Mobilisation des ressources propres locales : Lokossa en tête dans le Mono, Athiémé et Bopa ferment la marche

Par Désiré C. VIGAN A/R Mono Couffo,

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Mobilisation des ressources propres locales

La mobilisation des ressources propres locales fait partie des missions essentielles des conseils communaux. Dans le département du Mono, les ressources propres mobilisées par les six communes réunies sont passées de 1 472 676 615 en 2016 à 909 867 578 en 2020, avec une moyenne de 1 276 654 158 F Cfa par an.

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Les ressources propres locales mobilisées, sur la période allant de 2016 à 2020 par les six communes du département du Mono, se chiffrent à 6 308 179 556 francs Cfa. La plus grande valeur estimée à 1 472 676 615 francs Cfa a été obtenue en 2016. Mais cette performance n’a pu être maintenue, laissant place à une tendance baissière qui s’est poursuivie jusqu’en 2020 où les ressources mobilisées n’ont pas dépassé 909 867 578 francs Cfa.
Au niveau communal, la situa-tion varie d’une localité à l’autre et l’organisation pour la mobilisation des ressources n’est pas identique. Les potentialités économiques ne sont non plus de la même portée dans chacune des six communes du département du Mono.

Situation par commune

Chef-lieu du département du Mono, Lokossa a connu une croissance passant de 410 959 555 F
Cfa en 2016 à 618 668 761 F Cfa en 2019 avant de chuter à 490 456 125 en 2020. Globalement, sur les cinq années, la commune a mobilisé en moyenne 495 757 291 F Cfa. La plus grande valeur, notamment 618 668 761 a été obtenue en 2019 et la plus faible ressource mobilisée est de 410 959 555 en 2016. S’ensuit Grand-Popo où les ressources propres ont chuté entre 2016 et 2020, passant de 260 436 375 F
Cfa en 2016 à 151 551 295 F Cfa en 2020. Sur les cinq années, la commune a mobilisé en moyenne 222 817 911 F Cfa. La plus grande valeur, en l’occurence 260 436 375 F Cfa a été réalisée en 2016. La plus faible ressource mobilisée est de 151 551 295 F Cfa en 2020.
Viennent ensuite Comé et Houéyogbé dans la même tendance baissière. Dans la première commune, les ressources propres locales ont drastiquement baissé entre 2016 et 2020 passant de 322 279 745 F Cfa à 416 134 F Cfa. Sur les cinq années, la commune a mobilisé en moyenne 197 702 271 F Cfa. La plus grande valeur qui est de 322 279 745 a été obtenue en 2016 alors que la plus faible ressource mobilisée est de 416 134
en 2020.
A Houéyogbé, les ressources propres sont passées de 200 406 167 F Cfa en 2016 à 114 691 642 F Cfa en 2020. Sur les cinq années, la commune a mobilisé en moyenne 145 266 776 F Cfa. La plus grande valeur estimé à 212 692 635 F Cfa a été obtenue Athiémé, qui ferme la marche, les ressources propres de 2016 à 2020, ont varié d’une année à une autre. Globalement, sur les cinq années, la commune a mobilisé en moyenne 98 751 318 F Cfa. La plus grande valeur de 199 633 439 F Cfa a été obtenue en 2019. La plus faible ressource mobilisée est de 46 381 415 F Cfa en 2020.

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Les facteurs de la tendance

Les ressources locales propres sont définies comme l’ensemble des ressources fiscales, les taxes et redevances des collectivités locales dont la mobilisation ne dépend pas d’une décision discrétionnaire des autorités publiques centrales, précise le directeur départemental en charge du Plan et du Développement dont la structure s’est penchée sur ce qui a été fait de 2016 à 2020 en termes de mobilisation des ressources locales propres. Le directeur départemental, Raymond Djossou, et ses collaborateurs indiquent que les ressources en question sont constituées, d’une part, de l’ensemble des recettes fiscales recouvrées au profit des collectivités locales, y compris les ressources fiscales rétrocédées par l’Etat central, partagées ou non ; et d’autre part de l’ensemble des recettes non fiscales telles que les redevances, les droits de place de marché, les amendes et les droits afférents aux actes d’état civil. Il est nécessaire pour les communes de redoubler d’efforts dans la mobilisation des ressources propres, selon le préfet Bienvenu Milohin qui martèle:«On ne saurait tout attendre de l’Etat central ». Mais la situation est plus complexe au niveau des communes où plusieurs leviers sont à restructurer. Entre autres, Raymond Djossou évoque la maitrise difficile de la gestion des carrières de sable et de gravier, le faible recouvrement des taxes de location mensuelles et de la Taxe de développement local. Il incrimine, par ailleurs, l’inexistence d’un registre foncier unique, l’incivisme fiscal ainsi que le manque d’organisation des acteurs communaux et de stratégies adéquates de mobilisation des ressources. Font également partie des griefs, l’absence de contrat d’objectif à signer avec le service des impôts et l’inexistence d’adressage des villes dans certaines communes.
Sur le plan politique, ajoute-t-il, les actes de sabotage de certains conseillers et la mésentente au sein de certains conseils communaux ne sont pas de nature à favoriser le relèvement du taux de mobilisation des ressources propres locales. Pour surmonter les obstacles, M. Djossou préconise des actions visant la promotion d’un environnement plus favorable à la mobilisation de ressources locales. Mais il fonde beaucoup plus ses espoirs sur la réforme de de la décentralisation qui pourrait être, selon lui, une panacée pour un recouvrement accru des ressources propres locales et partant le développement local.