« Où en sommes-nous ? »

Par Collaboration extérieure,

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Au début des années 60, c’était sous ce titre qu’un jeune secrétaire d’Etat à l’Information du premier gouvernement du président Hubert Koutoukou Maga, un certain Professeur Albert Tévoédjrè aujourd’hui disparu, publiait sa rubrique mensuelle ou hebdomadaire dans laquelle il rendait momentanément compte de la situation sociopolitique de notre pays le Dahomey aujourd’hui Bénin.

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En reprenant donc ce titre, la présente réflexion, sans prétention aucune ni forfanterie, ni ambition démesurée, voudrait tout simplement essayer de « tresser la nouvelle corde au bout de l’ancienne » que cet aîné avait tressée !
Ainsi donc depuis le 23 mai 2021, jour de la Pentecôte pour le peuple chrétien, les lampions se sont éteints, et les tam-tams se sont tus sur l’ élection présidentielle dans notre pays. Et avec sa prestation de serment, le président réélu par le peuple souverain a officiellement entamé son second mandat de cinq ans qui, en principe, court du 23 mai 2021 au 22 mai 2026 inclus.
Depuis le 1er août 1960, date de son accession à la souveraineté internationale, notre pays et son peuple militant dans leur quête pour des lendemains qui chantent ont connu plusieurs soubresauts.
Ainsi, il faut distinguer la période de 1960 à 1972. Au cours de cette période, notre pays a enregistré dans son histoire environ une demi-douzaine de coups d’Etat militaires, et était qualifié « d’enfant malade de l’Afrique » !
Puis, il y eut la période de 1972 à 1989 qualifiée de période «Révolutionnaire » où un régime militaro-marxiste dirigea le pays.
Enfin, de 1990, année de l’inoubliable « Conférence nationale souveraine » à nos jours, période que nous avons tous baptisée période démocratique, le peuple béninois n’a jamais baissé les bras. Mais il n’avait pas encore réalisé son destin.
Ainsi, le pays était victime de la corruption, et à la merci des hommes politiques de tous poils et de tout pelage, foncièrement très cupides. C’est là où nous en étions lorsqu’en 2016 un brave fils du pays sorti de nulle part, dont le courage n’a d’égal à l’intérieur que celui de Bio Guerra, de Kaba et de Béhanzin et à l’extérieur celui de Nelson Mandela, d’ Abraham Lincoln, de l’empereur Japonais Meiji, ou du leader Chinois Deng Xiao Ping, après avoir mûrement réfléchi, agissant tel un coach sportif qui a longtemps observé un match de football, a fini par en saisir tous les contours et décida d’intervenir pour sauver le peuple victime. C’est ainsi que Patrice Athanase Guillaume Talon se présenta au suffrage du peuple en 2016 avec comme leitmotiv deux groupes de mots à savoir la rupture et le nouveau départ.
Il lui a fallu d’abord convaincre le peuple que cette rupture et ce nouveau départ n’ont rien de commun avec ce qui s’est passé dans notre pays depuis 1960, car ce pays-là dans sa longue expérience en a vu plus d’un !
Aujourd’hui, le peuple a compris que Talon était celui qu’il attendait ! Une chance pour lui. Il dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit, ce qu’il promet ! Désormais et enfin, notre pays a un président et un vrai. En cinq années, il a réformé de fond en comble le pays ! Depuis son infrastructure jusqu’à sa superstructure sans oublier son administration.
Mais avant toute chose, lui et ses collaborateurs s’étaient dotés d’une boussole, car rappelons-nous, « qui veut aller loin ménage sa monture ! » Et ce fut la rédaction du (Pag) comme Programme d’action du gouvernement ; (Pag) comme Patrice Athanase Guillaume. Ce n’est pas le fruit du hasard ! C’est tout simplement que le président Talon a le Pag dans son Adn !
Il a transformé notre pays en cinq années du tout au tout dans tous les secteurs de la vie nationale et a rendu les Béninois fiers d’être de ce pays. Et grâce au Pag, le Bénin est en train de rattraper son retard sur les autres Etats de la sous-région !!!
Mais alors, il y a une pierre où les choses ont achoppé ! Comme chacun sait, les réformes politiques sont difficilement acceptées en Afrique.

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De quoi s’agit-il ?

Depuis 1990, et l’avènement de la démocratie dans notre pays, les partis politiques ont éclos de toutes parts à telle enseigne que les médias ont parlé à juste titre de clubs électoraux qui naissent à l’approche des élections et qui disparaissent telle la neige au soleil dès que les élections sont passées. Certains partis avaient même comme nom les initiales de leur « président-fondateur»! C’était une honte pour notre pays et pour notre démocratie. Le Bénin en est arrivé à compter jusqu’à près de trois cents partis politiques ! Un journal avait alors dénoncé la « pléthore de partis, maladie infantile de la démocratie ».
Et ça, tous les hommes politiques de ce pays le savaient et se tenaient pourtant coi !!! Mais, le président Talon, oui encore lui, a alors décidé de «faire quelque chose » pour mettre un terme à cet état de choses qui n’honorait personne. Ce « quelque chose» a débouché sur la naissance de l’Union progressiste (Up) et le Bloc républicain (Br) en fin d’année 2019 ! Et pour l’observateur averti ou non, il est surpris et heureusement étonné de retrouver dans un même parti politique, les honorables, Ange-Marie Bruno Amoussou, ancien président fondateur du parti Social démocrate (Psd), Antoine Kolawolé Idji du Madep, Pascal Irené Koupaki, Mathurin Coffi Nago, etc. Tous membres de différents partis politiques importants sur l’échiquier national qui se sont « sabordés » pour que ça marche et pour la paix.
De la même façon, le Bloc républicain regroupe en son sein, Abdoulaye Bio Tchané, le général Robert Gbian et Jean Michel Abimbola avant sa démission. Qui l’eût cru ? Il n’y a pas si longtemps que cela.
C’est vrai, il n’y a là rien de définitif, ni rien de bien solide, dira-t-on, mais c’est déjà quelque chose de fait. C’est encourageant et à encourager. Et là encore, c’est bien sûr l’œuvre de qui vous savez, c’est-à-dire du président Talon. Prions donc que cette tendance devienne irréversible et que les autres partis politiques acceptent de se regrouper eux aussi.
Du coup, à la veille de l’élection présidentielle du 11 avril 2021, notre pays s’est retrouvé avec environ une dizaine de partis politiques au lieu de trois cents (300).
Le « quelque chose » que le président Talon avait proposé se trouvait au « milieu du gué» comme un navire en croisière lorsque l’échéance de l’ élection présidentielle était arrivée. Là aussi, le président n’a pas hésité à prendre ses responsabilités pour que cette élection, malgré la loi, soit la plus inclusive possible.
En effet, entre autres, la loi fait obligation aux candidats à cette élection d’être parrainés par des députés à l’Assemblée nationale et/ ou des maires de nos communes.
Les engagements pris en ce moment-là par le président Talon à cause surtout de la configuration actuelle de l’Assemblée nationale et des mairies devraient permettre à quelques partis de l’opposition de présenter des candidats à ladite élection.
Mais certains candidats desdits partis avaient tout simplement décliné les offres de parrainage des députés et des maires sous prétexte que ceux-ci n’émanaient pas de leurs formations politiques. Ce sont des citoyens béninois et c’est leur droit de décliner l’offre. Mais alors, il fallait en assumer les conséquences.
Le refus d’assumer les conséquences de leurs actes aura été la base des troubles sociaux enregistrés dans notre pays au cours de la dernière élection présidentielle, car l’Etat béninois ne pouvait pas modifier les lois votées par nos honorables députés pour satisfaire les desiderata des candidats de l’opposition. C’était à eux de se conformer à la loi et force doit rester à la loi.
Le résultat est que les candidatures à la présidentielle de ces opposants avaient été rejetées par la Cena comme non-conformes aux exigences de la loi en vigueur. Comme quoi « dura lex, sed lex ! » La loi est dure, mais c’est la loi !
Il s’en est suivi des protestations actives de ces candidats qui ont débouché sur des troubles sociaux et des arrestations subséquentes. L’opposition n’a pas certainement, à cause de son jeune âge, saisi le sens de cette concession faite au nom de la paix.
La justice béninoise est à l’œuvre à cet effet et n’a pas encore achevé de jouer sa partition dans ces dossiers. Quelles que soient les conclusions auxquelles aboutiront les travaux de notre justice, mes certitudes d’incertitudes me disent que le chef de l’Etat ayant le dernier mot dans toute cette histoire, interviendra en père de la nation pour la paix dans notre pays. La condition sine qua non est que l’opposition joue le jeu et entre dans l’obéissance aux lois de la République.

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Où en sommes-nous ?

Le Pag poursuit son exécution mais il va falloir que les Béninois apprennent à décrypter le langage de leur président, car il fait ce qu’il dit. En effet, au lendemain de sa brillante réélection, le chef de l’Etat devant les hommes politiques venus le congratuler en son domicile disait, notamment parlant de ses collaborateurs, je cite : « Ceux qui étaient là et sont là seront encore toujours là !… ». Tout avait alors été dit.
Mais alors, on comprend difficilement l’étonnement des Béninois devant la reconduction des membres du gouvernement à leurs postes de ministres sauf trois (03) qui ne répondaient pas à l’appel pour avoir été appelés à d’autres fonctions. Par exemple, lorsqu’il affirme que le train du Bénin est en marche et ne s’arrêtera plus, c’est qu’il a déjà prévu la relève politique ! En Chine, Deng Xiao Ping n’est plus mais ceux qui dirigent le pays aujourd’hui sont ses disciples.
Le président a promis de s’intéresser, au cours de ce nouveau mandat, à sa jeunesse, à la jeunesse de son pays et de faire beaucoup plus de social.
Je puis hic et nunc vous en garantir la réalité, car ne l’oublions pas, « il fait ce qu’il dit. » C’est peut-être ici le moment et le lieu de demander aux « usines de formateurs de chômeurs » qu’il est temps et grand temps, de redonner de nouvelles orientations aux formations dispensées à nos enfants dans leurs universités et autres écoles privées. Car pour les écoles et universités publiques, le gouvernement s’en chargera certainement. Nous voulons que nos enfants apprennent à « lier le bois au bois », comme le jeune docteur en pharmacie et grand ébéniste à la fois auquel le président Talon a accordé une audience au cours du mois de juin 2021.
Pour ce qui me concerne, déjà en 1982 à Paris, j’avais fait la rencontre d’un Français spécialiste de la formation des jeunes et qui aimait l’Afrique, pour ne pas le citer il s’appelait monsieur
Guillou. Au cours de nos échanges, il m’avait dit en substance : «la plupart des jeunes Africains que je reçois ici dans mon bureau, et Dieu sait que j’en reçois, me disent que ici en France, ils font des études de gestion !
Pour aller gérer quoi ? Alors que dans les grandes villes africaines où je suis allé plus d’une fois, il n’y a nulle part personne pour fabriquer des lunettes. »

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Où en sommes-nous !

En janvier 2022, le Cameroun organisera la prochaine Coupe d’Afrique des nations (Can). Mais hélas ! le Bénin n’y prendra pas part pour avoir été éliminé par la Sierra Leone. Ainsi, dans la poule où nous étions censés émerger, le premier qualifié est le Nigeria, le deuxième est la Sierra Leone, et le Bénin n’occupe que la troisième place, synonyme d’élimination.
La pratique dans le domaine du sport de haut niveau et de façon spécifique dans le football voudrait que, dès que cela ne marche pas pour l’équipe, le sélectionneur soit « sauté tel un fusible » et remplacé. Je pense, dans cette situation présente, que le Bénin a bien fait de garder Monsieur Dussuyer jusqu’à la fin de l’année tout au moins en vue de la préparation de notre « onze national » pour les éliminatoires de la Coupe du monde !
En effet, notre équipe est bonne. Mais elle doit s’améliorer sur la base de toutes ses expériences acquises pour être classée parmi les meilleures d’Afrique.

De quoi s’agit-il ?

Notre « onze national », les « Ecureuils », est doté d’une bonne défense mais aujourd’hui, il n’a pas d’attaque et le résultat, c’est qu’il ne marque pas de but pendant que tout le match pèse sur la défense. Et malgré la qualité du gardien, l’équipe finit par perdre ses matches.
Pour l’instant, « les Ecureuils » disposent de trois éléments dans leur attaque :
Michael Poté, il est vieillissant et fait ce qu’il peut.
Jodel Dossou est jeune et en devenir pour le moment, il doit progresser.
Mounier, le seul vrai attaquant valable pour le moment, se retrouve souvent seul dans le camp adverse où il peut alors faire peu de chose, dans tous les cas pas scorer !
Mais la rupture et le nouveau départ ne sont pas en manque d’imaginations pour trouver une solution au problème qui se pose. On est en train de ressusciter le championnat scolaire qui constituait le vivier d’où émergeaient les éléments qui constituaient notre équipe nationale.

L’espoir est donc permis !

Où sommes-nous ?

Le peuple béninois est au travail.
Cotonou, le 27 juin 2021

Par Albert KIKI

Ministre Plénipotentiaire à la retraite