Ouverture de l’année pastorale: Mgr Roger Houngbédji exhorte à la fraternité véritable

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE,

  Rubrique(s): Actualités |   Commentaires: Commentaires fermés sur Ouverture de l’année pastorale: Mgr Roger Houngbédji exhorte à la fraternité véritable


Mgr Roger Houngbédji

L’archevêque de Cotonou Mgr Roger Houngbédji, a présidé, samedi 20 octobre dernier, la messe solennelle d’ouverture de l’année pastorale 2018-2019 en présence d’une foule immense de clercs et de fidèles chrétiens catholiques de l’archidiocèse de Cotonou. Le père Abel Chanhoun revient sur les grandes lignes de cette célébration et le message de l’ordinaire des lieux au titre de la nouvelle année pastorale qui s’ouvre.

LIRE AUSSI:  Formation-emploi : Une école de la fibre va s’ouvrir au Bénin

La Nation : Que doivent comprendre nos lecteurs de l’ouverture de l’année pastorale ?

Père Abel Chanhoun : Chacun est habitué aux années civiles, académiques ou universitaires. Il y a aussi l’année pastorale qui englobe des activités liturgiques et apostoliques. Mettons-nous bien d’accord que la pastorale prend en compte les besoins spirituels des communautés chrétiennes. Elle aide à approfondir la foi, l’espérance et la charité des fidèles, sans oublier le dialogue avec les non-croyants ainsi que toute la communauté humaine. C’est important, pour chacun, de rentrer dans l’esprit de chaque année pastorale.

Quel est le thème retenu pour l’année pastorale 2018-2019 et que doit-on retenir du message délivré par Mgr Roger Houngbédji à l’occasion ?

Le thème de cette année est »La communion fraternelle ». Il faut en retenir les aspects essentiels de l’Eglise Famille de Dieu, les gestes de solidarité et d’ouverture aux autres. La Lettre pastorale « Un seul cœur et une seule âme » donne des pistes intéressantes aux numéros 7 (Saphire et Ananie : argent et mensonge), 8 (implication de l’unité trinitaire) et 9 (Onésime et incidence du baptême), 14 (« véritable égalité quant à la dignité et l’activité »), entre autres. Cette lettre touche les fidèles laïcs, les prêtres et les personnes consacrées. C’est la raison pour laquelle le père Barnabé Bocovo, la sœur Lydie Djivoedo et Mme Gisèle Ogounlety sont intervenus à Sainte Thérèse de Godomey, en ce jour du 20 Octobre 2018. Chacun, à son niveau, doit en retenir au titre des valeurs à cultiver la réconciliation, qui sera d’ailleurs célébrée le samedi de la 4e semaine de carême, la fraternité, la promotion d’une spiritualité de la communion et la guérison des blessures intérieures. A mon avis, les familles et les communautés ecclésiales de base(cf. numéro 16), les paroisses et communautés religieuses pourront servir de levier pour la pratique de la communion fraternelle.

LIRE AUSSI:  Débat budgétaire en commission au Parlement: Le budget de la Haute cour de justice réduit de moitié

D’autres recommandations à l’endroit des fidèles ?

Le numéro 17 de la lettre est assez explicite (initiatives de solidarité matérielle et spirituelle entre paroisses et structures diocésaines ; et ouverture fraternelle dans les groupes mouvements ; associations et communautés nouvelles). Mais auparavant, il y a le numéro 13 (examen de conscience et approfondissement de la grâce de la filiation divine). Ce numéro me semble fondamental quant au lien à établir entre vérité et amour. On pourrait alors tirer toutes les conséquences du numéro 10 de la lettre que j’exhorte chacun à lire (Eglise comme lieu d’entraide et de solidarité [cf. Ac 2,42-44]). On pourrait s’attarder sur le numéro12 (syndrome de Caïn ; jalousie, envie morbide, calomnie, médisance, haine) sans négliger le numéro 11 (déraciner le syndrome d’Ananie et de Saphire).

La communion fraternelle concerne-t-elle exclusivement l’archidiocèse de Cotonou ?

Evidemment non. Il y a quatre dimensions importantes de cette communion notamment la communion avec Dieu, la communion avec la hiérarchie, la communion entre les membres d’une même Eglise puis la communion avec les autres diocèses ou avec l’Eglise universelle et la communauté humaine.Vous savez que depuis Saint Ignace d’Antioche, on a affirmé l’unicité de l’épiscopat qui traduit à son tour l’unité dans laquelle tous se trouvent rassemblés à la table du Seigneur. Chacun ne va pas à la recherche des personnes qui lui sont sympathiques. Il s’efforce plutôt d’accueillir le Seigneur avec tous ceux qui croient en lui en un lieu déterminé. Ces derniers sont des frères et sœurs que le Seigneur lui donne. Pour faire bref, il faut valoriser l’unité de l’unique Eglise dans l’Eglise locale en tenant compte du principe selon lequel là où se trouve Pierre (Evêque de Rome), là se trouve l’Eglise et là où se trouve l’évêque, là se trouve l’Eglise(ubi Petrus, ibiecclesia ; ubiepiscopus, ibiecclesia). Il va sans dire qu’on ne saurait occulter l’aspect dynamique de l’Eglise que révèle le Christ : « J’ai d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie… ».

LIRE AUSSI:  Cos/Lépi 2020: Gilbert Bangana élu président du Cos/Lépi 2020

Quel est votre mot de fin ?

La messe s’est achevée par l’envoi en mission. Chacun est en mission pour la communion fraternelle. Je dirais, pour citer le pape François, que chacun est une mission (cf. Evangeliigaudium 273).