Mesures d’appui en riposte à la Covid-19: Les attentes supplémentaires des petites entreprises

Par Arnaud DOUMANHOUN,

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Mesures d’appui en riposte à la Covid-19: Les attentes supplémentaires des petites entreprises
Les mesures d’appui aux entreprises annoncées par le gouvernement, dans le cadre de la riposte à la Covid-19, notamment dans leur seconde phase, constituent une bouffée d’oxygène pour les opérateurs économiques. Mais elles sont bémolisées par d’autres réalités.

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Frappées de plein fouet par la pandémie du coronavirus, les petites et moyennes entreprises se réjouissent de l’annonce faite par le gouvernement d’une nouvelle mesure d’appui à leur endroit. Mais quelque peu inquiètes sur les conditions de mise en œuvre, elles estiment que l’Etat peut encore mieux faire. « Nous avons appris avec satisfaction le lancement du plan national de rispote socio-économique à la Covid et les mesures d’appui aux entreprises du secteur formel et informel. Je crois que c’est un acte majeur. Il faut saluer cette synergie entre le gouvernement et les partenaires techniques et financiers en l’occurrence la Banque mondiale», indique Charles Cossy Feridjimi, président de la Fédération des jeunes chefs d’entreprises du Benin (Fejec Benin). Pour lui toutefois, cet appui ne viendra pas résoudre tous les problèmes générés par la crise sanitaire mais apportera une bouffée d’oxygène aux entrepreneurs. Car, indique-t-il, avec cette pandémie, l’activité économique a pris un coup et des millions de francs sont perdus par les acteurs qui continuent d’en payer le prix fort.

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Un lourd tribut au plan financier

« Financièrement, nous avons eu beaucoup de mal et nous en trainons les séquelles à ce jour. Certains entrepreneurs sont en cessation de payement. Nous avons des réunions sectorielles et je peux vous dire que c’est très compliqué. D’autres ont raccroché et ce n’est pas forcément une bonne chose pour l’économie béninois », explique dame Salamath Soulé, accompagnatrice d’entreprise et évoluant dans le secteur agroalimentaire. A l’en croire, la consommation a chuté et la vente en ligne n’a pas résolu les problèmes des acteurs. Les foires et autres grands évènements sur lesquels se positionnaient ces entrepreneurs en vue d’améliorer leurs chiffres d’affaires, sont presque de lointains souvenirs. « Déjà en Afrique et au Benin, la vente en ligne n’était pas forcément très dynamique. Il y a plutôt une pratique traditionnelle qui fait que les gens veulent toucher, sentir votre produit, et poser des questions… », souligne Salamath Soulé. Elle fait observer qu’en 2020 le gouvernement a pris des mesures d’accompagnement à l’endroit des entreprises, mais qu’au regard des critères imposés, très peu de potentielles bénéficiaires ont été éligibles.

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Aller au-delà de l’appui annoncé

Aussi, les acteurs tout en se réjouissant de ces mesures, espèrent que cette fois-ci, elles feront beaucoup d’heureux. Selon le communiqué du gouvernement, la présente mesure vise à soutenir les micros et petites entreprises vulnérables touchées par la crise sanitaire en vue de les aider à rester viables et compétitives. Elle concerne les entreprises de tous les secteurs d’activités et s’étend aussi bien aux entreprises formelles qu’informelles. Les concernés sont invités à s’inscrire sur le site mesurescovid.finances.bj. « Je souhaite que les chefs d’entreprises soient très nombreux à s’inscrire et à bénéficier de cet appui. Lors des premières mesures prises par le gouvernement, il y a eu un peu de réticence, et cela a fait que certains ne s’étaient pas inscrits sur les plateformes indiquées alors que d’autres ont bénéficié des subventions », relève le président de la Fédération des jeunes chefs d’entreprises du Benin (Fejec Benin). Il suggère que d’autres partenaires emboitent le pas à la Banque mondiale, et que le gouvernement amène les banques à assouplir les conditions d’octroi de crédit aux entreprises en cette période de crise sanitaire, voire aller vers des reports d’échéances selon le cas. Au dire de dame Salamath Soulé, l’Etat doit baisser certaines taxes.
« L’aide financière va soulager mais malheureusement juste pour un temps. Il faut baisser certaines taxes, c’est-à-dire aller par exemple dans le sens des subventions dans le secteur agroalimentaire. Car, pour se mettre aux normes, cela requiert des millions de francs, alors que l’entrepreneur a déjà du mal à acheter les matières premières, les équipements. C’est très compliqué. Donc, vous engagez la procédure de normalisation et de certification et vous avez du mal à finir », a-t-elle indiqué. Pour elle, c’est chose normale que l’Etat protège le consommateur, mais il faut penser à amoindrir les coûts de certification et alléger les procédures. Les regards sont davantage tournés vers le gouvernement.