Nouveau conflit de succession à Abomey: Les Agoli-Agbo se disputent le fauteuil de la lignée

Par Valentin SOVIDE, AR/Zou-Collines,

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Après le palais de Djimè avec les frères Béhanzin, c’est le palais de Gbindo du défunt roi Dédjalagni Agoli-Agbo qui connaît des remous à Abomey. Deux enfants du défunt roi ont pris l’un après l’autre le contrôle du palais Gbindo à Abomey pour s’y installer. Conséquence : un arrêté préfectoral interdit l’accès du palais à tous jusqu’à la résolution de la crise.

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Deux fils de l’ancien roi du Danxomè, Dédjalagni Agoli-Agbo, se disputent depuis quelques semaines le fauteuil de chef de la collectivité. Tout comme à Djimè chez les Béhanzin, à Gbindo chez les Agoli-Agbo, une crise est aussi née. Deux prétendants « intronisés » à la tête de cette collectivité royale. Les deux frères se sont fait installer l’un après l’autre pour prendre le contrôle du palais de leur défunt père. Le premier a fait le mur pour accéder au palais. Surpris par la nouvelle et mécontent, l’autre met également ses moyens en branle pour faire fuir le premier et se fait lui-même installer nuitamment. Ce dernier s’est fait nommer Daah Dédivê Sohodjôgbè. Le premier n’a pas eu le temps de se faire connaitre avant d’être délogé du palais. Une chose est sûre, chacun, avec ses supporters derrière, s’octroie le titre de Daah, donc de chef de la lignée Agoli-Agbo. Et, comme on pouvait s’y attendre, des dignitaires et autres notables font aussi leur choix. Deux clans se forment pour se ranger derrière chacun des deux protagonistes. Et le climat devient délétère.
Face à cette situation confuse et conflictuelle, le préfet du Zou, Firmin Kouton, a sorti le 23 décembre dernier un arrêté pour interdire à la lignée Agoli-Agbo l’accès au palais royal à Gbindo à Abomey et, ce, jusqu’à nouvel ordre. La décision viserait à prévenir d’« éventuels troubles à l’ordre public ». Pour l’heure, c’est la mairie d’Abomey qui est responsabilisée en ce qui concerne l’organisation de l’entretien du palais. Et l’arrêté précise que ces mesures seront en vigueur « jusqu’à la résolution définitive de la crise née des conflits de succession au trône de la lignée ».
Il faut rappeler qu’une crise du genre est latente depuis quelques années chez les Béhanzin à Djimè. Ici, aussi, il est question de deux descendants de Béhanzin qui se sont autoproclamés roi de Djimè. Deux prétendants pour un seul fauteuil : Daah Fingnankoun Béhanzin et Daah Houéhounwèkèhon Béhanzin. Ce sont deux frères Béhanzin en lutte pour succéder à Houédogni Béhanzin. Des frères consanguins qui se surveillent depuis le départ du roi Houédogni. Un week-end, l’un avait déjoué le plan de l’autre en investissant le palais à l’aube à la surprise de son frère qui l’y a rejoint, aussitôt informé. Deux rois dans un palais ! Ce qui est impossible et qui a conduit les autorités à fermer le palais de Djimè. Et c’est le même scénario qui se joue aujourd’hui à Gbindo chez les Agoli-Agbo.
De sources proches du palais de Gbindo, on indique qu’il n’y a rien d’étonnant encore dans la démarche des protagonistes. Car, le pouvoir s’arrache surtout de cette manière à Danxomè. Une pratique bien courante au sein des familles royales d’Abomey. C’est le Daah qui réussit à s’imposer à la tête de sa lignée qui est à même d’occuper le fauteuil de Houégbadja.
Ce n’est jamais le chef de lignée choisi par consensus et couronné publiquement qui prend le trône de Danxomè.
Toutefois, il est à signaler que ce n’est pas le palais de Danxomè
qui est en crise. C’est bel et bien Dada Keffa Sagbadjou Glèlè qui est l’actuel roi du Danxomè. La crise agite plutôt les familles ou lignées qui ont droit au trône. Ce sont donc les occupants de ces fauteuils qui pourront prétendre au trône de Danxomè si jamais il était vacant. Et pour être un jour Dada de Danxomè, il faut d’abord «conquérir» le fauteuil d’une des lignées royales et s’y imposer.

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