Lutte contre la traite transfrontalière: Le Bénin et le Togo en quête des meilleures stratégies

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L’Afrique de l’Ouest est considérée comme une plaque tournante de la traite transfrontalière des personnes. Conscient de cette réalité, le Réseau des structures de protection des enfants en situation difficile (Respesd) organise, du 7 au 9 janvier 2020 à Grand- Popo, une rencontre bilatérale
Bénin-Togo sur la lutte contre ce phénomène dont l’objectif est de mettre en place des stratégies pour dynamiser la lutte.

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Face à la complexité de la traite transfrontalière des personnes en Afrique de l’ouest, les acteurs de la lutte recherchent les stratégies adéquates pour venir à bout du phénomène. Dans ce cadre, le Bénin et le Togo se concertent pour dynamiser la lutte contre ce fléau qui touche aussi bien les jeunes et les adultes que les enfants.
Pour Salimane Issifou, président du Réseau des structures de protection des enfants en situation difficile (Respesd) et directeur national de Sos Villages d’enfants Bénin, la présente rencontre est un vieux rêve.Il a noté qu’elle s’inscrit dans le cadre du projet « Contribution à la lutte contre la traite transfrontalière à travers la capacitation des parties prenantes » financé par l’Organisation internationale des migrations (Oim). Mieux, a-t-il poursuivi, elle fait partie des interventions de l’initiative « Appui à la libre circulation des personnes et la migration en Afrique de l’Ouest » de l’Union Européenne.
Nassirou Afagnon, représentant de l’Oim, a souligné que le caractère transnational de la traite des personnes n’est plus à démontrer. Il explique que la position géographique du Bénin fait de lui le carrefour migratoire pour les personnes quittant l’hinterland pour la côte et vice-versa. Il reçoit aussi ceux qui partent de l’Afrique centrale vers l’Afrique de l’Ouest et inversement, a-t-il ajouté. Citant d’autres facteurs, il a mentionné que la proximité du Bénin et du Togo ajoutée aux liens linguistiques, culturels et au partage du français comme langue de travail constituent le terreau de la mise en œuvre des principes de la libre circulation des personnes prônés par la Cedeao. Bien que positive, a relevé Nassirou Afagnon, cette liberté de mouvement a des conséquences négatives dont la traite des personnes. L’une des pires formes de violation des droits inhérents à la personne humaine, la traite transfrontalière des personnes non seulement porte atteinte à l’intégrité des victimes mais aussi agit négativement sur la société. Soulignant son caractère dynamique, il a expliqué que les criminels développent de jour en jour des stratégies pour contourner les dispositifs de lutte mis en place par les Etats. « Elle brasse des millions de dollars par an », a-t-il révélé. Face à cette situation, il a préconisé que les acteurs de la lutte se mettent ensemble pour éradiquer à jamais ce mal qui touche principalement les jeunes gens, les filles et des femmes, voire des enfants.

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Le Bénin et le Togo fortement touchés

Selon Célestin Zanouvi, représentant du ministre de la Justice et de la Législation, l’Afrique de l’Ouest constitue une plaque tournante de la traite des personnes, et le
Bénin et le Togo en sont fortement touchés. Ce phénomène se manifeste par l’exploitation de la main-d’œuvre infantile dans les plantations agricoles, les carrières de granit, les mines, le travail domestique, le mariage précoce et forcé. Cette situation très peu reluisante, a-t-il indiqué, a conduit le gouvernement du Bénin à prendre des mesures d’ordre législatif, réglementaire et programmatique. A ce titre, il est prévu de former les agents des services répressifs et judiciaires sur les articles 499 à 504 du Code pénal pour leur permettre d’être efficaces dans leurs fonctions. D’autres défis concernent la finalisation des accords multinationaux avec le Togo, le Burkina Faso et le Nigeria afin d’accroître les échanges d’informations, la coopération dans le cadre des enquêtes transnationales, la validation de la politique nationale de lutte contre la traite des personnes et son plan d’action. « Toutes ces mesures au niveau du Bénin auraient été suffisantes si la pratique de la traite n’était pas transfrontalière », a-t-il relevé pour montrer la nécessité des échanges entre les différents pays de la plaque tournante pour cerner ce fléau.