Numérique et digitalisation: Le haut débit sème la joie dans l’Ouémé

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau,

  Rubrique(s): Société |   Commentaires: Commentaires fermés sur Numérique et digitalisation: Le haut débit sème la joie dans l’Ouémé


La fluidité et la stabilité de la connexion internet avec les initiatives économiques et de déploiement de la fibre optique boostent le développement dans l’Ouémé. Les administrations, écoles, entreprises, ménages et autres en tirent meilleur profit pour leurs différentes activités.

LIRE AUSSI:  Camille Adébah Amouro : dernier hommage à un culturel hors pair

L’internet haut débit est une réalité dans l’Ouémé. Les populations, avec engouement, en profitent et mieux que par le passé, pour leurs différentes activités. Lettrés et analphabètes se bousculent dans les points numériques communautaires, cybers, start-up et autres pour s’offrir des services digitalisés. C’est le cas par exemple de Félix Assarè. Face à son ordinateur portatif, cet enseignant au Ghana en vacances à Adjarra, a très tôt senti le besoin de la connexion. Il s’est rendu au niveau du Point numérique communautaire de la ville installé devant la mairie pour se connecter. Il voulait rapidement faire une recherche sur le Net. Grâce à l’outil, il a atteint son objectif en un clin d’œil. A côté de lui, se trouvait un autre internaute, Olivier Hounton agent de e-commerce, c’est-à dire vendeur en ligne, toutes ses activités tournent autour de l’internet sans lequel il ne peut rien faire. Olivier Hounton dit avoir adopté le Point numérique communautaire (Pnc) d’Adjarra depuis son ouverture, il y a trois ans, par le ministère du Numérique et de la Digitalisation, pour faire son busines de vente en ligne et de cryptomonnaie. « Je viens souvent ici naviguer pour rechercher sur le Net des choses qui peuvent m’apporter de l’argent pour mon développement », confie-t-il. Olivier Hounton se réjouit surtout du coût et du niveau de la connexion adaptés, dit-il, à son job. Selon lui, il réussit à télécharger facilement des fichiers parfois lourds et analyser les informations sur un site pour gagner de l’argent. Une satisfaction que partage Boris Tozé qui s’est lancé aussi dans le e-commerce. Celui-ci dit venir de temps en temps au Pnc d’Adjarra pour rechercher sur Google et You Tube des offres nouvelles dans le domaine digital. Il apprécie la création du centre qui serait moins cher par rapport à la réalité dans les cyber cafés privés.

Utile et pratique

Tout comme à Adjarra, la commune d’Akpro-Missérété dispose aussi d’un Pnc installé à côté du centre des jeunes de la localité. Il est aussi très fréquenté par le public. René Bossou, étudiant en fin de formation à Porto-Novo, dit s‘y rendre presque tous les jours. Il y va faire ses travaux de recherches, des mises à jour de son téléphone et ordinateur portables. L’étudiant en fin de formation y va parfois pour faire aussi des téléchargements pouvant aller jusqu’à deux Giga. « Cela fait plaisir de voir des jeunes écoliers et élèves toucher déjà à l’ordinateur et à l’internet pour faire leurs travaux d’exposés et autres recherches académiques. Ce qui n’était pas le cas en notre temps », constate-t-il. Une joie que partage Féridjimi Sagbohan, web entrepreneur, spécialisé dans la rédaction web et la création de site internet. Il trouve que l’initiative du gouvernement de dématérialiser plusieurs services de l’administration publique est une bonne chose. Cette dématérialisation a soulagé beaucoup la population, constate Fatiou Nouatin, enseignant de Physique chimie et technologie à Bonou, un usager du Pnc d’Akpro-Missérété. Selon lui, les gens n’ont plus besoin de se déplacer forcément et parfois aller faire de longues queues avant d’obtenir certains papiers. Beaucoup de choses se font aujourd’hui en ligne via le e-services, se réjouit Fatiou Nouatin. «On ne peut plus se passer aujourd’hui de l’Internet. C’est devenu un outil incontournable. Tu peux être chez toi et recevoir tes actes administratifs et dans un délai court », poursuit-il. Ce qui a plus épaté Fatiou Nouatin est la mise en ligne des résultats scolaires. «Un candidat à un examen scolaire peut recevoir aujourd’hui ses résultats sans se déplacer vers les centres de délibération avec des risques d’accidents dus à une joie immense d’un candidat admis et qui ne se contrôle plus », salue l’enseignant à Bonou. Il encourage l’Etat à poursuivre sa politique de numérisation et de digitalisation en l’élargissant à d’autres secteurs qu’il juge utile pour apporter plus de bonheur à la population. Geneviève Boton, agent de santé à la retraite depuis 2018 dit être venue au Pnc d’akpro-Missérété pour déposer en ligne son dossier dans le cadre de l’opération de recensement des retraités en situation précaire qu’aurait lancé le gouvernement.

LIRE AUSSI:  Vente de noix de coco: Une activité florissante pour les vertus thérapeutiques d’un produit

De bouche à oreille

Fabrice Oké, électrotechnicien en formation, dit ne pas être trop accroc des services en ligne. Bien que conscient des avantages du numérique en termes de gain de temps et d’économie, il dit préférer traiter physiquement où il s’assure de l’identé de son interlocuteur. Fabrice Oké ne compte pas changer. Car, selon lui, c’est l’éducation que ses parents lui ont inculqué. Les services en ligne présenteraient, à l’en croire, des inconvénients dont des risques d’arnaque. Fabrice Oké fréquente néanmoins le Pnc d’Akpro-Missérété pour le téléchargement de certaines applications et la mise à jour de son portable. « Le service est mieux ici que chez les privés. C’est le temps acheté qui est utilisé réellement », apprécié-t-il. « Tu peux acheter ta connexion, laisser et revenir te connecter à tout moment pour reprendre la main. Ce qui n’est pas le cas avec les Gsm où la connexion disparait au bout d’un certain temps», poursuit-il. C’est pourquoi, Fabrice Oké dit ne pas regarder la distance en quittant Porto-Novo pour aller jusqu’à Akpro-Missérété faire ses travaux numériques nécessitant une connexion Wifi haut débit. Pour Jacob Dossou, technicien des systèmes informatiques et gérant du Pnc d’Akpro-Missérété, ses plus gros clients sont les étudiants, élèves, enseignants, qui viennent pour leurs recherches académiques puis les techniciens Gsm qui arrivent pour les travaux de reprogrammation et de téléchargement d’applications et logiciels pour la réparation des portables et ordinateurs. Les opérateurs économiques viennent aussi pour leurs travaux de factures normalisées. Selon lui, ses clients viennent parfois des villes environnantes, notamment Porto-Novo, et des localités de la Vallée de l’Ouémé. Ils ont adopté le centre parce que la bande passante y est rapide et le service moins cher, confie Jacob Dossou.

Les internautes trouvent leur bonheur aux Points numériques communautaires

«Le Pnc est d’une grande utilité. Les gens en parlent de bouche à oreille de sorte qu’on n’a même pas besoin de faire la publicité pour avoir la clientèle», indique-t-il. Selon lui, c’est par appel, au départ, qu’ils arrivaient à faire entrer les clients pour occuper les 10 postes connectés. Il fallait se lever tôt pour avoir accès à la salle et faire la queue un peu comme au niveau des banques. L’engouement a encore pris d’ampleur avec la politique du gouvernement de digitaliser la plupart des services de l’administration publique, constate le gestionnaire du Pnc d’Akpro-Missérété. Selon Jacop Dossou, les populations y affluent pour l’obtention de certaines pièces administratives telles que les actes d’état civil sécurisés, les fiches de paie, les casiers judiciaires, les passeports biométriques, le registre de commerce, les attestations de succès à l’examen de permis de conduire ainsi que la consultation des résultats des différents examens scolaires. Le déploiement du haut débit a permis à beaucoup de personnes d’avoir accès aux ressources numériques dans le département, relève-t-il.

LIRE AUSSI:  Quatrième édition du Prix Abdoulaye Fadiga: Un Togolais et deux Béninois primés par la BCEAO

Doléances

« L’engouement est dû d’abord au fait que les populations ne se déplacent plus vers les administrations pour obtenir ces pièces et ensuite à la qualité du débit et du service qui est accessible à toutes les bourses », souligne-t-il. La même affluence des clients s’observe au niveau du Pnc d’Adjarra installé en face de la mairie. Selon Duhamel Folly, administrateur réseau et gérant de ce centre, déjà à 7 h du matin, la salle est remplie par des clients qui viennent de la commune et des villes environnantes telles que Ifangni, Avrankou, Porto-Novo et ailleurs. Les gens se bousculaient pour prendre la connexion. «Tous mes 11 postes étaient occupés au point où j’allais même demander des sièges à la mairie pour pouvoir faire asseoir certains afin de leur permettre de naviguer avec la connexion Wifi», poursuit Duhamel Folly. «Mais depuis deux ans, l’affluence a baissé parce que la connexion n’est plus ce qu’elle était à l’ouverture du centre », déplore-t-il. La baisse de la connexion est aussi ressentie au niveau du Pnc d’Akpro-Missérété. Les gestionnaires des deux Pnc souhaitent vivement le retour à la normale du débit de la connexion afin de reconquérir leurs clients qui, selon eux, sont partis vers les start-up et cybers privés parce que découragés. « Nos clients ont besoin d’une bonne connexion pour travailler et tirer surtout les fichiers lourds », fait observer Duhamel Folly. La stabilité et la fluidité de la connexion sont importantes; surtout que tout est numérisé dans le pays, indique le gérant du Pnc d’Adjarra. La qualité du débit est fonction du prix, explique Adolphe Adjanohoun, promoteur d’un centre informatique et numérique à Porto-Novo. Selon lui, plus l’on a déboursé pour l’achat de la connexion, plus le débit est élevé. C’est la politique commerciale que pratiquent les entreprises qui leur vendent la connexion, détaille Adolphe Adjanohoun. Mais il dit avoir trouvé lui, de son côté, une astuce, pour booster la fluidité de la connexion. Il a installé un équipement, un nano station, une sorte de pylône de 30 mètres de hauteur environ pour fouetter et améliorer la qualité de la connexion. Selon lui, depuis l’installation de cet équipement, il y a trois semaines, les clients ne se plaignent plus du niveau de la connexion qui est davantage fluide. La seule difficulté d’Adolphe Adjanohoun, en ce moment, est la baisse de son chiffre d’affaires. Il a constaté le départ du gros lot de ses clients depuis que le gouvernement du Nouveau départ a renforcé la lutte contre la cybercriminalité. Ils ne viennent plus de peur d’être épinglés. « Les quelques rares clients qui continuent de fréquenter mon centre sont des élèves, étudiants, enseignants. Ils viennent naviguer pour leurs travaux de recherches et autres », confie Adolphe Adjanohoun sans pour autant fustiger la traque des cybercriminels.