Nouvelle technique de fumage de poisson: Réduire l’émission non intentionnelle des polluants organiques

Par Alexis METON  A/R Atacora-Donga,

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Le Bénin est préoccupé par les questions de Polluants organiques persistants (Pop). Dans la mise en œuvre de la convention de Stockholm sur les Pop, plusieurs mesures sont envisagées dont l’une relative à la nouvelle technique de fumage des poissons. Une mesure qui vise à protéger l’environnement, mais aussi à préserver la santé des populations contre les effets néfastes de ces polluants.

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Le secrétariat Afrique de la Convention de Stockholm se bat pour l’installation des foyers améliorés de type Thiaroye au Bénin. Il s’agit d’une technique Fao-Thiaroye mise au point et inventée au Sénégal par un centre alimentaire de référence et de formation des techniciens alimentaires. La technique de fumage de poissons par les foyers améliorés permet de produire des poissons fumés avec de faibles niveaux d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (Hap) et avec un temps de cuisson rapide. Mieux, il y a une éponge digitale qui retient toutes les substances toxiques. Ainsi, le poisson après fumage ne présente pas les aspects qu’on avait avec le fumage traditionnel consistant à disposer les poissons sur une grillade sur un foyer de feu à base de bois de chauffe dont la fumée permet d’obtenir le poisson fumé. 

Plusieurs localités bénéficient déjà des installations de fumoirs modernes au Bénin. Ainsi, le projet d’installation des foyers améliorés de type Thiaroye sera étendu à autres localités après celles qui en bénéficient déjà. Il s’agit du marché de l’arrondissement de Djeffa dans la commune de Sèmè-Podji et du marché de Zogbo dans le département du Littoral. Il faut signaler que deux centres de fumage avec la même technologie sont réalisés par Care Bénin International à Gbadraganfan dans l’arrondissement de Kouti, commune d’Avrankou et à Mèdédjonou dans la commune d’Adjarra. Les femmes fumeuses sont de plus en plus habituées à cette technique dont l’avantage est de vendre le poisson aussi bien au Bénin mais également à l’étranger. Avec ces foyers améliorés, les femmes transformatrices des produits de pêche peuvent fumer, sécher, stocker et refumer leurs produits. Le système permet une minimisation de la consommation de combustibles, une exposition moindre à la chaleur, à la fumée et aux brûlures avec une possibilité de stocker les produits finis sur une période plus longue. Il faut dire que cinq avantages découlent de l’utilisation des foyers améliorés de type Thiaroye : la mise à disposition du consommateur d’aliments sains et de qualité marchande supérieure. La protection des activités commerciales à petite échelle dont les femmes constituent une frange importante. La contribution aux emplois connexes avec le soutien aux corps de métier de petits artisans fabricants d’équipements. L’amélioration de la vie des femmes transformatrices. Et enfin, le respect et la protection de l’environnement grâce à l’économie de combustible.

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Impacts environnementaux

Les impacts sanitaires et environnementaux liés à l’activité de fumage de poisson, très développée dans nos contrées, ne sont plus à démontrer. Ces poissons fumés qui se retrouvent généralement dans les plats dans les foyers sont toxiques. Mais peu de gens le savent.
Selon les explications de Bertin Bossou, point focal de la Convention de Stockholm, en service au ministère du Cadre de vie et du Développement durable, les poissons fumés sont exposés généralement aux Polluants organiques persistants non intentionnel (Popni) qui sont des substances chimiques que l’on retrouve dans les fumées, les aliments, les véhicules, le brûlage des pneus ainsi qu’au niveau des transformateurs électriques de la Société béninoise d’énergie électrique.
Les femmes s’adonnent à l’activité de fumage de poisson, sans information sur les risques sanitaires et environnementaux qu’elles courent avec les fumées de poissons. Ces fumées, explique Bertin Bossou, contiennent des dioxines et furanes, les Hydrocarbures aromatiques polycycliques (Hap) qui sont des Polluants organiques persistants non intentionnels (Popni) dont les émissions dans l’atmosphère contribuent à la fragilisation de l’environnement. Les femmes fumeuses sont par conséquent exposées à des maladies respiratoires, des maux d’yeux, de tête et des maladies de la peau… Cette activité a été donc identifiée à cause de ses conséquences, parce que les fours traditionnels libèrent les Polluants organiques persistants (Pop). D’où la nécessité d’encadrer le fumage des poissons, grâce à la nouvelle technique de fumoirs modernes conçus pour réduire et diminuer l’émission des Polluants organiques persistants non intentionnels (Popni).

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