Mise en œuvre de la Zlecaf dès janvier 2021: Solutions digitales pour booster l’intégration économique

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Accélérer la mise en oeuvre de la Zone de libre-échange continentale en Afrique (Zlecaf) par le numérique, c’est la trouvaille de la Commission de l’Union africaine pour concrétiser le rêve de l’intégration économique nourri par les pères fondateurs de l’Organisation de l’Unité africaine.

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L’Union africaine (Ua) mise sur le numérique pour accélérer l’opérationnalisation de la Zone de libre-échange continentale en Afrique (Zlecaf) dès le 1er janvier 2021, selon un communiqué de l’institution en date du 14 août dernier. Lancée officiellement le 7 juillet 2019, à l’issue de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine à Niamey, la Zlecaf est annoncée comme une bouée de sauvetage pour l’économie africaine en proie aux chocs exogènes. Outre le déclic pour le décollage de l’Afrique, la mise sur les rails du marché commun de prospérité inclusive permettrait d’atténuer ces chocs aggravés par la pandémie du nouveau coronavirus.

Pour ce faire, la Commission de l’Ua (Cua) entend répondre aux préoccupations relatives à l’utilisation des systèmes virtuels, notamment en ce qui concerne la fiabilité, la sécurité et la confidentialité des infrastructures à mettre en place. Une Plateforme virtuelle africaine de diplomatie commerciale est initiée dans le but de permettre aux États membres de participer efficacement et en toute sécurité aux négociations en suspens. Ces négociations devraient débuter le 1er juillet dernier mais ont été reportées, notamment à cause du Covid-19.
Des inquiétudes planent sur l’effectivité de la mise en œuvre, en ce moment où les pays se préparent à rouvrir leurs frontières et relancer leurs économies. La Cua estime que « Les technologies numériques peuvent jouer un rôle très puissant dans la promotion d’une coopération positive entre les États membres pour un processus de réouverture sûr, intelligent et harmonisé ».
À cet égard, le Comité d’experts de haut niveau mis en place sera élargi pour inclure un examen des différentes options dont disposent les États membres, y compris les solutions numériques, qui pourraient être utilisées pour déployer le commerce dans le cadre de la Zlecaf.

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Solutions

Il est annoncé la mise en place d’une plateforme technologique panafricaine pour favoriser les échanges entre les citoyens de pays africains, ainsi que la numérisation de la biosurveillance et les protocoles de dépistage biologique des Centres africains pour le contrôle et la prévention des maladies (Cdc Afrique) en cours d’élaboration dans le cadre de l’Initiative du corridor ouvert de l’Ua. Il est prévu la conception et le déploiement d’un cadre technologique d’alignement des plates-formes de commerce électronique, comme la Plateforme africaine de fournitures médicales (Amsp) développée par Cdc Afrique, l’agence de l’Union pour les urgences de santé publique; le concept d’un « numéro de la Zlecaf » et la plateforme de commerce électronique africaine Sokokuu promue par Ae Trade Group. Une vaste initiative est aussi envisagée pour renforcer la cyber-sécurité dans les affaires multilatérales sur le continent.

Le Comité élargi soumettra ses recommandations aux hauts fonctionnaires du commerce du continent qui se réuniront, le 15 septembre prochain, avant l’approbation finale des ministres africains du Commerce lors de leur réunion prévue pour le 30 septembre prochain.
La convergence macroéconomique reste un défi sur le continent : le commerce intra-africain des produits n’est que de 16 %. Selon les projections de l’Ua, il devrait augmenter à 60 % à l’horizon 2022 avec l’effectivité de la Zlecaf. La mise en œuvre de l’accord sur la Zlecaf devrait être marquée par la suppression progressive des droits de douane entre les pays. Cela stimulera la croissance économique, à hauteur de 7 000 milliards de dollars Us en dix ans, selon l’Union africaine (Ua) qui conduit le projet depuis 2012 dans le cadre de son ambitieux agenda 2063. Ainsi, l’Afrique deviendra la plus grande zone de libre-échange dans le monde avec plus de 1,2 milliard de personnes et un produit intérieur brut (Pib) cumulé de 2500 milliards de dollars environ, espère-t-elle.

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