Lutte efficiente contre les Mgf dans le septentrion:Un document de référence disponible

Par Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori,

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Le rapport de l’étude sur la persistance des Mutilations génitales féminines (Mgf) dans les quatre départements du Nord du Bénin a été validé, mardi 29 septembre, à Parakou. C’est au cours d’un atelier initié par Cuso International et son partenaire Affaires Mondiales Canada. L’objectif est de fournir des données de base nécessaires à l’évaluation et à l’amélioration des stratégies pour réprimer cette pratique.

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Estimer le nombre de filles de 15-19 ans qui sont victimes des Mgf dans le Borgou, l’Alibori, la Donga et l’Atacora. Mesurer le niveau de connaissance des conséquences néfastes de cette pratique chez elles et leurs parents. Recueillir les opinions et attitudes des parents sur les Mgf et les stratégies actuelles de lutte engagée contre elles, puis calculer les proportions de ceux parmi eux qui sont favorables ou non à leur maintien. Ensuite, déterminer les caractéristiques socioculturelles et démographiques des différents acteurs qui sont favorables ou non aux Mgf et estimer la prévalence desdites mutilations dans les départements concernés.

Pour finir, formuler des recommandations qui prennent en compte les suggestions des parents. Telles sont les données de base nécessaires que le rapport de l’étude sur la persistance du phénomène des Mgf dans les quatre départements du Nord et objet de validation hier, mardi 29 septembre à Parakou, a permis de mettre à disposition.
Selon la directrice générale des Affaires sociales, Mèmouna Baboni Yacoubou Sinimbou, c’est depuis 2003 que l’Etat béninois s’est engagé à lutter contre les Mgf à travers le vote, la promulgation et la vulgarisation d’une loi qui les réprime. Malgré la mise en œuvre de plusieurs programmes et politiques de sensibilisation en vue de son éradication, a-t-elle déploré, des poches de résistance persistent.

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C’est, estime-t-elle, avec l’implication de certains acteurs qui agissent sous de nouvelles stratégies dissimulant ainsi les signes ostentatoires de la pratique sur les victimes, bien que le Bénin ait été déclaré pays non à risque aux Mgf. « La parfaite maîtrise des causes, des déterminants, des manifestations et des conséquences des phénomènes sociaux ainsi que la proposition de mesures anticipatives ou correctrices constituent les principales armes aux mains des gouvernants, pour mieux organiser et assurer le développement durable des communautés », a-t-elle poursuivi, en justifiant le bien-fondé de l’étude.
Des évidences actualisées

La représentante Pays de Cuso International, Ernestine Goundété-Dénami, abondera dans le même sens. Depuis 2019, a-t-elle rappelé, Cuso International met en œuvre au Bénin, notamment dans le Borgou et l’Alibori, le projet Femmes engagées pour la dignité humaine Djirima qui vise principalement la réduction de la prévalence des violences basées sur le genre (Vbg), en particulier les Mgf. Selon elle, la réalisation de l’étude a pour but de cerner les contours de cette pratique malheureuse au Bénin. Un avis partagé par tous les autres intervenants dont le directeur départemental des Affaires sociales et de la microfinance de l’Atacora, Guy-Joël Sèna, qui représentait ses collègues des trois autres départements.
Le directeur général de l’Observatoire de la Famille, de la Femme et de l’Enfant (Offe), Nassirou Kassoumou, se félicite de disposer, grâce à ce rapport d’étude, d’évidences actualisées pour une lutte efficace. « De toute évidence, ces données seront intégrées au Système intégré de Données relatives à la Famille, la Femme et l’Enfant-Nouvelle Génération », a-t-il rassuré.
Les Mgf sont un ensemble d’interventions qui visent à enlever une partie de l’appareil génital de la fille ou de la femme. Avec les lésions physiques, traumatismes et troubles psychologiques, les risques de fistules obstétricales, de stérilité, de frigidité et autres préjudices qu’elle leur fait courir, cette pratique traditionnelle et rituelle constitue une forme de violence exercée sur elles.
Créée en1961 et installée au Bénin depuis 2016, Cuso International fait également partie des institutions qui aident le gouvernement à la combattre. C’est une Ong internationale de droit canadien dont la mission est de contribuer à la réduction de la pauvreté et des inégalités

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