Orden Alladatin à propos de la démocratie béninoise: « Il est à espérer que l’Opposition s’organise mieux … »

Par Arnaud DOUMANHOUN,

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Orden Alladatin, président de la commission des lois au Parlement

Dans le cadre de la commémoration de la Journée internationale de la démocratie, mercredi 15 septembre dernier, l’honorable Orden Alladatin, président de la Commission des lois du parlement, a passé en revue les efforts consentis par le Bénin ces dernières années pour consolider son modèle et lance un appel à l’Opposition.

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LA NATION: Quelle définition donnez-vous du mot démocratie ?

Orden Alladatin : L’analyse croisée des concepts et définitions de la démocratie permet de retenir que la démocratie est un régime de gouvernement dans lequel les décisions politiques importantes reviennent au peuple. Il élit ses représentants par le vote. La démocratie est fondée sur des valeurs de liberté, d’égalité et l’obéissance aux lois. Mais ces valeurs et principes ne valent rien s’ils n’ont pas pour finalité le bien-être des populations, le développement humain.

Le Bénin est-il toujours un Etat démocratique ?

Les valeurs et principes démocratiques sus énoncés constituent des marques substantielles du Bénin depuis 1990. C’est de façon notoire que l’on observe qu’au Bénin, les élections sont organisées de façon régulière conformément à la Constitution et aux lois de la République ; la séparation des pouvoirs consacrée par la Constitution est effective et les institutions fonctionnent bien ; tous les Béninois sont égaux devant la Constitution et les lois de la République ; la liberté d’expression est réelle et nul n’est inquiété pour ses opinions. Aussi, les médias sont libres et accessibles à tous, les partis politiques animent librement la vie politique. L’Opposition a un statut et le chef de file de l’Opposition jouit pour la première fois au Bénin des prérogatives à lui conférées par les lois de la République. La grande différence entre hier et aujourd’hui est l’enrichissement de notre modèle par des règles et principes de bonne gouvernance pour une meilleure efficacité des institutions républicaines et de notre démocratie. Par ailleurs, l’alternance à la tête du pays est mieux consolidée par la Constitution révisée sous le président Talon qui stipule que ‘’Nul de sa vie ne peut faire plus de deux mandats’’.

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Est-ce à dire que le modèle béninois ne comporte pas de failles ?

Le modèle démocratique du Bénin a été caractérisé jusqu’à une période récente par un multipartisme débridé. Nous sommes allés jusqu’à 278 partis politiques à la veille des réformes politiques en cours ; une politisation de l’administration et la clochardisation de l’élite ; une mal gouvernance caractérisée par une corruption avancée. Autant de choses que nous sommes en train de conjuguer au passé. Avec les réformes politiques et administratives en cours dans le pays, il est a espérer que si le cap est maintenu, nous parviendrons à inverser durablement ces tendances lourdes qui ont longtemps annihilé les efforts consentis par les bonnes volontés et plombé notre développement depuis les indépendances.
Il nous faut consolider les réformes surtout politiques et administratives en cours ; assainir le paysage politique aux fins d’une meilleure efficacité de la démocratie. De ce point de vue, nul ne sera de trop. Il est à espérer que l’Opposition s’organise mieux pour prendre la place qui est la sienne dans le système.

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Que vous inspirent les coups d’Etat qui refont surface dans la sous-région ?

C’est triste pour le continent, ce jeu de ‘’tipenti’’ auquel les élites le soumettent depuis des lustres. C’est pour cela que les dirigeants africains doivent attacher plus de prix à l’assainissement de la vie politique, à la bonne gouvernance et à la lutte contre la corruption. Notre pays est sur la bonne voie.