Ministère en charge de la Communication: Les raisons de la décision de suppression (La partition des professionnels des médias attendue)

Par Kokouvi EKLOU,

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La suppression du ministère de la Communication reste la grande attraction à l’annonce du premier gouvernement du second mandat du chef de l’Etat. Face aux interrogations, la vision prospective de Patrice Talon semble faire la part des choses.

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Une multitude de réactions ont suivi l’annonce du premier gouvernement du second mandat du président de la République comme il est de coutume à chaque fois que des mouvements s’observent au sein de l’Exécutif. Sauf que pour ce cas de figure, un portefeuille ministériel nourrit la polémique plus par sa suppression que son avènement. Nombre d’observateurs de la vie publique du pays ont appris la suppression du ministère de la Communication et s’en sont davantage édifiés avec l’intervention de Patrice Talon sur une chaîne de télévision privée. Ce qui devrait être, selon certains, un oubli, s’est confirmé à la grande surprise des professionnels des médias habitués à voir leur secteur d’activité arrimé à un ministère de tutelle.
Préoccupant est désormais ce qui paraît aux yeux de tous comme une grande inconnue.
Mais loin s’en faut, à analyser les opinions ultérieures aux explications du chef de l’Etat. Des voix semblent partager la décision. A l’instar de Wilfried Léandre Houngbédji, secrétaire général adjoint et porte-parole du gouvernement, qui considère que la décision de Patrice Talon est bien mûrie et annoncée au moment qu’il fallait, Agapit Napoléon Maforikan, consultant médias et directeur d’un groupe de presse et Constant Agbidinoukoun, ancien journaliste à l’Ortb, l’adoubent quoique des interrogations subsistent quant à la partition des associations professionnelles des médias pour voir se concrétiser le vœu de l’Exécutif d’œuvrer pour une presse libre et indépendante. Reçus sur le club de la presse Café Médias Plus, vendredi 28 mai dernier, ils ont salué la vision prospective de Patrice Talon.
Pour Agapit Napoléon Maforikan, les acteurs des médias n’ont pas besoin du ministère de la Communication parce que la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication a tous les pouvoirs pour garantir la liberté de presse dans les conditions fixées par la loi.
« La Loi organique de la Haac n° 92-021 du 21 août 1992 en son article 2 stipule les libertés prévues par la Haac et l’article 3 complète que la Haac est la seule institution qui peut limiter la liberté de presse pour des raisons d’ordre public, de défense, de protection de l’enfance et de l’adolescence et pour des nécessités d’ordre culturel. L’objectif du gouvernement à travers la suppression du ministère était de ne plus contrôler les médias. Le chef de l’Etat a voulu donner une chance aux médias. Il est venu ramener la Haac à son niveau institutionnel, à l’essence même de son existence. Il est nécessaire aujourd’hui de revoir le fonctionnement de la Haac », défend-il.

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Une perche tendue

Il n’y a aucun doute, selon Constant Agbidinoukoun, quant à l’intérêt de se passer d’un ministère de tutelle. « C’est une grosse opportunité que le chef de l’Etat nous offre, car il est un visionnaire », assure-t-il, tout en relevant l’appétence qu’a le pouvoir politique à contrôler la presse dans tous les pays francophones où il existe un ministère de la Communication, de l’information ou de la propagande. Voir ce portefeuille disparaître, à son avis, doit être considéré comme une révolution positive.
Forte de ses prérogatives, la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication se doit de garantir la liberté de la presse, protéger les journalistes, assurer leur formation et être le gendarme par rapport au respect de la déontologie,
« car un journaliste qui n’est pas formé et qui ne connait pas les règles de déontologie est une bombe à retardement », note-t-il.
Agapit Napoléon Maforikan fait comprendre que par cette décision, le chef de l’Etat donne aux professionnels des médias une arme dont ils doivent se saisir pour opérer des changements qualitatifs au sein de leur corporation. Les craintes exprimées jusque-là par ceux-ci le laissent stupéfait. « Le président Talon vient de nous donner une arme et nous avons peur de la saisir. C’est l’opportunité pour nous de saisir l’arme et de savoir l’utiliser », tempère-t-il.
Dans sa position de porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji trouve que les associations professionnelles des médias devraient réfléchir à la partition à jouer pour récupérer leur pouvoir entre-temps perdu. Si la décision semble surprendre les acteurs, vu qu’ils n’ont pas été préparés à une telle situation, il dit avoir le sentiment que c’est une vraie révolution qui s’opère. Les professionnels des médias sont appelés donc à saisir cette balle et faire en sorte que cet essai soit une réussite. « Le chef de l’Etat fait une promotion inestimable de la liberté de la presse. Je suis convaincu que si la Haac joue son rôle et les associations faitières des médias jouent le leur et que vous meniez le plaidoyer qu’il faut à l’endroit du chef de l’Etat, les moyens qu’il a promis à la Haac seront mis à disposition pour qu’effectivement les médias s’épanouissent davantage sous la coupole de la Haac et des associations »,
apprécie-t-il, avec toute la sérénité qu’on lui connaît.

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