Lutte contre le Covid-19 dans l’Uemoa: Les plans de riposte évalués à 5 285 milliards de F Cfa

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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La Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Uemoa s’est réunie, ce lundi 27 avril par visioconférence, sur la pandémie du Covid-19. Elle a décidé de renforcer les mesures prévues dans les plans de riposte évalués à 5285 milliards de F Cfa, pour juguler la crise sanitaire qui a déjà fait 105 décès dans l’Union.

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Près de 3200 cas confirmés, avec 105 décès et un taux de létalité de 3,3 % à la date du 22 avril 2020. Les Etats membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) ne font pas exception à la déferlante du nouveau coronavirus qui a déjà fait plus de 2,5 millions de personnes contaminées et plus de 200 000 décès dans le monde.
Cette situation dramatique que connaît le monde en général, et la région en particulier était le principal point à l’ordre du jour d’une session de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union (Cceg/Uemoa) tenue hier. Pour la toute première fois, cet organe de l’institution régionale s’est réuni par visioconférence.
Sous la houlette du chef d’Etat ivoirien Alassane Dramane Ouattara, président en exercice de la Cceg/Uemoa, les dirigeants des huit pays membres ont partagé leurs expériences sur les meilleures réponses apportées à la pandémie du Covid-19 aux plans sanitaire et économique. C’est avec la participation des responsables des organes communautaires tels que le président du Conseil des ministres, le président de la Commission de l’Union, le gouverneur de la Bceao, le président de la Boad et celui de l’Autorité des marchés financiers de l’Union monétaire. Des institutions régionales qui ont apporté une bouffée d’oxygène aux pays, à travers notamment l’injection de liquidité dans les économies, avec les Bons Covid-19 et l’accroissement du niveau de prêts concessionnels aux Etats. Ces mesures ont permis de financer les dépenses urgentes d’investissement et d’équipement dans le cadre de la lutte contre la pandémie, salue le président de la Cceg.

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Renforcer les mesures

A en croire Alassane Dramane Ouattara, la pandémie actuelle s’ajoute à la crise sécuritaire qui sévit déjà dans la région, avec des effets économiques, sociaux et humanitaires sur l’ensemble des pays. « Nous devons donc agir vite et prendre des mesures à la fois sur les plans sanitaire, économique et social, afin d’atténuer les conséquences de la crise sur nos économies et réduire ainsi les souffrances de nos concitoyens», lance-t-il à ses pairs.
Les chefs d’Etat décident de renforcer les plans de riposte adoptés, lesquels ont été évalués à environ 5285 milliards de F Cfa. Ceux-ci se traduisent par des mesures telles que l’instauration de couvre-feu et d’état d’urgence,
le renforcement des contrôles sanitaires aux frontières, l’intensification des tests et la mise en quarantaine des cas positifs et suspects, la fermeture des établissements scolaires, l’interdiction des rassemblements de population, les investissements dans la santé, les plans de soutien économique et financier à l’endroit des populations les plus vulnérables, du secteur informel et des entreprises, notamment des petites et moyennes entreprises (Pme).

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2,7 % de croissance au lieu de 6,6 %

Les échanges sont allés dans le sens de la création d’une synergie d’actions pour plus de cohérence et d’efficacité des mesures prises et pour préserver les acquis de l’intégration régionale. Un accent particulier devrait être mis sur l’emploi et le secteur productif ainsi que la promotion d’initiatives visant à éviter l’affaissement des entreprises et assurer le redémarrage rapide des activités économiques post-crise.
En effet, prévient le président Ouattara, cette crise sanitaire aura un impact direct négatif sur la croissance économique des Etats et sur les finances publiques en 2020. « Il ressort, par exemple, que le taux de croissance moyen, en 2020, dans notre Union, ressortirait à 2,7 %, soit une réduction de près de quatre points de pourcentage par rapport à la prévision initiale de 6,6 % », a-t-il laissé entendre dans son speech d’ouverture. Si la pandémie se poursuivait jusqu’à la fin de l’année, ajoute-t-il, elle pourrait conduire les économies de l’Union à rentrer en récession et réduirait, de façon significative, la capacité des Etats à lutter contre la pauvreté et le terrorisme.

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