Lutte contre la malnutrition: Les acquis du projet Fortimoringa dévoilés

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Atelier_vue d'ensemble

Le projet Fortimoringa est arrivé à son terme. Un atelier de clôture a été organisé dans ce cadre, vendredi 9 juillet dernier à Cotonou, afin de restituer les résultats, d’évaluer les acquis et d’envisager les perspectives. C’est une initiative de Hunger project en collaboration avec l’Université d’Abomey-Calavi et celle de Wageningen, qui promeut l’utilisation des feuilles de Moringa oleifera pour une meilleure nutrition maternelle et infantile au Bénin.

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Le projet Fortimoringa vient de boucler trois ans avec à la clé des prouesses. Après plus de trente-six mois de mise en œuvre, l’heure est à la restitution des résultats. Occasion pour Polycarpe Kayodé, professeur à la Faculté des sciences agronomiques de l’Université d’Abomey-Calavi de relever les exploits réalisés : « Du point de vue de la culture du Moringa, nous avons pu définir les conditions optimales de production et avoir des rendements très élevés. L’étape de transformation nous a permis de mieux apprécier le mode de séchage de la feuille. La farine de qualité supérieure a permis de sauver les enfants malnutris ».
Sa restitution a permis de définir les ingrédients à mélanger avec la feuille de Moringa oleifera dans une proportion de 10 % afin de faire efficacement face à la question de la malnutrition. Elle met en lumière le profil nutritionnel et sanitaire de la poudre des feuilles de Moringa oleifera produites au Bénin, les conditions de stabilisation de sa poudre, la formulation et la caractérisation de farines infantiles à base de la poudre desdites feuilles.
Le projet Fortimoringa vise à relever le défi de la malnutrition en général et celle de la mère et de l’enfant en particulier tout en œuvrant à adresser des solutions pertinentes au paradoxe que constitue la malnutrition.
« Paradoxe en ce sens que nous parlons de malnutrition dans un contexte où les ressources à hautes valeurs nutritives disponibles dans notre pays ne sont pas valorisées. Nous parlons de pauvreté dans un contexte où des ressources qui peuvent générer des revenus pour les communautés pauvres en particulier les femmes ne sont pas valorisées », s’offusque Pascal Djohossou, directeur régional de Hunger project.
La feuille de Moringa oleifera est si nutritive qu’elle traverse les frontières béninoises. « La restitution des résultats dans le cadre de la phase terminale du projet intervient dans un contexte où nous parlons de sommet mondial de l’alimentation et où la question majeure est comment transformer les systèmes alimentaires pour qu’ils soient à même de servir les communautés et rester dans une dynamique d’efficience et d’efficacité au profit des populations pauvres», explique-t-il.

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Produit miracle

A l’heure du bilan, les témoignages confortent les acteurs. « Si ce projet n’avait pas existé, il aurait fallu l’inventer au regard de la qualité des résultats de recherches qui ont abouti à un produit miracle et à partir desquelles, on a pu produire une farine infantile enrichie aux feuilles de Moringa respectant les normes et permettant de lutter contre la malnutrition », apprécie Yécy Peggy Tohinlo, secrétaire exécutive de la société civile pour l’intensification de la nutrition au Bénin.
Le projet Fortimoringa doit son succès à un trio : Hunger Project, qui en a assuré la coordination administrative, l’Uac à travers la Fsa, qui a coordonné le volet scientifique et l’Université de Wageningen, à travers la mobilisation des ressources.
Cette feuille fera davantage de merveilles au Bénin et dans le monde si les vœux des acteurs du projet sont exaucés. « Je voudrais souhaiter que les résultats issus de la présente restitution puissent permettre de relever le défi de la malnutrition, d’améliorer les revenus des communautés pauvres, d’initier des entreprises viables au sein des communautés et d’inciter à la création de modèle entrepreneurial aux niveaux national et international »,espère Pascal Djohossou.
D’où ces recommandations du professeur Polycarpe Kayodé, qui indiquent les étapes à suivre pour la valorisation du produit : « Il importe que les acteurs en charge de la nutrition au niveau communautaire s’approprient ces résultats. L’Uac dispose d’une unité pilote pour produire cette farine en quantité afin de permettre aux gens d’essayer sur des échantillons larges au niveau local. Il serait également bien que les petites et moyennes entreprises s’approprient ces résultats afin de produire en quantité pour le bien-être des populations. Les politiques doivent saisir cette opportunité pour régler la question de la malnutrition».
Ses consignes sont valables aussi pour les producteurs et transformateurs. Tout commence depuis le champ. « Il faut récolter dans des conditions optimales. Il faut que les gens évitent de faire leurs besoins dans les champs de Moringa. Il faut procéder au lavage après la récolte dans l’unité de transformation, l’égoutter et passer au séchage », conseille-t-il.
L’emballage aussi doit répondre à certains critères.
« C’est bien d’emballer le produit dans un sachet en aluminium. Les emballages vides peuvent aussi prolonger la durée de vie du produit », recommande-t-il.
Le projet Fortimoringa pourra traverser les époques si ces différentes mesures sont prises en compte.

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