Messe d’enterrement du président Emile Derlin Zinsou: Le Bénin dit adieu à l’une de ses grandes figures politiques

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Il y a près d’un siècle, c’était l’action de grâce jubilantoire de la naissance du président Emile Derlin Zinou. Jeudi 25 août, c’est l’eucharistie funèbre marquant la fin de sa vie terrestre. Diverses personnalités ont pris part à la messe d’enterrement concélébrée en l’église St Michel de Cotonou par le nonce apostolique, Brian Udaigwe et un collège d’évêques, dont Mgr Antoine Ganyè.

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Quoique relativement âgé, l’appel de l’ancien président de la République, Emile Derlin Zinsou, pour la félicité éternelle, a touché plus d’un. A l’occasion de l’eucharistie funèbre célébrée en l’église St Michel de Cotonou, jeudi 25 août, l’émotion se lisait sur les visages. Qu’il s’agisse de ses parents, des personnalités politico-administratives, de ses anciens collaborateurs, ou encore de ses proches et amis, la douleur était encore bien visible à l’heure du dernier au-revoir. Si la foule a réussi à contenir son émotion, elle n’a pu rater l’occasion de rendre un hommage mérité à l’illustre disparu.

L’arrivée et la sortie de la dépouille du président Emile Derlin Zinsou ont été saluées par de fortes ovations des fidèles qui se sont disposés le long de son passage. Signe de la grandeur du patriarche national et de reconnaissance à ses œuvres de développement. Bâtisseur et soucieux de la prospérité de son pays, le président Zinsou l’a été. Un chef d’Etat non en avance sur son temps, mais en hauteur par rapport à son temps.
Pour Mgr Barthélémy Adoukonou qui a présenté l’homélie, l’illustre disparu « vivait tendu vers la réconciliation de tous les peuples, réalisée en croix par Jésus-Christ ». C’est la raison pour laquelle, soutient-il, il était fédéraliste en Afrique, universaliste au plan mondial. Celui à qui le Bénin rend hommage s’est contenté de porter toute son énergie sur le front de la société et sur celui de la politique. « La foi, l’espérance et la charité chrétienne qu’il s’efforçait de vivre ont pu transpirer dans sa manière de bâtir la société béninoise, africaine et mondiale juste », se souvient l’évêque concélébrant.
Si le décès de toute grande figure, de surcroît une personnalité politique, est une adresse aux citoyens à une prise de conscience sur leur part de responsabilité dans la réussite de l’œuvre de développement de leur pays, celui de feu Emile Derlin Zinsou l’est davantage d’autant qu’il s’agit d’un acteur de l’histoire du Bénin. De son indépendance.

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Des qualités d’un homme honnête, droit…

L’illustre disparu, selon les explications de l’évêque concélébrant était simplement une donation de Dieu. Que de qualités lui ont été reconnues en cet instant solennel ! On retient qu’il était un homme «honnête, droit, sincère, intelligent, profondément croyant, charitable, très respectueux des autres quels qu’ils soient, humble et aimant les humbles, discret sans ostentation aucune…».
Au-delà des valeurs qui ont été vantées tout au long de l’office religieux, ‘’tonton Lolo’’, comme aimaient à l’appeler certains de ses proches, était un vaillant défenseur de la prospérité partagée. Malheureusement, il sera très tôt controversé pour sa rigueur. Il rejoint ainsi le royaume éternel sans avoir réglé avec son pays un contentieux célèbre : celui qui caractérise le refus du Bénin d’entrer dans sa vision de l’auto-prise en charge, qualifiée de ‘’zinsoutakouê’’. Bien trop tard peut-être de rattraper ce qui est perdu, pourrait-on dire. « L’échec que le Dahomey/Bénin a fait subir à Emile Derlin Zinsou dans cette volonté affirmée est un point majeur de notre histoire récente qui appelle aveu et conversion », regrette Mgr Barthélémy Adoukonou. « S’il est vrai que notre pays a été gratifié par le Père miséricordieux de tant de dons, il est tout aussi vrai que nous avons manqué tant de rendez-vous historiques, que nous avons laissé passer tant d’opportunités historiques, par manque de courage ou par malin génie », enchaine-t-il comme pour saluer l’intrépidité de l’homme à amener le peuple à inventer son propre essor. Selon lui, la mort du président Emile Derlin Zinsou marque, « la prise de conscience historique que le devenir de notre peuple dépend de la sincérité de sa conversion ».
Même si sa rigueur en faveur du développement n’était pas toujours applaudie de tous, le président Emile Derlin Zinsou n’aura pas vécu inutilement. Ses conseils et orientations doivent constituer une boussole pour les jeunes générations appelées à prendre le flambeau de la dignité et de l’auto-prise en charge de ses mains. Seule preuve, selon Mgr Barthélémy Adoukonou, de leur accompagnement dans la prière au grand patriote chrétien et de leur attachement au développement. Après la messe, le président qui a dirigé le Bénin de juillet 1968 à décembre 1969 a été conduit à sa dernière demeure.