Négociations Gouvernement-Syndicats : A l’ombre du pass vaccinal

Par Fulbert Adjimehossou,

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Le filtre est sans complaisance. Dans la grande salle de l’Infosec à Cotonou, nul n’entre s’il n’est détenteur d’une carte jaune portant son nom et un code : la preuve de la vaccination contre la Covid-19.

À 9 h 35, le secrétaire général de la Confédération des organisations syndicales indépendantes du Bénin (Cosi-Bénin), Noël Chadaré, se pointe. L’équipe de contrôle lui réclame sa carte. Il la montre puis fulmine : « Je suis vacciné, mais je ne suis pas d’accord avec cette subordination ». Sept minutes plus tard, c’est la ministre du Travail et de la Fonction publique, Adidjatou Mathys, qui fait son apparition et se soumet au contrôle. « C’est tout le monde », lance-t-elle avec sourire. Ceux qui n’en disposent pas sont tenus de rester à l’écart.
En effet, le pass vaccinal est la condition pour participer aux travaux. La mesure a été soulignée dans la lettre d’invitation à la 1re session ordinaire de la Commission nationale de concertation, de consultation et de négociations collectives. Syndicalistes, membres du patronat et ministres défilent et sont contraints aux mêmes gestes : présenter le pass vaccinal et faire usage du gel hydroalcoolique. Tous rentrent, sauf Nagnimi Kassa Mampo, Sg de la  Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb) et son adjointe. « Je n’ai pas de carte », dit-il en premier lieu. Puis, Kassa Mampo conteste la mesure et cherche à rencontrer le ministre d’État Abdoulaye Bio Tchané ou la ministre Adidjatou Mathys.

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À bâtons rompus

À l’arrivée du ministre d’Etat Bio Tchané à 10 h 20, les débats prennent à la fois une allure vigoureuse et diplomatique à l’entrée. « Ça ne va pas. Vous avez décidé de rompre le dialogue », commence le syndicaliste. Et au ministre d’État de convaincre son vis-à-vis, en lui montrant les détails de son carnet de vaccination. « On n’a pas rompu le dialogue. On ne va pas se contaminer les uns et les autres dans la salle. Il faut la preuve que vous êtes vaccinés », précise le ministre d’État. Cependant, ce ne sera pas suffisant pour faire changer d’avis le syndicaliste dont on connait la verve. « Est-ce à dire qu’il faut se vacciner pour aller au marché, à l’école ? Ce n’est pas un problème de contamination. Il y a quelque chose qui se cache derrière. Personne n’est contre les mesures barrières », insiste le Sg de la Cstb.
Les travaux finissent par démarrer, mais sans la Cstb. En revanche, dans la salle, les deux autres confédérations syndicales prennent le relai. « Nous ne sommes pas anti-vax. La Cosi-Bénin défend une position de principe qui s’appuie sur l’article 7 de la loi portant protection de la santé des personnes en République du Bénin », fait comprendre Noël Chadaré qui propose que la session se déroule en partie en visioconférence. Anselme Amoussou de la Confédération des syndicats autonomes (Csa-Bénin) suggère quant à lui un pass sanitaire qui prenne en compte soit la preuve de la vaccination, soit la preuve du test négatif. Ainsi, dit-il, il ne sera plus fait obligation de faire le vaccin, mais de prouver que l’on n’est pas une menace pour les autres participants. La réaction du ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, ne s’est pas fait attendre. « Nous sommes en situation d’épidémie. « L’article 7 évoqué n’est pas applicable », défend-il. Cependant, la brouille ne s’est pas éternisée à ce point. Priorité finira par être accordée à l’ordre du jour.