Lutte contre la menace terroriste en Afrique : Le Maroc préconise une approche globale et intégrée

Par Paul AMOUSSOU,

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Lutte contre la menace terroriste en Afrique Le Maroc préconise une approche globale et intégréeNasser Bourita, ministre des Affaires étrangères marocain, préconise une synergie d’actions contre le terrorisme rampant en Afrique

L’écosystème du terrorisme évolue vers un ‘‘nexus affirme’’, selon Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger. Autrement dit, la menace terroriste en Afrique oscille désormais entre terrorisme, séparatisme et criminalité ; et se fait plus agressive, à coup d’apparition de nouveaux groupes qui s’adaptent aux ripostes nationales et régionales, pour mieux cibler le chaos et le profit, a souligné le chef de la diplomatie marocaine samedi dernier à Malabo à l’ouverture du Sommet extraordinaire de l’Union africaine (Ua) sur la lutte contre le terrorisme et les changements anticonstitutionnels de gouvernements en Afrique.
Pour rappel, les 85 Etats membres de la Coalition globale pour vaincre Daesh, réunis à Marrakech le 11 mai dernier, avaient acté ces mutations, que le Forum International de Dakar sur la paix et la sécurité tenu en 2016, sous la présidence de Macky Sall avait également anticipées.

Terrorisme mutant

Face à cette menace en mutation, a indiqué Nasser Bourita, « Notre force collective n’a jamais été autant fonction de nos vulnérabilités individuelles», décrypte-t-il, soulignant la pertinence de la thématique qui a réuni l’Afrique à Malabo le week-end dernier, au regard du contexte actuel, et portant sur le terrorisme et les changements anticonstitutionnels des gouvernements. « Pertinente au regard de la conjoncture haute en défis que traverse l’Afrique, marquée par une succession, voire une concomitance, de crises, sécuritaires en l’occurrence, qui ne laissent aucun répit’’, explique-t-il. Pertinente aussi, en ce que cette thématique traduit un regard lucide porté sur l’évolution du phénomène terroriste en Afrique; et en particulier cette faculté qu’il acquiert de prendre les couleurs de tous les maux dont il se nourrit: instabilité, insécurité, précarité et séparatisme, relève-t-il.
Le ministre Bourita a, dans ce sens, souligné que les indicateurs de sécurité du continent passent au rouge, les uns après les autres, ajoutant que ceci signe le bilan opérationnel « mitigé » du « Plan d’Action de l’Ua sur la prévention et la lutte contre le terrorisme adopté en 2002. Mais, poursuit-il, s’il n’a pas permis de structurer une riposte efficace à l’échelle continentale, ce plan d’action aura eu le mérite d’exister, et de plaider pour le renforcement d’un cadre juridique qui peut être bien utile à l’avenir. Ainsi, il a appelé à ne négliger aucun espace politique ou opérationnel, aucune source de tension nationale ou régionale; et, surtout, ne laisser aucun pays sur le bas-côté. Dans ce cadre, Nasser Bourita a regretté la décision du Mali de se retirer du G5-Sahel qui est « une bien mauvaise nouvelle à méditer », dit-il, formluant le souhait que ce pays frère, dont l’engagement contre le terrorisme est déterminant, puisse reprendre rapidement sa place dans la riposte collective. Celle-ci, insiste-t-il, ne peut se concevoir que dans une approche globale et intégrée alliant actions sécuritaire, économique, sociale et cultuelle. Le Maroc, dans la lutte contre le terrorisme dont est caution la paix et le développement, ne marchande pas son leadership, à chaque fois affirmé.

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