Mines et hydrocarbures du Bénin: Les freins à l’exploitation des ressources

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Mines et hydrocarbures

Le secteur minier et pétrolier est encore embryonnaire au Bénin, quoiqu’il suscite beaucoup d’espoirs pour la diversification de l’économie nationale. Entre textes inadéquats et insuffisance de ressources, le pays a du grain à moudre pour valoriser ses potentialités sous-exploitées.

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Vétusté ou non fonctionnalité des équipements de sondage géologique et de laboratoire d’analyse, absence d’un système de gestion moderne informatisée des autorisations et titres miniers, absence d’industries de valorisation, exploitation illégale et inefficiente de certaines ressources minérales dont l’or, le gravier, le sable, l’argile… De nombreux problèmes subsistent en matière de recherche et de promotion des ressources minières, en dépit de l’existence d’un arsenal juridique fourni. A ces difficultés, s’ajoutent l’absence d’industries de valorisation des ressources minérales, la faible capacité de planification, de suivi, de contrôle et d’évaluation des activités du secteur au niveau de l’Administration, révèle le Document de programmation pluriannuelle des dépenses (Dppd) 2022-2024 du ministère en charge des Mines.
Pour y remédier, un programme «Mines» est élaboré, déclinant un pan du Plan stratégique de relance du secteur des mines en cours d’actualisation, et du plan d’action du secteur rédigé depuis juin 2018. Il vise essentiellement la création des conditions favorables pour que le secteur minier contribue efficacement aux finances publiques, à l’amélioration des conditions de vie des populations béninoises et à la création d’emplois. Ainsi, il permettra de valoriser les ressources minières dont dispose le pays.
Le programme doit jouer un rôle fondamental dans la diversification de l’économie nationale en contribuant à la croissance économique et à la réduction de la pauvreté dans un contexte marqué par plusieurs enjeux. Par exemple, le Bénin gagnerait d’importantes devises avec une généralisation de l’utilisation de matériaux locaux de construction, notamment la terre de barre pour la fabrication de briques autobloquantes.

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Axes et priorités

Outre les gisements d’or, de calcaire, de granite, de sable en exploitation, le pays dispose également de réserves de fer, de matériaux de construction, de kaolin, de phosphate, de pierres ornementales, de marbre, de tourbe, d’étain, de lithium, d’uranium, selon le ministère en charge des Mines. Des soupçons de sources de nickel, de zircon, de diamant devront être confirmés par les recherches minières. Les informations sont contenues dans une banque de données géologiques et minières, une cartothèque où sont conservées des cartes géologiques, des cartes de levé aéro-magnétique, aéro-spectrométrique, gravimétrique ainsi que des images Landsat.
« A l’horizon 2025, le Bénin est un pays dont les ressources minérales sont connues et mises en valeur de façon durable et contribuent efficacement à la croissance économique et à la réduction de la pauvreté». Ainsi s’énonce la vision du sous-secteur des mines. Pour ce faire, la stratégie de relance du secteur minier est articulée autour de sept axes. Les priorités portent sur le renforcement du cadre institutionnel, législatif et réglementaire, les travaux de recherche sur les gisements et indices existants, la gestion des données géologiques et minières, le développement de l’artisanat minier et de la petite mine, détaille le Dppd 2022-2024 du ministère des Mines. Le marketing efficace du secteur, le développement du partenariat pour assurer les travaux de recherche et la mise en place d’un fonds national de promotion et de développement du secteur font également partie des actions prévues.
Le programme Mines se penchera, entre autres, sur le développement et la gestion intégrée de l’approvisionnement en gaz naturel et en produits pétroliers, l’approfondissement des connaissances sur les ressources pétrolières et la sécurisation des données existantes.

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Pétrole : l’espérance !

Dans le sous-secteur des hydrocarbures, la finalité de la stratégie de relance est d’impulser l’émergence d’une industrie dynamique et diversifiée des hydrocarbures au Bénin pour satisfaire les besoins intérieurs et l’exportation à un coût compétitif. Cela passera par une gestion plus performante, un cadre législatif et réglementaire plus attrayant, la découverte et la mise en valeur des potentialités en hydrocarbures des bassins sédimentaires côtiers et non côtiers béninois.
La vision en la matière est de faire du sous-secteur, à l’horizon 2025, « l’un des moteurs de l’industrialisation du Bénin émergent, un sous-secteur bien géré, dynamique, capable de rendre constamment disponibles les produits pétroliers à un coût compétitif pour l’économie et la société». Dans cette optique, il s’agit de renforcer les capacités techniques des structures du secteur des mines et des hydrocarbures, d’attirer les investisseurs productifs dans le secteur, d’actualiser le code minier et des substances explosives, d’élaborer le code gazier aval. Il est aussi question d’élaborer et de mettre en application les textes règlementaires régissant les domaines des mines et des hydrocarbures, de doter les projets miniers en suspension d’études de faisabilité, de rendre opérationnel le laboratoire d’analyse des hydrocarbures et de suivre la mise en œuvre du Projet de construction et d’exploitation d’un pipeline export entre le Bénin et le Niger.
Pour la gestion 2022, un budget de 507 741 000 F Cfa sera consacré au programme Mines. Les actions à mener sont relatives à la recherche, la promotion et la valorisation des ressources minérales, à la prospection pétrolière, à la sécurisation de l’approvisionnement en produits pétroliers et en gaz naturel ainsi qu’à la règlementation et à la régulation du secteur.

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