Nomination des responsable d’entités des Universités nationales du Bénin: Les enseignants en sit-in de protestation

Par Alexis METON  A/R Atacora-Donga,

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Six syndicats d’université, réunis au sein de l’Intersyndicale des enseignants du supérieur public ont protesté contre la nomination de responsables d’entités des universités publiques. C’était au cours d’un sit-in tenu, hier jeudi 31 janvier, dans l’enceinte du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique à Cotonou.

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Les enseignants d’université soutiennent que le gouvernement n’a pas à procéder à la nomination des chefs des établissements et des recteurs des universités nationales du Bénin. Hier, jeudi, le temps relativement chaud ne les a pas empêchés de porter leurs toges et d’aller exprimer leur désapprobation à la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Marie Odile Attanasso. Cette dernière et les membres de son cabinet sont sortis pour écouter les manifestants. Dans la déclaration lue par le porte-parole des manifestants, le professeur Mansourou Lawani, les enseignants ont fait part de leur position. « Les enseignants du supérieur, réunis au sein de l’Intersyndicale des universités nationales du Bénin viennent attirer l’attention du chef de l’Etat et de son gouvernement sur le caractère inefficace et très nocif de la désignation par nomination directe des responsables académiques dans les universités nationales du Bénin », a déclaré le porte-parole des enseignants, le professeur Mansourou Lawani. Estimant que seul le chef de l’Etat peut aider la communauté universitaire à sortir de cette crise latente, il plaide pour le retrait du décret 2018-441 du 20 septembre 2018 relatif à la suspension des élections dans les Unb, l’annulation des nominations faites en Conseil des ministres le 30 janvier 2019 et la reprise des élections des chefs d’établissement dans toutes les universités dans un délai maximum d’un mois, la prise des mesures pour que le processus de révision des attributions du Conseil national de l’éducation (Cne) soit plus inclusif en associant, les partenaires sociaux.
La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Marie Odile Attanasso a rassuré ses collègues : « Nous sommes tous ensemble pour bâtir ce pays et assurer une formation de qualité à la jeune génération, c’est ça le plus important », a martelé la ministre qui prend ainsi acte des déclarations des enseignants et promet d’en rendre compte au gouvernement.
Le secrétaire général du Syndicat des enseignants-chercheurs de l’Université nationale d’agriculture, Karl Nassi, estime que l’élection des responsables d’entités des universités est une tradition démocratique qu’il convient de préserver. Selon lui, la réaction des enseignants ne s’inscrit pas dans une opposition aux réformes entreprises par le gouvernement, mais vise à rétablir les acquis au niveau des universités.
Esaïe Gandonou, secrétaire général du Syndicat national de l’enseignement supérieur, appelle, pour sa part, le chef de l’Etat à rencontrer les enseignants aux fins d’explication sur ce qui se passe dans les universités.
Les regards sont donc désormais tournés vers le président de la République.

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