Mise en œuvre du Programme de cours accélérés: Houéyogbé, une commune modèle !

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Le Programme de cours accélérés (Pca) est en bonne voie à Houéyogbé, grâce au leadership des autorités de la commune et au soutien de l’Unicef.

Houéyogbé, à 80 km de Cotonou, est en passe de devenir la pionnière dans la mise en œuvre du Programme de cours accélérés (Pca) au Bénin. Les résultats enregistrés dans les rangs des apprenants au cours de la première année d’expérimentation annoncent de bons signaux au profit de cette commune du département du Mono. Les taux de réussite des apprenants évalués au niveau 1 dans les centres Pca de Sè et de Doutou, sont respectivement de l’ordre de 8 enfants sur 10 et de 9 enfants sur 10. Au niveau 2, on note 7 enfants sur 10 à Sè et 8 enfants sur 10 à Doutou.
Les performances des bénéficiaires font la fierté des acteurs. Sur 17 apprenants évalués à chaque niveau à Sè, 15 sont admis au niveau 1 contre 11 au niveau 2. A Doutou, 27 apprenants sont admis au niveau 1 sur un effectif de 30 évalués. Au niveau 2, ils sont 21 admis sur 25 élèves évalués.
Si ces résultats témoignent de l’engagement de la commune à faire du Pca un véritable succès, ils sont également à l’actif de l’Unicef. Selon les autorités municipales, « l’accompagnement de l’Unicef a été prompt et se traduit en termes d’appuis financiers pour le paiement des salaires des animateurs et la formation des acteurs, l’acquisition de mobiliers, de matériels didactiques et pédagogiques, de manuels scolaires au profit des élèves et des animateurs. Les supervisions périodiques effectuées par l’Unicef et son appui-conseil en direction de la commune ont aussi pesé dans la balance », explique le secrétaire général de la mairie de Houéyogbé, Herman Sodomè.
Le conseil communal a saisi cette perche tendue pour prouver son entière adhésion au programme. A ce titre, cindates sont à considérer dans les annales du programme. Le 28 octobre 2015 marque son vote ; le 11 août 2016, la signature de l’arrêté qui consacre la mise en œuvre du processus ; le 27 août 2016, le recrutement des enseignants ; le 18 janvier 2017, l’ouverture des deux centres Pca et le 25 janvier 2017, l’implication des patrons d’apprenants par la mairie.
Le leadership de la commune a permis de rallier toutes ses forces vives à la cause. « Avant de se lancer dans l’aventure, la commune de Houéyogbé a balisé le terrain tout en se conformant aux préalables établis par l’Unicef », explique le secrétaire général de la mairie. Lesquels préalables exigent la mise à disposition de locaux adéquats par la commune pour le déroulement des cours, la mobilisation sociale, l’identification des bénéficiaires, le recrutement des enseignants et le paiement des encadreurs à l’issue de la phase d’expérimentation.

Coup d’essai, coup de maître

Au bout du rouleau, le coup d’essai s’est révélé comme un coup de maître. Les acteurs restent sidérés par les aptitudes de leurs apprenants. Les animateurs des centres de Sè, Rogatien Hounouvi et de Doutou, Robert Lokossou, citent des exemples d’élèves brillants inscrits au Pca. Il s’agit, entre autres, des apprenants Simon Hounza, un déscolarisé ; de Claudine Nago, de Florence et Florentine Dovo et d’Aline Lèha qui ont tous émerveillé par leurs performances. Ils sont tous des apprentis couturiers. Notons que Claudine, Florence et Aline n’ont jamais fréquenté auparavant.
Le succès du Pca, les acteurs le doivent aussi au dynamisme des élus locaux et à la contribution de l’association des parents d’élèves. Le premier adjoint au maire de Houéyogbé, Angelo Amètépé, évoque les efforts de mobilisation sociale, les nombreuses sensibilisations menées et le sens de l’organisation mise en place pour asseoir le programme. « Nous avons tenu plusieurs séances avec l’association des parents d’apprenants, le président communal des parents d’élèves Pca et les conseillers pédagogiques qui participaient spontanément aux réunions », explique-t-il. Le cadre de concertation incluant les patrons d’apprenants est aussi un grand atout.
Par son implication dans Pca, Houéyogbé se révèle comme une commune modèle. L’école de la deuxième chance est perçue comme une opportunité pour ses enfants non scolarisés et déscolarisés. La commune parie sur un taux d’admissibilité de 100 % au certificat d’études primaires (Cep) en 2018.
En attendant, elle doit beaucoup œuvrer pour remédier aux cas d’abandon. Pour le démarrage du programme à Doutou, 55 apprenants ont été enregistrés au niveau 1, contre 52 au niveau 2. A Sè, ils étaient au début 29 apprenants au niveau 1 et 21 apprenants au niveau 2. Les cas d’abandon sont évalués à 12 au niveau 1 et à 4 au niveau 2. Le phénomène est criard à Doutou.
Les acteurs du Pca imputent ces dysfonctionnements au manque de cantines scolaires,de matériels pédagogiques insuffisants et de moyens financiers pour le paiement des conseillers pédagogiques. Pour répondre à ces préoccupations, le conseil communal sollicite, une fois encore la bienveillance de l’Unicef, en d’autres termes, la prorogation de l’appui financier de l’Unicef pour continuer le paiement des salaires des animateurs.
Toutefois, ces difficultés sont loin d’entamer la détermination des acteurs. Le gros défi est la pérennisation du programme dans la commune, afin de satisfaire la demande de scolarisation des enfants déscolarisés et non scolarisés de la commune de Houéyogbén