Mesures pour l’orthodoxie financière: La thérapie Wadagni fait effet

Par Paul AMOUSSOU,

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Le ministre Romuald Wadagni

Le débat, houleux, qui s’est tenu récemment au Parlement relativement au projet de budget de l’Assemblée nationale exercice 2019, est symptomatique de ce que fait son effet l’eau bénite qu’asperge le ministre Romuald Wadagni sur les poches de résistance à l’orthodoxie financière, tel un prêtre exorciste.

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A une récente plénière de l’Assemblée nationale, c’est un premier questeur, en la personne de Valentin Aditi Houdé, blême, furax et tenant à le faire savoir qui s’est prononcé. C’était lors de l’examen du projet de budget du Parlement exercice 2019. D’un montant de 27 987 186 403 F Cfa contre 14 056 442  591 F Cfa pour les prévisions budgétaires de l’année 2018 en cours d’exécution, cette prévision budgétaire initiale a connu une hausse de 99,11%. Hausse que Valentin Aditi Houdé justifie par les dépenses non récurrentes liées à l’année de transition que sera 2019 marquée, le 15 mai prochain, par la fin de la septième législature et l’installation d’une autre. Frais de sevrage et d’installation que cela requiert venant ainsi grever ledit budget. Le courroux, si on peut l’appeler ainsi, du premier questeur, ce dernier, soutenu en cela par certains de ses pairs, le justifie en raison de l’autonomie financière et de gestion dont jouit l’Assemblée nationale. Cela induit-il que la Représentation nationale est financièrement indépendante et, par conséquent, peut se permettre d’élaborer son budget sans tenir compte des observations de l’argentier national ? Ce débat, qui est loin d’être doctrinal, a vécu, car pour finir, le Parlement a dû tenir compte de la lettre de cadrage adressée, en juillet 2018, par le ministre de l’Economie et des Finances à toutes les institutions de la République dont le Parlement et appelant à une austérité budgétaire en 2019. Réajustement substantiel du budget du Parlement donc, en dépit de ce que certains élus, en premier le questeur Valentin Aditi Houdé, aient rouspété. Ce budget s’élève en définitive à 17 998 397 169 F Cfa contre 14 056 442 591 F Cfa en 2018, soit un taux d’accroissement de 28,04% et non pas de 99,11%. Preuve manifeste que, qui peut le plus peut le moins. Aussi, le montant du budget initial de 27 987 186 403 F Cfa présenté par les deux questeurs au cours de la séance plénière du jeudi 20 septembre dernier à l’hémicycle, est-il plus que sensiblement revu à la baisse pour ne plus être que de 17 998 397 169 F Cfa. Environ 11 milliards de coupe, et ce, sans que de façon drastique beaucoup de lignes ne soient sautées ! Voilà qui s’appelle faire de l’économie.

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Unicité de caisse oblige

Le ministre Romuald Wadagni n’est pas, à cette finalité, à son coup d’essai. Il a soumis au même régime, dans quasiment les mêmes conditions, la Cour constitutionnelle présidence Holo en fin de mandature. Cette dernière avançait alors les mêmes arguments dans une atmosphère de fin de règne, à savoir des prévisions pour acquérir voitures et meubles pour la mandature suivante, des frais d’installation pour ceux-ci et des frais de sevrage pour les partants, etc. Y opposant une fin de non recevoir, l’argentier national, ne s’est pas laissé accrocher par ces gentilles attentions, arguant de ce que chaque chose devrait se faire en son temps, entendu que les frais d’installation des nouveaux sages de la Cour seront versés à ceux-ci une fois qu’ils se seraient installés, etc. Ce faisant, le ministre de finances a vu juste, en raison de l’unicité de la caisse, l’unique Trésor qui règle tous les frais.
Mais les ‘’victimes’’ de Romuald Wadagni ne se limitent pas aux pôles institutionnels. Grâce à l’informatisation et l’interconnexion des bases de données de la douane et des impôts, l’instauration de machines électroniques de facturation et l’obligation d’utilisation des caisses enregistreuses, ajouté à d’autres reformes structurelles notamment au sein des régies financières, la lutte contre la fraude ainsi que l’évasion fiscale a atteint un seuil jamais égalé au Bénin.

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Agents ‘’doublons’’

Et que dire des aficionados des missions croisées, les agents ‘’doublons’’, surtout les cadres de l’administration publique, qui peuvent être au même moment à des endroits différents, fort de leur don d’ubiquité ? Bien que cette pratique, formellement proscrite par le ministre Wadagni à travers une note circulaire à cet effet, soit contraire à l’orthodoxie financière, outre qu’il défie le bon sens, certains entêtés n’ont pas cru devoir y mettre un terme. A leurs risque et dépens, dirait-on, car les voilà sur la grille suite à des audits ayant révélé des faits de cette nature. Sanctions et remboursements suivent…