Obsèques de Dah Agbalènon à Abomey: Impressions de quelques personnalités

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Blaise Ahanhanzo Glèlè, maire d’Abomey

Orden Alladatin, député Il sait se mettre à la disposition des autres. Je pourrais parler de deux choses essentielles : de la nature de l’homme et ensuite de son humilité et de son sens d’écoute et de respect pour les autres. Il sait se mettre à la disposition des autres. C’est un grand homme très humble et très effacé. Moi j’entendais déjà parler du nom avant de découvrir l’homme. Il m’a séduit surtout par sa sagesse et sa simplicité. Je dois aussi évoquer son engagement pour son terroir, son engagement pour le développement. Toutes ces qualités font l’homme. J’ai travaillé avec lui pour la cause du Nouveau départ et je peux affirmer que c’est vraiment un grand homme… Nous devons être à son image et travailler pour la cause du terroir. C’est ce terroir là qu’on nous a légué et nous devons l’entretenir et le léguer aux générations futures. C’est une œuvre collective et c’est à cela que nous nous engageons et tous les Béninois doivent s’y engager. C’est cet héritage que nous défendons et rien ne nous divise. Nous allons y parvenir chacun dans l’amour, la lumière, la foi et le dévouement espérant que notre pays se développe.

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Blaise Ahanhanzo Glèlè, maire d’Abomey
Il nous manque

A la recherche de Dieu, nos parents sont passés par les divinités et les dieux que nous connaissons aujourd’hui. Et à ce propos, Dah Agbalènon a été un fils adorable et magnifique pour les Aboméens. Aujourd’hui qu’il n’existe plus, nous devons honorer sa mémoire. Il me manque et manque aux habitants de cette ville. Qu’il nous illumine et qu’il nous aide à célébrer cette cible ! Dah Agbalènon était amoureux de son terroir. Il a commencé de nombreux travaux et je demande aux bonnes volontés de venir en aide à ses actions. C’est le plus grand témoignage que nous puissions lui rendre. Il a été de tous les combats pour la valorisation d’Abomey, de son patrimoine et de sa culture.

 

Albert Bienvenu Akoha, professeur d’université
Un combattant est tombé

Je retiens de l’homme l’impression d’un militant. C’est un homme passionné d’une cause. La réhabilitation des religions endogènes était sa préoccupation première et il s’y adonne corps et âme. Je respecte en lui son engagement et je le félicite pour sa force de caractère. J’ai travaillé avec lui. C’est un homme sincère et droit et qui met beaucoup de passions dans tout ce qu’il fait. Nous avons travaillé ensemble au sein d’une commission pour réformer le festival du Danxomè et à bien d’autres occasions. A chaque fois, il a témoigné ses qualités. Il aime les résultats. Nous avions d’autres chantiers en commun et nous devrions travailler sur la revalorisation du patrimoine immatériel d’Abomey. Je regrette que nous n’ayons pas eu le temps de concrétiser cet engagement que nous avions pris ensemble et pour lequel il s’était déjà dit prêt. C’est chemin faisant que j’ai compris que la santé était aussi une préoccupation pour lui. Un combattant est tombé, d’autres combattants sortiront de l’ombre pour prendre sa place?

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Michel Loucou alias Alèkpéhanhou, artiste chanteur
Pour moi, Dah Agbalènon est une icône

Dah Agbalènon est une icône de la culture endogène. Nous avons reçu la nouvelle de sa disparition avec tristesse. Tout l’honneur qui entoure sa disparition prouve qu’il a bien passé le peu de temps qu’il a eu sur terre. Si bien que c’est nous qui ne le voyons plus qui sommes dans le regret. Si réellement le royaume des cieux existe, c’est quelqu’un qui doit être accueilli dans ce royaume. Le culte auquel j’assiste ce matin retient davantage mon attention et j’ai été émerveillé. J’avoue que nous avons des richesses chez nous que certains banalisent. Je nous invite à avoir du regard pour notre culture.

Armand Gansè, directeur général de la Sogema
Dah Agbalènon a respecté la culture
Nous sommes là pour rendre un dernier hommage à notre illustre disparu. Ce que nous pouvons retenir, c’est que de son vivant, il a assuré la continuité de la religion endogène. C’est cette religion qu’avaient incarnée nos ancêtres et il est resté dans la même ligne. C’est dire que Agbalènon a respecté la culture et c’est pour ça que nous qui étions ses frères et ses amis, avons tenu à assister à sa dernière messe. J’avoue, au regard des messages qui ont été délivrés au cours de la célébration nous ont édifiés et ils nous invitent à aller vers la religion endogène parce que tous convergent vers Dieu. Personnellement, la cérémonie de ce matin m’amène à réfléchir davantage sur la question.

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Marcellin Ahonoukoun, député, douanier à la retraite
« Son œuvre doit être améliorée et perfectionnée »
Je suis venu assister aux obsèques d’un ami. Celui que nous sommes venus vénérer fut un collègue. Nous avons été inspecteurs des douanes et avons fait carrière ensemble. Notre existence, ce en quoi nous croyons, notre identité, tout le monde sait que c’est le vodoun et que nous pratiquons notre chrétienneté à travers le vodoun. Et cela peut nous apporter le développement. Il faut que ce que Agbalènon a fait soit amélioré et perfectionné. Le Pape est venu jusqu’ici nous valoriser. Nous devons mettre en valeur notre existence et notre identité. Nous pouvons en faire beaucoup de choses et faire gagner notre pays notamment à travers le tourisme?

Qui est Dah Agbalènon ?

Cyriaque Agbalènon à l’état civil, Dah Agbalènon depuis qu’il est passé au rang de dignitaire, était un inspecteur des douanes à la retraite. L’homme que pleure la communauté vodoun, depuis quelques semaines, était aussi jusqu’à sa mort le directeur général de l’Agence pour la réhabilitation de la cité historique d’Abomey (Archa) et chef suprême du vodoun Tôhouiyô Agbalè. S’il est passé dans les rangs des disciples de Saint Mathieu sans grand bruit, ce n’est pas parce qu’il n’en était pas l’un des meilleurs. « C’est un homme qui ne jure que par les résultats », témoigne-t-on à son propos. Douanier exemplaire avec de bons rendements, il aura été. Mais c’est beaucoup plus dans le domaine du culte endogène qu’il va se révéler un homme hors du commun. Il y a énormément investi. Son palais principal à Adingningon, il en a fait à la fois un lieu de vénération du culte vodoun mais aussi et surtout une bâtisse de promotion des divinités, de l’art, de la culture et une illustration du savoir-faire artistique et de valorisation des bas-reliefs d’Abomey.
Comme si cela ne suffisait, il a fait ériger la basilique du vodoun, la seule au monde. Une géante bâtisse en forme de caméléon au sein de laquelle il célébrait chaque dimanche, un culte dédié au vodoun-hwendo. Et c’est bien là une œuvre que retiendra l’humanité. Cette innovation sur fond de valorisation de la culture endogène est un témoignage éternel des bienfaits du vodoun à son endroit. De son vivant, il magnifiait le vodoun, ce qui justifie l’énorme investissement financier qu’il y a englouti. « Je suis né dans le vodoun, j’y ai grandi. Il m’a donné du travail, femmes, enfants et prospérité », soutenait-il. Pour lui, « le vodoun est le chemin qui mène vers Dieu ». A 60 ans, il semble avoir trouvé son chemin à lui. Lui qui, de son vivant, portait le célèbre nom Adanmanyikpohoué entendez, « Nul n’entre dans la tanière de la panthère avec fureur ».
J.F.M.

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