Mois de la Francophonie : Le film Amok du Marocain Ben Barka emballe le public

Par Ariel GBAGUIDI,

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Mois de la Francophonie Le film Amok du Marocain Ben Barka emballe le publicLe public attentif et sensible aux actions contre la communauté noire dans le film Amok

Du cinéma marocain pour clôturer la célébration du mois de la Francophonie 2022 au Bénin. Mardi 29 mars dernier, à l’Institut français, le public cosmopolite ayant le français en partage, a savouré le film Amok du cinéaste marocain Souheil Ben Barka. Ce long métrage de deux heures, retrace en partie les brimades subies par les Noirs sud-africains pendant l’apartheid.

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Mathew Sempala, instituteur noir dans le village de Trankei en Afrique du Sud, reçoit une lettre d’un prélat habitant à Johannesburg, lui annonçant que sa sœur est très malade. Il entame alors un long voyage sans retour, à la recherche non seulement de sa sœur mais aussi de son frère et de son fils qui ont aussi migré dans la capitale.
Une fois sur place, il se rend compte que ni sa sœur, ni son frère et son fils n’étaient malades. Mais ces derniers, tout comme la communauté noire de la ville, étaient confrontés aux violences policières et à la ségrégation raciale à outrance. En fait, les Noirs sont traqués jusque dans leurs derniers retranchements, violentés, immolés au feu ou fusillés de sang-froid par la communauté blanche au pouvoir. A Johannesburg, Mathew Sempala est confronté à un monde de crimes, de haine, de torture et de violences policières. Il découvre donc comment sa famille, la communauté noire et les blancs soutenant la cause des noirs sont martyrisés. Il subira lui-même les affres de cette barbarie.
Amok est bien accueilli par le public, constitué en majorité des membres du corps diplomatique accrédités au Bénin et quelques autorités béninoises dont le ministre de l’Energie, Jean-Claude Houssou. La leçon du film, retient l’ambassadeur du Maroc, Rachid Rguibi, c’est qu’il y a des choses qui sont des repères qui doivent rester afin d’alerter le monde sur ce qui pourrait arriver. «Il faut qu’on fasse attention. Nous sommes des humains de différentes couleurs, religions, ethnies,… mais nous avons un cœur identique, nous avons le même sang qui coule dans nos veines et nous devons faire attention pour ne pas blesser les autres et ne pas essayer de les dominer par la force », ajoute Rachid Rguibi.
Le film laisse le spectateur sur sa faim, car le pays n’a pas été pacifié. La remarque est unanime. « On voit le nom de Mandela sur un mur à la fin du film ; on se demande s’il y a une suite et si oui comment ça va se terminer ?… », s’interroge Onur Özçeri, ambassadeur de Turquie près le Bénin. Son confrère de la Belgique, Xavier Leblanc, a fait le même constat. Mais les deux diplomates qui apprécient fortement la qualité technique de cette production, pensent que c’est plutôt ce goût d’inachevé qui rend le film beaucoup plus intéressant. « Le cinéma, c’est toujours quelque chose qui vous fait réfléchir, qui vous fait penser à la suite. C’est ça le cinéma. Un film qui est bien fait, c’est exactement ce qu’il doit nous offrir», affirme l’ambassadeur belge.

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Objectif

La projection du film Amok est l’œuvre de l’ambassade du Maroc en partenariat avec l’Institut français de Cotonou, dans le cadre de la commémoration de l’édition 2022 du mois de la Francophonie. L’objectif de cette projection est double. Elle vise à non seulement contribuer aux activités organisées durant ce mois de la Francophonie mais aussi faire découvrir le cinéma marocain. Le public a également savouré une courte interprétation de l’artiste marocaine Safaa Benhaddou de même que le thé marocain. « L’ambassade du Maroc a tenu à contribuer à ce mois à travers une action culturelle et gastronomique», s’est réjoui Rachid Rguibi.
Né en 1942, Souheil Ben Barka a marqué, voire révolutionné le cinéma marocain à travers la réalisation de grands films tels que Amok tourné en 1982, et projeté dans plus de 60 pays dans le monde et traduit dans 10 langues dont le chinois et le russe. Son palmarès renseigne qu’il a réalisé les films « Les mille et une mains » en 1974, «La guerre du pétrole n’aura pas lieu » en 1975, « Noce de sang» en 1976, « Les cavaliers de la gloire » en 1990, « L’ombre du pharaon » en 1996, « Les amants de Mogador » en 2002 et « De sable et feu (le rêve impossible!) 2 », en 2019. Ce dernier film lui a d’ailleurs valu, en novembre 2019, le prix d’excellence en réalisation cinématographique de l’Arpa international film festival.