Mort massive des poissons dans le lac Toho: L’appel des cadres d’Athiémé à une solidarité nationale

Par Alexis METON  A/R Atacora-Donga,

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Suite à la mort massive des poissons dans le lac Toho, des cadres de la commune sont descendus sur le terrain pour remonter le moral aux populations touchées par le drame. A travers un communiqué de presse ayant sanctionné cette visite, ils appellent le gouvernement à accélérer la poursuite des tests et à lever la mesure d’interdiction de la pêche sur le lac d’une part, et à initier des actions de solidarité nationale envers les victimes d’autre part.

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Des cadres d’Athiémé sont préoccupés par les effets néfastes de la récente intoxication des poissons survenue dans le lac Toho. Une délégation des cadres de la commune a effectué, dimanche 27 mai dernier, une descente dans l’arrondissement de Kpinnou pour échanger avec les populations et apprécier l’impact de ce drame. A travers un communiqué de presse parvenu à notre rédaction, la délégation informe que cette visite qui a permis d’observer que le coût social, économique et environnemental de cette situation inédite dans la localité est « d’une extrême préoccupation ». Elle s’inquiète des menaces réelles sur la qualité de l’environnement, malgré le retour progressif de la vie dans le lac.

Tout en saluant la promptitude avec laquelle le gouvernement, la préfecture du Mono et la mairie d’Athiémé ont réagi au sinistre à travers des visites et l’initiation de tests, les cadres de la localité exhortent les autorités à accélérer la poursuite des tests en vue de l’identification des causes du désastre. Au-delà des mesures conservatoires prises pour préserver la santé des populations, ils plaident pour des actions de solidarité nationale en faveur de celles-ci pour les aider à soulager leurs peines. Aussi, tenant compte des souffrances des populations, la délégation de cadres invite le gouvernement à tirer les conséquences des premiers résultats des tests afin de lever dans un bref délai l’interdiction des activités de pêche sur le lac.
En fait, les constats de la délégation sont alarmants. Sur le plan social, elle note que les conditions des populations déjà précaires se sont davantage dégradées. Selon le communiqué de la délégation, les populations de cinq villages à savoir Kpinnou, Agbodougbé, Azonlinhoué, Hahamè et Kponou sont particulièrement touchées.

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La souffrance des populations

Elles « peinent à se nourrir, à se soigner et à faire face à la scolarisation des enfants, étant privées de leur principale activité économique : la pêche », souligne le communiqué de la délégation.
De plus, « La morosité est palpable sur le plan économique, les femmes ne vendant plus de poissons ni dans les marchés ni aux abords de la voie inter-Etats Lokossa – Cotonou ». Le cas le plus préoccupant est celui d’un jeune pisciculteur installé au bord du lac qui a vu décimés tous ces poissons, soit toute une fortune et certainement un prêt bancaire partie en fumée.
Les effets économiques du drame s’étendent au-delà des frontières de la commune, le gouvernement du Togo voisin ayant interdit l’entrée sur son territoire de tout poisson en provenance du Bénin.
Pour rappel, suite au sinistre, le Laboratoire central de contrôle de sécurité sanitaire des aliments (Lcssa) a procédé à différents prélèvements afin d’élucider les causes du drame. Il a conclu que « L’hypothèse d’une contamination des eaux du lac Toho par une quelconque famille de pesticide ou de médicaments vétérinaires est à exclure ». Le directeur du laboratoire, Kinnou J. Kisito Chabi Sika, s’est fait plus précis en indiquant : « qu’aucune des matrices (eaux, poissons, sédiments) ne contient les quatre grandes familles de pesticides ; deux familles importantes de médicaments vétérinaires (Tétracyclines et sulfamides) ont été décelées dans la chair des poissons, mais non dans l’eau et dans les sédiments ; présence probablement due à leur usage dans le bassin des alevins, et enfin la neutralité du pH et de l’alcalinité de l’eau ».
Au regard du degré du phénomène, le Lcssa penche plutôt pour « une intoxication aiguë par contamination chimique venant d’une source endogène au lac par infiltration souterraine ». Une recherche des molécules sulfureuses en cours au niveau du laboratoire pourrait aider à confirmer cette hypothèse ».
Des personnes encore sceptiques demandent une contre-expertise pour situer de façon plausible les causes du drame.