Lutte contre le mariage des enfants: Le partenariat national des Osc pour rompre le cercle vicieux

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Un partenariat national pour mieux endiguer le mariage des enfants au Bénin. C’est une initiative des Organisations de la société civile à travers l’Unicef et l’Ambassade des Pays-Bas, dont le lancement a eu lieu ce mardi 17 décembre à Cotonou.

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Le mariage infantile persiste au Bénin mais ne résistera plus aux efforts des acteurs de la chaîne de protection des enfants. C’est l’engagement que prend désormais la société civile à travers le partenariat national contre le phénomène. « Cette initiative permettra de réduire sensiblement ce phénomène. Le mariage des enfants nous interpelle tous et nous projette dans les défis majeurs auxquels nous devons faire face », souligne la ministre en charge des Affaires sociales, Véronique Tognifodé.
Le partenariat national contre le mariage des enfants adopte une nouvelle approche pour mieux aborder la problématique et répond au mouvement mondial ‘’Filles, pas épouses’’. Il s’inscrit dans la suite logique de la ‘’Campagne tolérance zéro contre le mariage des enfants’’.
« Le mariage des enfants est une manifestation de l’inégalité du genre, une violation des droits humains. La lutte contre le phénomène au Bénin n’est pas nouvelle. Mais aujourd’hui, presque 30 % des jeunes filles en sont encore victimes avant l’âge de 18 ans », se désole la représentante de l’Ambassade des Pays-Bas, Mieke Vogels.
Le département du Borgou vient en tête avec 37,2 %, suivi de la Donga (25,6 %), de l’Alibori (22,4 %) et de l’Atacora (20,6 %).
En travaillant ensemble avec les organisations de la société civile, les institutions étatiques, les missions diplomatiques et autres partenaires techniques et financiers, les acteurs de la chaîne de protection vont œuvrer plus efficacement dans le sens des objectifs du mouvement ‘’Filles, pas épouses’’ et du partenariat national naissant, se convainc la société civile béninoise.

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Mutualiser les efforts

Leur motivation est pertinente dans la mesure où le mariage infantile demeure d’actualité au Bénin et en Afrique et brise les perspectives d’avenir des victimes en dépit de la volonté des acteurs à divers niveaux pour l’enrayer.
« Il y a des enfants dont on a déjà choisi le mari avant leur naissance », souligne avec amertume Norbert Fanou Ako, président de l’Ong Enfant solidaire d’Afrique et du monde (Esam Ong). Désormais, il n’en sera plus ainsi. La société civile va renforcer ses actions et œuvrer de concert avec le gouvernement, l’Unicef et ses autres partenaires pour rompre ce cercle vicieux. « Les activités des Osc dans le cadre de la lutte contre le mariage des enfants, la traite et la prostitution d’enfants…ont eu des résultats peu visibles parce que menées par chaque acteur de façon isolée et sans une orientation commune partagée autour de ces violations massives qui hypothèquent dangereusement l’avenir de ces nombreuses âmes innocentes », note-t-il.
« La mobilisation de tous les acteurs est indispensable pour la réussite de ce partenariat, car aucune structure ne peut aborder à elle seule tous les aspects du mariage des enfants. Les interventions doivent être menées dans plusieurs domaines et les efforts doivent être coordonnés à travers les différents secteurs », insiste le directeur pays de l’Ong Educo Bénin, Souleymane Ouédraogo.
Le mouvement mondial « Filles, pas épouses » donne une voix aux filles exposées au risque de mariage précoce et défend leur droit à la santé, à l’éducation et l’opportunité de réaliser leur potentiel. Il regroupe plus de 1 300 organisations de la société civile dans plus de cent pays déterminés à mettre fin au mariage des enfants et à permettre aux filles de réaliser pleinement leur potentiel. Le Bénin y est fortement engagé.

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