Lutte contre la malnutrition à Gogounou: Les relais formés par l’Unicef sauvent les communautés

Par LANATION,

  Rubrique(s): Société |   Commentaires: Commentaires fermés sur Lutte contre la malnutrition à Gogounou: Les relais formés par l’Unicef sauvent les communautés


Les relais communautaires rendent plus efficace la lutte contre la malnutrition dans la commune de Gogounou. Ces appuis aux formations sanitaires dans les communautés privées de centres de santé jouent à fond leur partition grâce au soutien de l’Unicef.

LIRE AUSSI:  Responsabilité sociétale des entreprises: La protection des Biens publics mondiaux préoccupe

La petite Abiba, 3 ans, est accueillie ce matin d’août au centre de santé de Gogounou comme une immaculée. Pétillante de forme et visage rayonnant d’espoir, elle savoure visiblement son embonpoint dans ce lieu qui l’a sortie de son plus grand cauchemar de bébé. Quatre mois plus tôt, elle était admise aux soins pour malnutrition aiguë sévère. Baké Sébo, sa maman raconte encore les circonstances avec beaucoup d’émotion. « Nous habitons à Wassirou, un village situé à 3 km de Gogounou. Ma fille faisait régulièrement la diarrhée et à un moment, j’ai cru qu’elle allait mourir. Je suis allée voir Sabi, le relais communautaire. Il m’informe que l’enfant souffre de malnutrition et me remet un papier pour venir au centre de santé de Gogounou. Quand je suis arrivée, l’infirmière m’a donné des produits et montré comment je dois les utiliser. C’est ce que j’ai fait et je revenais régulièrement renouveler les produits quand ils finissent jusqu’à la guérison de ma fille », témoigne-t-elle.
Ce récit a priori banal répond à tout un programme mis en branle par l’Unicef pour sortir les enfants de la malnutrition, devenue un réel problème de santé dans la commune. Entre janvier et août 2017, 34 enfants âgés de 6 à 59 mois ont été déjà reçus pour cause de malnutrition aigüe sévère au centre de santé pour le compte de l’arrondissement de Gogounou.
Le dispositif de lutte repose essentiellement sur les relais communautaires formés et entretenus par l’agence onusienne pour servir de maillon de sensibilisation et d’alerte dans les communautés qui ne disposent pas de centres de santé. « L’Unicef nous a formés et mis à notre disposition des matériels pour le dépistage des enfants et lorsque nous voyons que la situation est grave, nous les référons vers le centre de santé de Gogounou», explique Sabi Aboubakar, relais communautaire à Wassirou. Au sein des communautés, le dépistage se fait uniquement à l’aide de la bandelette tricolore, une bandelette à trois couleurs, dont le vert désigne l’absence de pathologie de malnutrition, le jaune une menace et le rouge une situation de malnutrition aiguë sévère. Mais il arrive également que des cas soient décelés lors des consultations de routine ou des campagnes de dépistage.
A leur arrivée au centre de santé, les enfants victimes de malnutrition sévère aiguë sont gratuitement pris en charge. Georgette Bodé N’Goye, infirmière au centre de santé de Gogounou précise : « Lorsque les enfants soupçonnés de malnutrition sévère arrivent chez nous, nous leur faisons d’abord le test d’appétit. Si le test est positif, on leur donne un sachet de Plumpy-nut, un aliment thérapeutique qui règle les cas de carence en nutriments chez les bébés malnutris. Lorsque le test d’appétit est négatif, il s’agit alors d’un cas de malnutrition aiguë sévère avec complication que nous référons à l’hôpital de zone de Kandi pour des interventions spécifiques ».

LIRE AUSSI:  Recommandations de l’examen périodique universel du Bénin: Le groupe de travail des Osc maintient la veille

Inverser la tendance !

Les cas de malnutrition sévère modérée sont renvoyés dans les communautés après les conseils nutritionnels aux mamans. Les enfants souffrant de malnutrition sévère aiguë sans complication suivent un programme de traitement qui s’étale sur plusieurs semaines, avant d’en sortir dès le recouvrement du poids de référence.
« L’Unicef nous accompagne à tous les niveaux, à commencer par la formation des acteurs qui dépistent cette malnutrition.
Il nous dote également de matériels de dépistage et de tout ce qu’il faut pour prendre en charge l’enfant, notamment le Plumpy-nut, les différents antibiotiques qu’on utilise au début du traitement », souligne Dr Justine Boni Sourokou, médecin chef de la commune de Gogounou. Elle ajoute que l’agence onusienne, encourage les relais qui sont rattachés aux infirmiers chefs de poste, à travers des primes de rendement trimestriels qu’ils perçoivent suivant des critères de performance bien définis. Le médecin insiste qu’ils sont d’un appui essentiel pour les formations sanitaires d’autant que leur travail permet de prévenir des cas graves qui échappent aux centres de santé. « Avant, c’est souvent au dernier moment que les parents font recours à nous. Aujourd’hui, les relais communautaires sensibilisent, font des visites à domicile et en fonction de ce qu’on leur apprend, ils essaient de corriger certaines choses sur le terrain et cela améliore la santé des enfants de nos communautés », indique-t-elle.
Pour prévenir les risques de rechute et favoriser leur réinsertion, les enfants sortis du programme de prise en charge de la malnutrition sont orientés vers le centre de promotion sociale (Cps). « Nous apprenons aux mamans comment, après l’allaitement exclusif, elle peuvent composer des repas riches à leurs enfants à partir des produits locaux. Nous faisons des démonstrations diététiques qui aident les enfants à être bien portants. Nous organisons des suivis à domicile pour constater si les femmes respectent nos consignes », assure Awawou Sinadou Ouro, animatrice au Cps de Gogounou.
La zone sanitaire Kandi-Gogounou-Ségbana reste l’une des régions du pays où le problème de la malnutrition se pose toujours avec acuité. En 2016, la zone a enregistré 755 cas d’enfants malnutris. Dr Dieudonné Tchékpé, médecin coordonnateur de la zone, parie que ces appuis soutenus de l’Unicef feront inverser la tendance dans les années à venir?