ministres, les principes fondamentaux de gestion des emplois et des carrières des agents.
A ceci, il faut ajouter la réorganisation des organes de contrôle dans l’administration publique. De quoi renforcer les dispositions prises à tous les niveaux pour frapper fort.
Si d’aucuns accusent le gouvernement d’avoir la main lourde face à des soupçons d’actes de corruption avec des sanctions infligées aux présumés coupables et admonestent la création de certaines juridictions telle la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), il est à relever toutefois qu’un grand pas a été fait dans la lutte contre la corruption. Le dispositif, tel que consacré par la loi sur la gouvernance judiciaire et juridique ainsi que les plans d’action sectoriels du Système national d’intégrité du Bénin qui constituent des actes majeurs, permet, espère le ministre de la Justice et de la Législation, d’envisager que la tendance sera renversée en ce qui concerne la lutte contre la corruption.

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