Non-respect des calendriers universitaires: Etudiants et enseignants se plaignent

Par LANATION,

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A l’Université d’Abomey-Calavi, l’année accadémique 2020-2021 devrait prendre fin le 9 juillet 2021. Mais un mois après cette échéance, facultés et écoles n’ont pas encore fini leurs activités, pendant qu’une autre année pointe à l’horizon. Alors qu’ils devraient être en vacances, les étudiants de l’Ecole nationale d’Administration et de Magistrature (Enam), pour la grande majorité, n’ont pas fini, à la date du 23 août 2021, les examens semestriels. Ceux qui souffrent le plus sont les étudiants de la première année qui n’ont toujours pas fini les cours du second semestre. « Cette situation n’est pas facile à vivre. À ces moments où certains sont déjà en vacances, nous sommes obligés d’aller à l’école. Ce qui fait qu’on est épuisés aussi bien physiquement que psychologiquement », confie Guiyass Madiou, étudiant en 3e année à l’Enam.
Dans les entités à gros effectifs, la situation est plus préoccupante. Du côté de la Faculté de droit et des sciences politiques (Fadesp), la première année attend de composer les sessions de rattrapages tout comme leurs aînés de la deuxième année. Les étudiants enchaînent donc les années académiques sans réel repos. « L’une des nombreuses raisons est le fait que la date prévue pour le démarrage des cours est antérieure au démarrage des inscriptions dans nos écoles et facultés. Aussi, bien souvent, pour raison d’indisponibilité de l’enseignant, il nous arrive de perdre des semaines de cours », explique Marzouk Karimou, président du Bureau d’union d’entité (Bue) de l’Enam. Aaron Azanaï, trésorier général du Bue Fadesp, tente d’expliquer les chevauchements. « Le décanat suit la programmation du rectorat. Pour cela, il est souvent impossible au décanat de lancer le démarrage des cours tant que le rectorat n’a pas donné son aval. Cela entraîne à la longue, un retard dans le déroulement des cours et une prolongation de l’année académique », fait-il remarquer.

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Une question de ressources

Les contraintes liées à la pandémie de Covid-19 viennent en rajouter aux difficultés séculaires. « La situation sanitaire actuelle a exceptionnellement contribué à retarder la rentrée à l’Uac. L’insuffisance de personnel enseignant qualifié est également une cause », explique Patrick Effiboli, enseignant-chercheur d’Histoire. Le ratio étudiants enseignant est encore faible. Les recrutements faits ces dernières années ne comblent pas encore le gap, sans oublier les départs à la retraire qui creusent le fossé. En face, il y a l’effectif pléthorique des étudiants qui donne du fil à retordre pendant les cours et la correction des copies.
Ainsi, ces bouleversements ne sont pas sans effet sur les différents acteurs. « C’est une situation qui m’affecte du point de vue individuel, familial, social et académique. Cela me prive de repos véritable », déplore Patrick Effiboli. Submergés, les enseignants manquent souvent de temps et d’énergie à consacrer à leurs familles. Ce qui pourrait engendrer l’irritabilité et de la fatigue. En ce qui concerne les étudiants, ils peinent à suivre le rythme. « Certains camarades étudiants arrivent à tenir le coup et à s’en sortir. Mais pour la majorité qui n’arrive pas à suivre, leurs résultats s’en trouvent fortement affectés », déplore Marzouk Karimou.
La solution réside dans l’amélioration des conditions de formation. Il faut plus d’enseignants et d’infrastructures pour faire face à la grande masse d’étudiants. La correction des copies dans ces conditions reste un casse-tête majeur. Désengorger l’Uac, une université qui compte plus de 61 000 étudiants, est une piste à explorer. « Ceci permettrait de faciliter le déroulement des cours et des examens semestriels. Par ailleurs, une autre solution pour désengorger les amphis serait de faire construire des écoles techniques de niveau universitaire. Ceci ferait d’une pierre deux coups dans la mesure où cela faciliterait l’insertion professionnelle », propose l’enseignant. Avec les réformes en cours dans l’enseignement supérieur, c’est le moment plus que jamais de poser des jalons pour des universités publiques modernes.

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Par Yeratel BOGNON (stag)