Moele-Bénin: Un parti à l’épreuve de la maturité

Par Isidore Alexis GOZO (gozoalexis6@gmail.com),

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Porté sur les fonts baptismaux le 15 juillet 2018, le parti Mouvement des Elites engagées pour l’Emancipation du Bénin (Moele-Bénin), s’est inscrit dans la grande mutation politique que le Bénin opérait sous la férule du pouvoir du Nouveau départ. Trois ans après, ce parti qui frappe par sa structuration a-t-il gagné en maturité ?

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Les 14 et 15 juillet 2018, lors de son congrès constitutif, le parti Mouvement des Elites engagées pour l’Emancipation du Bénin (Moele-Bénin) avait connu un certain retentissement au sein de l’opinion nationale. Non pas seulement à cause de la mobilisation de ses membres dont certains sont venus de France et des Etats-Unis, mais aussi et surtout pour les ambitions affichées par ce nouveau-né dans un contexte d’interrogations sur le système partisan béninois, à savoir « œuvrer à déconstruire la fausse perception faite par les Béninois sur la politique en promouvant les valeurs de vérité, de transparence, de travail et de service ».
Encore plus, revendique ce parti, il faut « redorer le blason de l’acteur politique au Bénin en faisant de lui un citoyen responsable ». Moele-Bénin se veut un creuset pour
« des hommes et des femmes de conviction qui partagent les mêmes valeurs de probité et d’engagement dans l’avenir du Bénin ». Aussi, entend-il promouvoir des valeurs de vérité, de justice, de patriotisme et de promotion de la jeunesse et des femmes. D’où la devise du parti qui porte à sa tête un homme connu pour la force de ses arguments: Vérité-Travail-Patrie.

Une vision

Avec pour objectif « de mettre la jeunesse au travail, enrichir le pays grâce à un autofinancement de l’essentiel de son développement», Moele-Bénin se veut d’idéologie Social-démocratie dans ce que le parti appelle «le libéralisme participatif…dans un contexte où la solidarité nationale et internationale tend à disparaitre des valeurs qui fondent les sociétés humaines… Une approche politique qui est propre à Moele-Bénin.
Depuis Awaya sur les collines de Dassa-Zoumè en 2018, l’eau a coulé sous le pont. Que reste-t-il des idéaux affichés par les fondateurs de ce parti ? Et quels sont les acquis dont il peut se prévaloir ?

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Des acquis

Faisant suite à la promulgation de la nouvelle loi portant Charte des partis politiques, Moele-Bénin organise son congrès de conformité le 18 décembre 2018 et obtient en février 2019 son certificat de conformité. Ce qui fait de Moele-Bénin l’un des tout-premiers partis politiques à avoir une existence légale après le vote de la nouvelle loi. Tout observateur de la vie politique des trois dernières années sait que cela relève d’une prouesse, au regard des exigences des nouvelles lois qui régissent le système partisan béninois.
Aussi, Moele-Bénin, comme pour prouver qu’il est né avec des dents, prend-il part aux élections législatives du 28 avril 2019. Mais sans parvenir à franchir l’étape de la Cena. Jacques Ayadji et les siens ne baissent pas pour autant les bras et se jettent à nouveau à l’eau aux élections communales de mai 2020 mais sans plus de succès, car pour défaut de pièces au niveau de certains dossiers de candidatures, le parti a été recalé par la Cena. Et son recours introduit devant la Cour suprême n’ayant pu prospérer, Moele-Bénin choisit de s’aligner derrière l’Union progressiste avec qui il partage l’idéologie social-démocrate.
Pour un jeune parti, même né avec des dents comme se plait à dire Jacques Ayadji son président, il s’agit-là d’expériences qui l’ont aguerri pour affronter les épreuves futures avec plus de sérénité ! Car de 2018 à 2021, la vie de Moele-Bénin est loin d’avoir été un fleuve tranquille. Comme toute vie, elle est faite de hauts et de bas.

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Bémol

A propos de bas, en octobre 2020, une demi-douzaine de membres du parti démissionnent collectivement. Mais loin d’émousser l’ardeur de celui qui tient la barre de Moele-Bénin, ce soubresaut de faible amplitude, il faut l’avouer, est perçu comme tout ce qu’il y a de plus normal dans la vie d’une organisation. Selon Jacques Ayadji, Moele- Bénin, qui vient de connaitre récemment encore deux départs dont le secrétaire général, “fait sa crise de maturité, une crise de croissance et peut-être même une crise de confiance comme il arrive même à des humains”.
Alors que ces secousses interpellent les observateurs qui s’interrogent quant à l’avenir de ce parti, pour son président « Cet intérêt porté à notre formation politique est la preuve que sa stabilité et son progrès préoccupent », dit-il. Tout en ajoutant que « Nous ne sommes pas les premiers et nous ne serons donc pas les derniers à vivre ces soubresauts », Jacques Ayadji précise : « Aujourd’hui il me plaît de vous confirmer que les polémiques entretenues à dessein ne l’emporteront pas sur la tendance au resserrement des rangs et à la mobilisation pour affronter les défis du moment et ceux à venir ».

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Détermination

Accusé de faire cavalier seul dans la conduite du parti dans une « atmosphère de méfiance et de suspicions » comme allégué dans sa lettre de démission par Céphise Béo Aguiar, ex-secrétaire général de Moele-bénin, Jacques Ayadji retorque en déplorant « un opportunisme suffocant », faisant valoir que « La politique ou l’art de gérer la cité doit retrouver ses lettres de noblesse et tourner le dos à ces pratiques honteuses qui ont porté préjudice à l’image de la chose politique chez nous.
Cela étant, pour lui, « …le feu allumé est celui qui va nous débarrasser des scories, celui qui va éveiller les consciences et enfin celui qui va réchauffer, recharger et éclairer les cœurs pour nous faire incarner notre devise Vérité, Travail, Patrie », arguant que le parti va se « projeter durablement pour des victoires ». Les départs ne fragilisent-ils pas pour autant le parti ? En guise de réponse et pour la grande joie, on imagine, de son président, samedi 17 juillet, soit quelques jours après lesdits départs, Moele-Bénin enregistre de nouvelles adhésions à Zè dans la sixième circonscription électorale, par l’intégration du mouvement Union pour la fraternité et le Développement.