Mobilisation sociale contre l’apatridie : des journalistes sensibilisés au droit à la nationalité

Par Arnaud DOUMANHOUN,

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Mobilisation sociale contre l’apatridie : des journalistes sensibilisés au droit à la nationalité

Lutte contre l’apatridie au Bénin. C’est autour de cette question que les professionnels des médias ont été mobilisés, dans la matinée du jeudi 23 septembre par leurs faitières, en collaboration avec Amnesty international Bénin et Mayro Magazine.
Il s’est agi à travers diverses communications de clarifier le concept, ses manifestations, causes et conséquences et de revisiter le droit positif béninois sur la question de la nationalité.
Selon la convention de New York du 28 septembre 1954, est considérée comme apatride « toute personne qu’aucun Etat ne reconnait comme son ressortissant par application de sa législation ». Ainsi, cette personne est dépourvue de nationalité et ne bénéficie de la protection d’aucun Etat. En réalité, la nationalité confère un lien juridique ayant à sa base un fait social de rattachement, une solidarité effective d’existence d’intérêts, de sentiments, joint à une réciprocité de droits et de devoirs. Et le droit à la nationalité est un droit consacré par la Déclaration universelle des droits de l’Homme en son article 15, et le pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Mais pour plusieurs raisons, une personne peut se retrouver en situation d’apatridie et pour prévenir le mal, il faudrait, entre autres, veiller à ce qu’aucun enfant ne naisse apatride, donc sans un acte de naissance, supprimer la discrimination fondée sur le genre dans les lois sur la nationalité, prévenir le refus, la perte ou la privation de nationalité pour des raisons discriminatoires.
Certes, de nombreux Etats tels que le Bénin, le Burkina Faso, la Guinée, la Guinée-Bissau et le Mali ont officiellement adopté des plans d’action nationaux pour l’éradication de l’apatridie, mais les situations relatives au mal persistent. En ce qui concerne spécifiquement le Bénin, le citoyen lambda n’éprouve aucune contrainte à se faire établir un acte de naissance pour lui-même, encore moins pour sa progéniture. Mais dans certaines régions frontalières en proie à l’extrémisme violent, le phénomène s’accentue.
L’atelier de formation à l’endroit des professionnels des médias vise à attirer l’attention sur l’urgence de corriger le tir. Car, l’apatridie a un impact dévastateur sur l’individu et peut être source d’insécurité et de conflits. Elle favorise au plan sous-régional les migrations, les trafics de toutes sortes. Le Bénin est appelé à intensifier sa politique d’identification et d’enregistrement des personnes, mais aussi à aller à des mesures coercitives pour vaincre l’apatridie.

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