Mise en œuvre du projet Route des pêches: L’Anpt et l’Andf sensibilisent les populations de Ouidah

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE,

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Le présidium lors de la séance de sensibilisation, vendredi dernier

Une équipe conjointe de l’Agence nationale de promotion du patrimoine et du développement du tourisme (Anpt) et de l’Agence nationale du domaine et du foncier (Andf) était, vendredi 13 juillet dernier, au contact des populations de la commune de Ouidah. Cette descente s’inscrit dans le cadre du démarrage imminent des projets de développement touristique et des actions de dédommagement.

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« Dans moins d’un an, notamment en mars 2019, Ouidah sera totalement en chantier dans le cadre de la réalisation des infrastructures touristiques du projet Route des pêches. Il y a beaucoup de travaux en vue pour les artisans et les entrepreneurs locaux ». C’est la nouvelle que l’équipe conjointe de l’Agence nationale de promotion du patrimoine et du développement du tourisme (Anpt) et de l’Agence nationale du domaine et du foncier (Andf) a portée aux populations de Ouidah notamment celles de l’arrondissement de Djègbadji et du centre-ville. Le directeur général de l’Anpt, José Pliya, a tenu à rappeler aux populations l’envergure des infrastructures que la commune de Ouidah va abriter. Le Fort portugais deviendra le Musée d’histoire de Ouidah. Il est prévu la reconstruction du Fort William jusqu’au marché Zobè, la rénovation du Fort français, la construction de la cité historique de Ouidah, la réhabilitation de la Place aux enchères (Place Chacha) jusqu’à la Porte du non-retour. 

A Djègbadji, l’emprise retenue par le gouvernement va de l’hôtel Diaspora à la limite de l’hôtel Djègba. Il s’agira de réhabiliter tout ce périmètre. Dans la zone du Champ de tirs, sera construite une arène notamment un théâtre de verdure de 2000 places qui servira de cadre aux grandes manifestations. Le comptoir colonial sera reconstruit et deviendra l’Office du tourisme. Dans le plan d’aménagement, sont également prévus un village artisanal qui valorise le patrimoine artistique de Ouidah, un vivier d’art authentique, et l’érection d’hôtels attractifs. « L’innovation conçue par le président Patrice Talon, c’est un parc d’attraction balnéaire avec un bateau de 40 mètres de haut dont l’intérieur doit refléter et faire revivre les conditions de la traite négrière et tout ce qui l’entoure…», a précisé le directeur de l’Anpt.

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Adhésion souhaitée des populations

Des 650 millions de dollars prévus pour les projets touristiques inscrits au Programme d’action du gouvernement, 300 millions de dollars sont consacrés à Ouidah. « Il y a des gens qu’on va déguerpir, des maisons à casser. Ce sera certainement difficile pour vous. C’est votre contribution de citoyen. Mais soyez rassurées, on ne spoliera personne et c’est pour ça que nous sommes là », a ajouté José Pliya dans son adresse aux populations.
Pour le directeur général de l’Andf Victorin Kougblénou, les opérations à Ouidah ne devraient pas connaître de résistance. Car des trois communes concernées par la Route des pêches, Ouidah est celle qui a le plus fait respecter les prescriptions et restrictions. C’est la preuve, selon lui, que les populations de Ouidah ont déjà accepté le projet. Il a ensuite partagé avec les populations, le chronogramme et les différentes étapes qui précèderont le dédommagement proprement des propriétaires terriens affectés par le projet. « Nous allons procéder à l’affichage des répertoires et plans dans l’enceinte de l’arrondissement et de la mairie. Ainsi, ceux qui sont concernés par les opérations d’expropriation seront situés. Ensuite chacun pourra faire part de ces doléances. Ces requêtes seront étudiées et intégrées et le répertoire sera actualisé. C’est à la suite de cette étape que nous engageons la phase des négociations et la signature des procès-verbaux. Nous pourrons alors procéder au paiement des indemnités d’expropriation», a-t-il expliqué. Et il précise : « Rien de tout ceci ne sera fait sans le comité local, c’est ensemble avec vous que les opérations seront menées ».
Les populations ont fait part de leurs inquiétudes en ce qui concerne le processus de dédommagement, les infrastructures sociales à casser et celles à construire, le maintien de leurs activités génératrices de revenus… Des préoccupations qui ont trouvé des réponses rassurantes. Car les indemnités seront conséquentes et les infrastructures sociales rasées seront mieux reconstruites. De plus, la nouvelle logique des projets touristiques est inclusive avec l’intégration des activités des populations locales telles que la pêche traditionnelle… Il ne s’agit donc pas de déplacer ou d’exproprier systématiquement les populations. Ce sont des zones prioritaires d’aménagement définies pour la réhabilitation… Cette orientation est née de la volonté du chef de l’Etat de faire vivre les projets touristiques dans le cadre naturel des populations.
Satisfaits de cette nouvelle logique du chef de l’Etat, le maire de la commune de Ouidah, Célestine Adjanohoun, et le chef de l’arrondissement de Djègbadji Denis Ahouandjinou ont réaffirmé leur engagement et celles des populations de Djègbadji à accompagner ce projet de développement.

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