Lutte contre les maladies virales du manioc: Gouvernants et leaders africains s’engagent

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE,

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A la recherche d’une stratégie régionale pour répondre à la menace des maladies virales du manioc

 

Venus de différents pays, des autorités politiques, chefs traditionnels et experts internationaux sont en réunion à Cotonou. Ces assises ouvertes, ce jeudi 7 juin, par le ministre béninois de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Marie Odile Attanasso, visent à contribuer à garantir la sécurité alimentaire en Afrique à travers une riposte organisée contre les maladies virales du manioc.

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Des maladies virales notamment la mosaïque africaine et la striure brune du manioc ont pris d’assaut l’Afrique et se propagent à une allure inquiétante. « C’est le tsunami du manioc, l’Ebola du manioc… C’est déjà là, en Afrique australe. Ça bouge en Afrique centrale avec le risque de venir aux portes de l’Afrique de l’Ouest. Il nous faut lui bloquer la route », indique le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Gaston Dossouhoui, pour montrer l’enjeu de la conférence internationale qui s’est ouverte hier à Cotonou. 

Initiée par le programme ouest-africain d’épidémiologie virale ou West African Virus Epidemiology (Wave) pour la sécurité alimentaire, cette rencontre vise à sensibiliser les gouvernants et leaders africains sur l’urgence de mettre en place une stratégie régionale pour répondre à la menace des maladies virales du manioc sur la sécurité alimentaire.
Pour le directeur exécutif du programme Wave, Justin Pita, la nécessité d’agir de façon coordonnée, inclusive et participative n’est plus à démontrer. Il est attendu de chaque pays, la mise en place d’un mécanisme de prévention, d’un système d’alerte rapide, d’un centre opérationnel d’urgence sanitaire ou d’une équipe de veille… pour ce qui concerne les gouvernants et la sensibilisation des populations à la base pour l’utilisation de dispositifs de culture sains en ce qui concerne les leaders traditionnels.
Roi de Grand Bassam et président de la chambre nationale des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire, Sa Majesté Amon Tanoé, a exprimé l’engagement des leaders à jouer leur rôle pour éviter aux populations de souffrir de la perte de leurs productions. Ce qui serait une vraie crise au regard de l’importance du manioc dans le régime alimentaire des populations rurales. C’est justement ce qu’évoque le directeur adjoint de Bill & Melinda Gates Foundation, Rob Horsch, lorsqu’il fait remarquer que les populations pauvres sont les plus atteints par cette crise. C’était aussi l’occasion pour lui de réaffirmer le soutien de la fondation en faveur des actions du programme Wave.
Procédant à l’ouverture officielle de la conférence, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Marie Odile Attanasso, met en exergue l’importance pour l’Afrique d’accroître sa production de manioc. Elle a d’ailleurs exprimé l’ambition du gouvernement béninois qui entend booster la production du manioc aussi bien pour l’alimentation que pour l’industrie. « Mais on ne peut atteindre ces nobles objectifs sans dispositifs sains et sans garantir une saine production », admet-elle avant d’inviter les participants et chaque pays à prendre la mesure de l’enjeu et à jouer sa partition?
A propos du programme Wave

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Depuis 2015 où il a été lancé, le programme Wave mène ses activités en Afrique de l’Ouest notamment au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Togo, au Bénin, au Nigeria et en Afrique centrale précisément en République démocratique du Congo. Il a pour objectif global d’augmenter de façon durable la productivité des plantes à racines et tubercules (Prt) en Afrique de l’Ouest et du Centre, à travers le développement de méthodes de lutte efficaces contre les maladies virales.
La culture du manioc, troisième plus grande source de glucides pour l’alimentation humaine, est sujette à plusieurs contraintes qui affectent la productivité. Or les multiples produits dérivés du manioc en l’occurrence le gari, le tapioca, la pâte fermentée, l’attiéké, la farine, l’amidon, les chips… font l’objet d’une grande consommation en Afrique. D’où l’urgence d’organiser une riposte pour prévenir la survenance de ces maladies virales et les juguler.
La phase 1 du programme Wave qui s’achève en 2018, a connu un succès significatif dans plusieurs domaines. Une deuxième phase est envisagée et pourrait s’étendre à cinq autres pays que sont le Cameroun, le Gabon, le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée Conakry.