Manifestations de la chenille dans les champs de maïs: Une situation « sous contrôle »

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Chenille

« Il n’y a pas lieu de s’alarmer quant à une éventuelle famine qui serait due au ravageur du maïs », rassure Roland Justin Zoglobossou, directeur de la Production végétale. Il n’en veut pour preuves que le dispositif d’alerte précoce, les brigades phytosanitaires mises en place et surtout les méthodes peu coûteuses de lutte contre la chenille, vulgarisées auprès des producteurs.

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La lutte contre la chenille légionnaire d’automne (Spodoptera Frugiperda) fait l’objet d’une gestion efficiente. C’est du moins l’assurance donnée, ce mardi à Cotonou, par les services compétents du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche.
Présent depuis 2016 au Bénin, ce ravageur des champs de céréales et particulièrement de maïs fait craindre la famine dans un contexte de cherté généralisée des produits vivriers et d’autres biens de première nécessité. « La situation n’est pas alarmante, elle est sous contrôle avec les actions mises en œuvre pour limiter les dégâts », assure Roland Justin Zoglobossou, directeur de la Production végétale. En plus du dispositif d’alerte précoce existant, les brigades phytosanitaires sont restructurées (plus de 160 pour plus de 1600 membres) et fonctionnent. A cela s’ajoute l’organisation de séances de formation, de sensibilisation et de mise à disposition d’outils de lutte, à l’intention des agents encadreurs et des producteurs, lesquelles portent sur les mesures à prendre pour la reconnaissance du ravageur, son mode d’action et les méthodes pour le combattre.
Ce que confirme Eros Kiki, producteur à Adjohoun dans l’Ouémé. L’agriculteur dit avoir essayé la méthode du savon Palmida qui s’est avérée efficace contre la chenille qui a attaqué son champ de maïs de 2 hectares. Le producteur estime que le ravageur n’aura pas d’incidence majeure sur ses récoltes.
« Lorsque le producteur constate dans son champ que cinq à dix plants montrent des signes d’attaque de la chenille, il y a lieu de réaliser les traitements qui sont recommandés pour stopper l’évolution du ravageur », recommande Eric Adossou, chef service protection des végétaux et contrôle phytosanitaire à la direction de la Production végétale (Dpv). Originaire d’Amérique latine, la chenille légionnaire est présente partout au Bénin et dans la sous-région et les producteurs doivent apprendre à vivre avec ce ravageur invasif, laisse-t-il entendre.

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Méthodes naturelles

En lieu et place des pesticides chimiques (Emamectine, Viper 46 Ec, Pacha 25 Ec Lambdace) qui peuvent coûter jusqu’à 6000 F Cfa le litre pour traiter un hectare, une gamme variée de méthodes naturelles alternatives à la portée de tout producteur est développée par l’Institut national des recherches agricoles du Bénin (Inrab) pour lutter contre le ravageur. Ainsi, avec un pain de Palmida d’environ 200 F Cfa dans 20 litres d’eau (concentration de 0,5 %), une bonne partie du champ peut être traitée : pour un hectare de maïs, il faut 15 pains de savon Palmida pour environ 300 litres d’eau. Cette méthode reste non dommageable pour la culture, rassure Dr Ir Rachidatou Sikirou, directrice du Laboratoire d’appui à la défense des cultures (Ladc) et du Centre de recherche agricole (Cra) d’Agonkanmey. L’huile de neem est également efficace à la dose de 3 litres à l’hectare contre le ravageur, fait-elle savoir.
Outre ces solutions, des méthodes de lutte culturales comme l’association de l’arachide ou du soja au maïs en lignes alternées ont permis de noter une réduction d’attaque des plants de maïs par les ravageurs. Des parasitoïdes sont aussi identifiées comme efficaces contre la propagation de la chenille.
Les statistiques exhaustives en termes de ravages de la chenille pour la nouvelle campagne agricole en cours ne sont pas disponibles. L’incidence de l’attaque a été estimée à 40 000 hectares en 2016 pour le maïs.
Le Bénin a bénéficié, entre novembre 2016 et décembre 2019, du Projet d’appui à la lutte contre la chenille légionnaire d’automne qui a contribué à protéger les moyens d’existence et assurer la sécurité alimentaire des populations des zones touchées. Les traitements appliqués ont en effet permis de minimiser considérablement les dégâts. Ainsi, la production de maïs est passée de 1 543 973 tonnes en 2018 à 1 611 615 tonnes en 2020, selon la direction des Statistiques agricoles (Dsa/Maep).

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