Mise en œuvre du projet Smart gouv: Tout se déploie pour une administration 6.0 au Bénin

Par Josué F. MEHOUENOU,

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L’ambition du Bénin de parvenir d’ici peu à une administration intelligente est en marche. L’une des phases importantes pour y arriver, à savoir l’identification des besoins du personnel administratif, est actuellement en cours. Mardi 3 décembre, la ministre de l’Economie numérique et de la Digitalisation est allée se convaincre du mode opératoire du partenaire retenu à cet effet et du déroulement de la session d’évaluation des cadres et employés de l’administration publique. Elle a choisi à cet effet, le site de formation de l’Agence des services et systèmes d’information (Assi).

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« Je me réjouis de ce qu’en Afrique, nous ayons le premier gouvernement francophone qui comprenne l’importance d’adopter un standard international pour mettre en place son programme numérique. La zone anglophone est très avancée et nous sommes heureux de constater que le gouvernement du Bénin, à travers son Programme d’action, a tout un plan pour renforcer les capacités du personnel ». Daris Gbaguidi, représentant de International certification in digital literacy (Icdl) Africa, ne cache pas sa joie de voir les autorités béninoises faire les bonnes options pour le programme de e-gouvernance, qui occupe une place de choix dans le Programme d’action du gouvernement. C’est en effet cette structure de renommée internationale qui a signé en avril 2018, un protocole d’accord avec le ministère du Numérique et de la Digitalisation dans la vision d’opérer à court et moyen termes une transformation digitale profonde de l’administration béninoise. Mais pour y parvenir, les cadres doivent acquérir les compétences nécessaires pour opérer de manière efficace dans le monde digital et faciliter la mise en œuvre des projets numériques. Raison d’être des sessions d’évaluation qui se tiennent depuis le 6 novembre dernier sur un effectif pilote de 1775 agents de l’Etat à raison de 71 agents dans chacun des 24 ministères et de la Présidence de la République.
La session est assurée par Win Africa, sollicité pour la mise en œuvre d’un programme de formation aux compétences numériques et de certification Icdl. Ce programme se fera en deux phases. La première qui est actuellement en cours est celle dite d’évaluation des compétences numériques. Elle sera suivie d’une seconde phase de déploiement de la formation et de la mise en œuvre de la certification des compétences numériques desdits agents.

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Devenir une administration 6.0

Le bilan de compétences qui se déroule actuellement se propose d’évaluer de façon objective les connaissances des utilisateurs dans l’usage de l’outil informatique, d’identifier les besoins en développement de compétences dans l’ensemble des secteurs de l’administration, de faire l’état des lieux précis des besoins spécifiques par thématique et d’identifier les marges de progression et de ressources complémentaires pour la formation. Cette phase entend servir de fondement pour l’élaboration d’un plan de formation et de certification qui permettrait une rationalisation des ressources à allouer au dit plan, puis proposera des critères devant servir à l’évaluation des compétences numériques lors du recrutement des agents de l’Administration publique selon la catégorie.
L’ambition du gouvernement béninois de donner corps à son programme Smart gouv rencontre l’adhésion de plusieurs partenaires. Au nombre de ceux-ci, Win Africa dont le manager général, Laszlo Rummenigg Vilon Guézo se dit prêt à déployer les meilleures compétences pour le développement des capacités et compétences numériques du personnel de l’administration publique, partie intégrante des actions de gestion du changement nécessaires pour accompagner la réalisation du Smart gouv.
« Nous sommes en train de poser les briques de notre administration intelligente. Le Bénin est dans une révolution numérique profonde et nous avons décidé que notre administration publique devra être désormais une administration moderne, tournée vers les meilleurs standards dans le monde. Pour le faire, on ne peut pas ne pas passer par l’intégration du numérique dans notre administration publique. Nous avons beaucoup de projets et entrepris beaucoup d’activités et d’actions qui donnent des résultats », salue la ministre Aurélie Adam Soulé Zoumarou. Aujourd’hui, des ministères sont interconnectés et des structures administratives commencent de plus en plus à intégrer les plateformes et les applications numériques dans ce qu’elles font, reconnait-elle. La brique manquante alors ? « C’est celle qui consiste à répondre aux besoins du personnel de l’administration publique pour être au niveau qu’il faut, pour être en mesure de fournir des services publics modernes de qualité aux usagers que sont les populations et les administrations », martèle la ministre. « Ce besoin de renforcer les capacités ou d’en acquérir plus est satisfait avec l’appui d’un organisme réputé sur le plan international qui est Icdl », indique-t-elle. Et comme le gouvernement n’entend pas faire les choses à moitié, il a opté pour « un organisme qui propose aux gouvernements et structures privées des programmes de formation à l’intention des professionnels pour développer leurs compétences, leurs capacités sur le volet numérique ».
Cette option du ministère de l’Economie numérique est toute bénéfique, reconnaît Daris
Gbaguidi. « La formation suivie par le personnel administratif béninois est le même suivi par des agents de l’administration à Singapour, en France ou ailleurs. Cela valorise les efforts du gouvernement en termes d’investissements, parce qu’on peut acheter les plus belles machines et investir dans les plus gros outils, mais il faut d’abord les hommes. Il faut donc investir sur eux », soutient le représentant de Icdl.
Une semaine après le lancement de la phase d’évaluation, Aurélie Adam Soulé Zoumarou est allée apprécier la promesse des fleurs ce mardi et elle en est repartie comblée. « Je suis satisfaite de voir que les équipements mis en place permettent de faire une bonne évaluation dans les meilleures conditions, avec une présence importante des responsables d’Icdl. Le but de l’évaluation, c’est de voir ce dont les agents de l’administration ont besoin », dit-elle, appréciant par la suite le fort taux de participation que connaissent ces sessions.

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