Maltraitance des enfants: Les règlements à l’amiable plombent la lutte

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Le pari en ce qui concerne la lutte contre la maltraitance des enfants est loin d’être gagné, du moins dans le département du Zou. En fait, les règlements à l’amiable émoussent les efforts des acteurs en charge de la protection des enfants.

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La lutte contre la maltraitance des enfants résiste à certaines pratiques au centre du pays. En cause, les règlements à l’amiable dans le département du Zou.

« Les cas d’abus de toutes sortes sur les enfants continuent et s’accroissent du fait des interventions inopportunes d’ordre social pour étouffer la dénonciation et la prise des sanctions appropriées contre les auteurs », se désole Saadatou Gomina, chef du service promotion genre, famille et enfant à la direction départementale en charge des Affaires sociales du Zou et des Collines. Elle dénonce les intimidations et appels aux négociations qui freinent « l’élan de dénonciation constaté les années antérieures où des cas d’abus sur mineurs ont été réprimés selon les textes protégeant les enfants ».
Elle indexe les responsables traditionnels comme complices de ces actes. « Certains chefs traditionnels, coutumiers, des leaders d’opinion et parents favorisent les règlements à l’amiable « pour ne pas saisir les structures et instances compétentes afin de connaître les cas d’abus courants dans le département », relève-t-elle.
Les cas les plus récurrents concernent les sévices corporels, les mariages forcés, le viol dans plusieurs communes du département du Zou qui se soldent par les arrangements.
Le seul moyen pour juguler le phénomène est la vigilance et la dénonciation des cas d’abus sur mineurs. Ce qui tarde à être une réalité, en dépit de l’existence du Code de l’enfant et d’autres textes protégeant les enfants.
En fait, les dénonciations ne sont pas encore ancrées dans les habitudes de certaines communautés. Les assistants sociaux et autres acteurs en charge de la protection des enfants ont beaucoup à faire dans ce sens pour juguler le phénomène.
Des sensibilisations à l’endroit des acteurs de lutte contre la maltraitance à divers niveaux de même que les patrons d’ateliers, les parents et les élèves vont s’étendre pour attirer l’attention des auteurs sur les dangers que court le Bénin si les auteurs et complices d’actes attentatoires à la vie et à la protection des enfants sont malencontreusement protégés, promet Saadatou Gomina.

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