Meurtre/ (Cour d’assises d’Abomey/ 10e dossier): L’octogénaire Dansi Dossou écope de 8 ans pour avoir tué son frère

Par Valentin SOVIDE, AR/Zou-Collines,

  Rubrique(s): Société |   Commentaires: Commentaires fermés sur Meurtre/ (Cour d’assises d’Abomey/ 10e dossier): L’octogénaire Dansi Dossou écope de 8 ans pour avoir tué son frère


Le dixième dossier examiné par la cour d’assises de la cour d’appel d’Abomey est relatif à un meurtre. Un drame qui s’est produit dans une famille dans la localité d’Assanté, commune de Glazoué. Il s’agit de Dansi Dossou qui a tiré et tué son frère à l’issue d’une bagarre. Après débat, la cour l’a condamné à 8 ans de réclusion criminelle.

LIRE AUSSI:  Formation des Cps à la prise en charge des demandeurs d’asile: Amnesty International soucieux du mieux-être des réfugiés

Il est vieux et tient difficilement sur ses deux pieds. A plus de 80 ans, c’est assis devant la cour qu’il accueille le verdict de la cour qui le condamne à 8 ans de réclusion criminelle, le temps de sa détention.
Triste histoire que celle de ces frères Dossou d’Assanté dans la commune de Glazoué. Ils sont presque que tous colériques et ne se supportent guère. L’ambiance est toujours viciée dans cette famille. Les disputes sont des scènes fréquentes qui opposent ces frères. Ils ne s’entendent sur rien, même pas sur le partage de l’héritage de la famille. Un domaine de la famille laissé en héritage oppose les deux frère Dossou. L’aîné Dansi et le cadet Makpondé Robert connu pour son caractère très acide. La dernière mésentente porte sur le partage d’un domaine foncier. La victime, le cadet, qui terrorise même son aîné qui, par peur, le fuit carrément pour ne pas davantage se faire souvent humilier par son jeune frère. En réalité, par les agissements de son frère cadet, le vieux Dansi se met en retrait par peur. Il est demeuré pendant longtemps dans sa « coquille ». Mais il finira par en sortir un jour puisque qu’il faut bien évoquer la question du partage successoral. Et le jour fatidique est arrivé ce lundi 26 janvier 2010. Jour de la vérité. Les deux frangins protagonistes devront encore se mesurer. On dirait un passage obligé quand les deux doivent se parler. Ils ne se supportent pas. Et la bagarre à chaque fois est à son comble.
Ce jour-là, comme on devrait s’y attendre, c’est le cadet qui prend le dessus après avoir mis KO son aîné. Une honte de plus ! C’est insupportable pour l’aîné vaincu. Il va chercher son fusil. Face à son frère qui jouait au taureau, il appuie sur la gachette. Boum !! Le coup est parti. Le cadet dominateur est touché. Il s’effondre et rend l’âme. Et le combat est définitivement terminé. Sur le champ, il devait se sentir soulagé d’avoir achevé son bourreau.

LIRE AUSSI:  Accès à l’eau potable: 2 060 000 personnes supplémentaires desservies d’ici mars 2019 (Message du ministre de l’Eau et des Mines à l’occasion de la Journée mondiale de l’Eau)

Remords

Déposant, à la barre, mardi dernier, l’octogénaire a des remords. Face aux juges, il ne nie pas les faits. Tenant à peine sur ses pieds, la cour l’autorise à s’asseoir. Bien qu’assis, il doit régulièrement aller uriner parce que souffrant depuis son incarcération d’incontinence urinaire. Et le raisonnement aussi vacille par moments. Il regrette son acte tout en rappelant la vie qui était la sienne face à son frère qui ne l’a jamais respecté. Au contraire, c’est lui l’aîné qui se sentait obligé de fuir son jeune frère face aux menaces et autres injures.
Représentant le ministère public, l’avocat général, Henri Joël Ouéssou ne se laisse pas toucher ni par l’âge ni par l’état de santé de l’accusé, encore moins par son récit des faits. Prenant ses réquisitions, il dira que l’accusé doit répondre de ses actes. Il évoque l’infraction de crime de meurtre prévue et punie par le Code pénal, notamment en ses articles 295 et 304. Pour l’avocat général, en examinant tout le dossier et à écouter l’accusé, il ne fait l’objet d’aucun doute que tout le corps du délit est constitué, et pour cela, il demande à la cour de condamner l’accusé Dansi Dossou à 10 ans de réclusion criminelle pour, dit-il, calmer l’âme de la victime qui réclamerait justice.
Une proposition de peine qui n’est pas juste, selon la défense assurée par Me Maximin Cakpo-Assogba qui, d’entrée, « refuse de plaider la légitime défense encore moins la requalification des faits. L’avocat fait observer au cours de sa plaidoirie que les faits sont bien clairs et personne ne peut les nier. Mais, pour lui, il est plus qu’indispensable de s’appesantir sur les éléments factuels du dossier. Il repeint le caractère trempé, provocateur et belliqueux de la victime. La défense va plus loin en faisant remarquer qu’à suivre de près l’histoire de la famille, le drame devrait arriver tôt ou tard. L’un devait finir par tuer l’autre. Tous les éléments se réunissaient à feu doux pour provoquer l’irréparable. Il fait aussi noter que le défunt avait déjà proféré des menaces de mort contre son aîné Dansi qui le craignait. En clair, la personnalité de la victime était très problématique.
Me Cakpo-Assogba fait recours à l’article 321 du Code pénal qui dispose que « Le meurtre ainsi que les blessures et les coups sont excusables, s’ils ont été provoqués par des coups ou violences graves envers les personnes ». Une atténuation en fait de l’infraction. D’ailleurs, poursuit-il, le séjour prolongé en prison de l’accusé Dansi ne favorise pas le retour de la paix dans la famille. « Avec son âge, il faut lui permettre de retourner en famille pour la réconciliation que de le laisser finir en prison », demande l’avocat avant de réclamer la clémence de la cour à condamner l’accusé au temps déjà passé en prison.
A l’issue de la délibération, la cour a effectivement suivi Me Maximin Cakpo-Assogba pour condamner l’accusé Dansi Dossou à 8 ans de réclusion criminelle pour avoir commis un homicide volontaire sur son frère Makpondé Robert Dossou?

LIRE AUSSI:  Cedeao: Des experts réfléchissent à l’institution d’une politique culturelle régionale

Les Faits

Dans la nuit du lundi 26 janvier 2010 à Assanté, commune de Glazoué, les querelles sur fond de partage successoral entre les frères Dansi Dossou et Makpondé Robert Dossou se sont exacerbées au point où les deux protagonistes se sont violemment bagarrés.
Makpondé Robert Dossou qui a remporté la partie se retirait des lieux de la bagarre, lorsqu’il a été rattrapé par son frère aîné qui, dans la foulée, s’est saisi de son fusil de traite et tira à bout portant sur son frère cadet. La victime s’est effondrée et a rendu l’âme aussitôt.
Interpellé et inculpé du chef de meurtre, Dansi Dossou a reconnu les faits en soutenant avoir agi par légitime défense.

Composition de la cour

Président : Daniel d’Almeida
Assesseurs : Delphin Chibozo et Léopold Colli
Jurés : Albert C. Guèdègbé,
Antoine Acclalogoun, Eugène Gohoungo, Victorine Agbémahoué
Avocat général : Henri Joël Ouessou
Greffier : Etienne Ahonahin