Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Maroc : « Le Bénin est plus qu’un pays ami, c’est un partenaire »

Par Josué F. MEHOUENOU,

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La tenue à Marrakech de la sixième session de la grande commission mixte de coopération relance la coopération entre le Royaume chérifien et le Bénin. Mieux que par le passé, le Maroc se veut plus présent au Bénin. Une option justifiée largement par les réformes en cours dans le pays et l’option de développement prise par le chef de l’Etat.

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La Nation : Vous avez mentionné le Bénin comme un partenaire stratégique du Royaume du Maroc et mis en exergue, maintes fois, les ambitions du Programme d’actions du président Patrice Talon. Qu’est-ce qui peut justifier cet intérêt ?

Nasser Bourita : Il y a une relation historique. Il y a des liens forts entre les deux pays et les deux peuples. Mais surtout, le Maroc observe la dynamique de réformes que connaît le Bénin. Nous suivons toutes les initiatives de Son Excellence le président Patrice Talon pour créer le contexte d’une émergence du Bénin, pour mettre à niveau un certain nombre de secteurs. C’est quelque chose que nous suivons et saluons et qui lance un signal fort aux partenaires comme le Maroc. Le Bénin est sur la bonne voie parce que c’est important pour les gouvernements, mais surtout pour le secteur privé qu’il sache qu’il y a un contexte favorable, qu’il y a des réformes qui sont conduites et un leadership qui donne cette sécurité juridique pour l’investisseur et pour l’entrepreneur privé. Lorsque Sa Majesté le Roi a visité le Bénin en 2004, pour nous, c’était un signal et c’était pour donner une forte impulsion à cette relation. Nous sommes sur la même ligne conformément aux instructions royales. Le Bénin est plus qu’un pays ami. C’est un partenaire et ce que nous avons déjà lancé lors de la visite royale, ce que nous venons de signer constitue un socle solide pour entrevoir une très belle relation pour cette coopération.

Quelle est votre appréciation sur la position du Bénin quant à la question du Sahara ?

Mon frère et ami Aurélien Agbénonci est mieux placé pour évoquer cette question, mais je dois vous dire que nous avons considéré le Bénin parmi les pays qui soutiennent une solution définitive à ce différend régional dans le cadre des Nations Unies sur la base des résolutions de l’organisation. La présence du ministre des Affaires étrangères du Bénin à la conférence a été le témoignage que le Bénin est pour que cette question soit réglée dans son cadre naturel qui est celui des Nations Unies. L’Union Africaine est là pour accompagner et soutenir ce processus et ce que le ministre Aurélien Agbénonci a eu à montrer est très pertinent. Pour que notre travail au sein des organisations internationales soit pertinent et crédible, il faut que nous commencions par respecter les décisions que nous prenons. A Nouakchott, nous avons pris une décision pour laisser le dossier du Sahara marocain aux Nations Unies, aux efforts du secrétaire général et de son envoyé spécial. L’Union Africaine comme toute autre organisation africaine peut et doit apporter son soutien et son appui à ce processus. Elle n’a pas à développer un processus parallèle, elle n’a pas à chercher une solution en dehors de ce cadre-là.

Vous insistiez sur l’union dans votre discours d’ouverture. Qu’en est-il ?

L’Union Africaine a mis en place une Troïka comme instrument pour exprimer ce soutien, pour briefer les Etats membres sur l’évolution du dossier au niveau des Nations Unies. Non seulement, la présence du ministre Aurélien Agbénonci, mais son intervention et son implication dans la déclaration finale ont été hautement appréciées par le Maroc parce que c’est la voie de la sagesse et le bon côté de l’histoire. L’histoire retiendra que ce jour-là, nous nous sommes réunis pour dire non à la division de l’Afrique, non aux manœuvres contre l’unité africaine.

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