Lutte contre l’extrémisme violent et la radicalisation: Les agents de l’état civil des zones frontalières outillés

Par Alexis METON  A/R Atacora-Donga,

  Rubrique(s): Société |   Commentaires: Commentaires fermés sur Lutte contre l’extrémisme violent et la radicalisation: Les agents de l’état civil des zones frontalières outillés

Dg etat civil

Les acteurs des centres secondaires d’état civil du département de l’Atacora suivent une formation, à l’évêché de Natitingou. Elle se tient du 29 au 2 juillet dans le cadre de la mise en œuvre du Programme d’appui à la préservation des conflits et de l’extrémisme violent dans les zones frontalières du Bénin, du Burkina Faso et du Togo. Ceci, pour renforcer le mécanisme de veille de ce fléau au Bénin.

LIRE AUSSI:  Réseau Francophone des ministres en charge de l’Economie numérique: Un groupe d’experts prépare la prochaine rencontre

Les agents de l’état civil des zones frontalières du département de l’Atacora sont outillés pour détecter les faits et gestes courants de terrorisme. C’est au cours d’une formation qui se tient à Natitingou dans le département de l’Atacora. Elle s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Programme d’appui à la préservation des conflits et de l’extrémisme violent dans les zones frontalières du Bénin, du Burkina Faso et du Togo, piloté par le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud). Les agents de santé, les agents d’état civil, les secrétaires d’arrondissement, les agents de l’Anip y prennent part pour être outillés sur les éléments nécessaires pour pouvoir anticiper sur les actes de radicalisation qui rongent les nations. Cette phase pilote qui se déroule dans l’Atacora Nord mobilise les acteurs venus des communes de Boukombé, Natitingou
Toucountouna, Matéri, Tanguiéta et Cobli et va s’étendre aux autres départements avec les communes frontalières.
Abdon Marius Mikpon’Aï, directeur général de l’État civil au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, contacté, justifie le bien-fondé de cette formation. Il s’agit, selon lui, de voir dans quelle mesure opérationnaliser les centres secondaires d’état civil pour qu’ils aient les moyens de surveiller toutes les portes d’entrée sur leurs territoires. C’est ce qui justifie la mobilisation de Natitingou pour préparer les acteurs d’identification à être imprégnés des mesures et informations susceptibles de les aider à accomplir convenablement leur mission qui est d’identifier les individus. Dans une commune par exemple, les vraies localités frontalières sont à des kilomètres, détaille Abdon Marius Mikpon’Aï. Il ajoute que le Pnud a compris qu’en activant les centres de déclaration des naissances et ceux d’identification des personnes, le Bénin pourra un tant soit peu maîtriser le flux des personnes qui passent à travers ses frontières, étant entendu que nous sommes dans une communauté de libre-échange des personnes et des biens.
Il considère l’extrémisme violent et la radicalisation comme un phénomène qui touche les personnes civiles. Ce fléau, souligne le directeur général de l’état civil, s’étend le long des frontières et inquiète. Les personnes longeant les frontières parfois sont sans identification certaine et on n’arrive facilement pas à les dénombrer. Or, fait-il observer, la manifestation de ce fléau atteint parfois les cibles les plus faibles telles que les écoles, les lieux de culte ou de regroupement et cela ne laisse personne indifférent. « Parfois, ce sont des gens que nous côtoyons tous les jours, des gens astucieusement généreux qui généralement profitent de la naïveté des populations, prennent le lit dans les localités et atteignent leur cible », confie le directeur général de l’état civil. On ne les identifie qu’à la survenance des actes et souvent ils sont très habiles et arrivent à se dissimuler facilement au sein de la population sans qu’on leur mette la main dessus, poursuit le Dg de l’état civil.

LIRE AUSSI:  Métier de menuiserie dans le Mono: Chantal Hounsou, un modèle de reconversion

Appui, notions sur les faits et gestes courants du terrorisme

« Nous allons demander au Pnud de nous appuyer en matériel de travail parce que nous connaissons ce que sont les budgets des communes, pour leur demander d’embrasser tous ces chantiers de sitôt, ce n’est pas évident en dépit de toute leur volonté, suggère Abdon Marius Mikpon’Aï. Il se réjouit que l’institution ait accepté de s’appuyer sur ses services pour venir en aide aux communes pour identifier ces gens connus de vue qui souvent changent de cible pour préparer d’autres terrains de menace si on ne les identifie pas. « L’extrémisme ou le terrorisme ne fait pas encore grand bruit au Bénin, mais les germes sont déjà là et si l’on ne prend garde, personne ne peut savoir quand les gens vont agir», prévient le directeur général de l’état civil qui travaille en étroite collaboration avec l’Agence nationale d’identification des personnes (Anip). « La qualité des participants et les enseignements reçus vont leur permettre (…) de faire convenablement le travail afin que la sécurité soit une affaire de tous », souligne Abdon Marius Mikpon’Aï.
Entre autres notions enseignées pour détecter les actes de menace, il mentionne l’univers de terrorisme, enseigné par un spécialiste des questions de radicalisation et de terrorisme. Selon cet exposé, les faits et gestes courants du terrorisme sont liés à des situations de frustration des gens fâchés, délaissés, se retrouvant au chômage, généralement qui bénéficient des bons services d’un individu qui finit par les radicaliser. La nouvelle loi portant identification des personnes, les réformes majeures qu’a connues le secteur de l’état civil depuis 2017 et les perspectives ont été expliquées aux participants. Toutes choses qui renforcent le Bénin dans sa politique contre le terrorisme qui n’épargne aucune région ni aucun peuple. « Nous travaillons à prévenir les germes, à anticiper ce fléau pour que les uns et les autres soient un peu aguerris afin que le pire ne survienne», conclut le Dg état civil.

LIRE AUSSI:  Bientôt, une nouvelle cartographie de base numérique disponible:Le PNUD et l’UE dotent le Bénin d’un outil d’aide à la décision