Lutte contre la mortalité maternelle, néonatale et juvénile: Le mentorat clinique, la nouvelle arme en déploiement au Bénin

Par Désiré C. VIGAN A/R Mono Couffo,

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Le Bénin continue d’explorer des solutions pour infléchir son taux de mortalité maternelle, néonatale et juvénile. La nouvelle trouvaille dénommée le mentorat clinique entre dans sa phase opérationnelle avec l’installation des tout premiers acteurs qui a pris fin, mercredi 26 mai dernier à Lokossa, pour le compte du Mono.

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Des sages-femmes comptabilisant au moins quinze années d’expérience professionnelle et leurs jeunes collègues qu’elles seront amenées à coacher dans une relation mentorale ont reçu, désormais, le top de leurs activités. C’est le sens de la cérémonie d’installation des sages-femmes sorties volontaires, dans le département du Mono, pour la mise en œuvre du processus dénommé mentorat clinique.
La cérémonie a eu lieu dans la soirée du mercredi dernier à Lokossa, dans l’enceinte de la direction départementale de la Santé. Ceci, sous la houlette de Clarisse Ahanhanzo-Glèlè Agonglo, directrice des Soins infirmiers obstétricaux à l’Agence nationale des soins de santé primaires au ministère de la Santé, et de Prince Comlan Eugène Adjovi, représentant du projet d’Autonomisation des femmes et dividende démographique au Sahel (Swedd), logé au ministère en charge du Développement. Responsable de la composante 2 au niveau du projet Swedd, Prince Comlan Eugène Adjovi explique que la présente activité est la suite logique d’une série démarrée, en décembre 2020, à partir de la formation des mentors (sages-femmes expérimentées) pour une première vague de six départements à savoir le Mono, le Couffo, le Borgou, l’Alibori, l’Atacora et la Donga. L’étape du Mono ferme la série de cérémonies d’installation dans cette cohorte. En tout, ce sont 110 mentors qui ont bénéficié de renforcement de capacités dans les six départements en vue de l’introduction du mentorat clinique dans le système sanitaire au Bénin, processus financé par le projet Swedd. Au dire de M. Adjovi, le département du Mono compte quinze mentors et quatorze mentorées. Pour le compte du Couffo, ils sont une dizaine de mentors installés, la semaine dernière, pour le bonheur de trente jeunes sages-femmes.

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En ligne de mire, les taux de mortalité et de morbidité

Le mentorat permettra de renforcer la qualité des soins en matière de reproduction et d’améliorer les indicateurs de la santé de la mère et de l’enfant, selon Prince Comlan Eugène Adjovi. Cette initiative qui s’agrège à l’arsenal de projets et programmes déjà déployés pour la même cause, appuie-t-il, a l’avantage de s’inscrire dans un processus global qu’accompagne le projet Swedd pour permettre l’autonomisation de la femme et la capture de dividende démographique. L’échéance pour l’atteinte de ces objectifs, dit-il, se situe à l’horizon 2030 fixé pour l’atteinte des Objectifs pour le développement durable (Odd).
Ce qui est intéressant dans l’approche du mentorat clinique, relève Clarisse Ahanhanzo-Glèlè Agonglo, directrice des soins infirmiers obstétricaux à l’Agence nationale des soins de santé primaires, c’est que la sage-femme expérimentée se déplace sur le site de sa mentorée pour travailler avec elle. Et, dans cette approche de transfert de compétences par la pratique, poursuit-elle, il revient à la jeune sage-femme de définir par elle-même ses propres lacunes, les thématiques de son intérêt ou les problématiques liées à ses interventions, toutes choses pour lesquelles elle sollicite de l’accompagnement. En retour, le mentor ne se contente que de la satisfaction morale d’avoir donné quelque chose de façon bénévole, le mentorat étant basé sur le principe du volontariat.
« Et quand ça se passe comme ça, c’est qu’on est engagé, on est prêt pour le sacrifice », renchérit Eléonore Lalèyè Dah, chef service de la Mère et de l’Enfant à la direction départementale de la Santé du Mono. Nommée point focal Mono du Mentorat clinique, elle promet qu’à la faveur de ce programme, l’amélioration de la qualité des soins de santé va vraiment se faire sentir dans le département. « Même si nous n’arrivons pas à réduire sensiblement la mortalité maternelle et néonatale, nous allons réduire la morbidité, c’est-à-dire les complications au moment de l’accouchement », soutient-elle. Au Bénin, 1 500 femmes meurent chaque année des suites de complications d’accouchement. Des autres indicateurs de santé au plan national, il ressort que le taux de mortalité néonatale est de trente décès pour mille naissances. Celui de la mortalité infantile est de 55 décès pour mille naissances vivantes. Pour les enfants jeunes, le taux est de 96 décès pour mille naissances vivantes.

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