Lutte contre la pauvreté dans les communes de Za-Kpota et de Zè: Comment le Pincp a augmenté le pouvoir d’achat des ménages

Par Bruno SEWADE,

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Lutte contre la pauvreté communes de Za-Kpota et de Zè

La mise en œuvre du Projet intégré de nutrition communautaire et de lutte contre la pauvreté (Pincp) par l’Organisation non gouvernementale Afric’ Mutualité pendant quinze mois, a montré qu’il y a une augmentation du pouvoir d’achat des ménages dans les communes de Za-Kpota et de Zè selon les résultats présentés au cours d’un atelier bilan mardi 6 mars dernier.

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« Je n’emprunte plus d’argent et je paie maintenant les aliments que je ne pouvais pas » ; « J’achète les habits pour mes enfants et les aliments aussi» ; «J’ai plus d’argent pour mes diverses dépenses » ; « Je vends désormais les tapettes et j’ai dépensé pour les obsèques de mon papa ». Ce sont quelques témoignages des bénéficiaires du Projet intégré de nutrition communautaire et de lutte contre la pauvreté (Pincp) exécuté par l’Organisation non gouvernementale Afric’ Mutualité pendant quinze mois dans les communes de Za-Kpota et de Zè. 

Au total, ce sont 90 % des femmes qui ont estimé que leur pouvoir d’achat s’est amélioré selon les résultats présentés par l’équipe de consultants, grâce à ce projet financé par l’Agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation.
Dans le cadre des activités du projet, Afric’ Mutualité a mis à disposition des bénéficiaires, des kits de production de maïs. 847 femmes ont reçu des kits de production de maïs pour un montant total de 8 450 600 F Cfa. Chaque kit était composé de 5 kg de maïs amélioré, une houe, un coupe-coupe, une bassine et de deux paniers. Sur l’appui aux activités génératrices de revenus (Agr) des femmes bénéficiaires, au total 1219 femmes (reparties en 218 groupes de solidarité) ont bénéficié des fonds d’appui d’un montant total de 12 190 000 F Cfa soit un montant de 10 000 F Cfa par femme.
Avant la mise à disposition des fonds, le pouvoir d’achat des femmes était de 2390,9±3466,9 F Cfa. Mais après la mise à disposition des fonds, il a été évalué à 3514,61± 1263,99 F Cfa. Soit un accroissement de 1101,63±2545,9 F Cfa.
Le pourcentage de femmes ayant amélioré leur pouvoir d’achat est de 83%. Autrement dit, 83 % des femmes ayant bénéficié des fonds d’appui aux activités génératrices de revenu (Agr) ont amélioré leur pouvoir d’achat de près de 1100 F Cfa.
En ce qui concerne l’insécurité alimentaire grave, les pourcentages de ménages concernés ont diminué de 7,5 points dans les villages d’intervention du Pincp. Il a été enregistré une augmentation des superficies emblavées et des récoltes. Plus de 50 % des femmes ayant bénéficié des kits de production ont augmenté leurs superficies emblavées. Et près de 44 % ont augmenté leur rendement.
Quant au niveau d’amélioration du seuil de consommation alimentaire (Sca), la zone d’intervention a augmenté la consommation alimentaire limite (Al) et la consommation alimentaire moyennement acceptable (Cama) respectivement de 6,1 % et de 7,2 % soit 13,3 % au total.

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Les facteurs d’influence

Au regard de ces résultats, le souhait des uns et des autres est de tout mettre en œuvre pour la durabilité et la pérennisation du projet. Seulement, quelques principaux facteurs externes risquent d’influencer l’atteinte des objectifs de l’initiative. Au nombre de ces facteurs, les consultants ont cité l’appauvrissement des sols et la faible pluviométrie qui ont entravé le rendement agricole escompté par le passé. Il y a aussi l’irresponsabilité de certains maris, contraignant leurs femmes à une mauvaise gestion des fonds d’appui alloués. Ce comportement a été un handicap à l’atteinte des objectifs.
Les consultants attirent également l’attention des responsables de Afric’ Mutualité sur quelques facteurs internes et externes qui risquent de compromettre la durabilité des acquis. Comme facteurs internes, la probable démotivation des animatrices si leur travail n’est plus rémunéré ; la mauvaise gestion des fonds d’appui aux Agr ; le désintéressement de certaines femmes si elles ne reçoivent plus l’aide alimentaire à laquelle elles ont été habituées les derniers mois. Et pour ce qui est des facteurs externes, c’est le manque de volonté politique, notamment du conseil communal qui devrait appuyer ces groupes de solidarité pour la poursuite des activités.
Il faut rappeler que les bénéficiaires directs du Pincp sont les ménages pauvres extrêmes identifiés par le Projet de services décentralisés conduits par les communautés (Psdcc). Ces ménages ont reçu, entre autres, du Psdcc, des transferts monétaires directs de 3 500 F Cfa par ménage et par mois pendant environ deux ans.
La particularité du Pincp réside dans le fait qu’il y a une forte corrélation entre les terrains de pauvreté extrême et la malnutrition. Car, malgré la bouffée d’oxygène que constituent les transferts monétaires du Psdcc aux ménages pauvres extrêmes, ces derniers éprouvent encore d’énormes difficultés à faire face à leurs besoins alimentaires lorsqu’ils comptent un ou plusieurs malnutris en leur sein. D’où, la distribution chaque mois des vivres locaux comme appoint alimentaire aux mères d’enfants pour les encourager à suivre les activités éducatives et à mettre en pratique les leçons apprises. Puis, mettre aussi à disposition des kits de production agricole pour renforcer les capacités de production des bénéficiaires.

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