Ouverture de l’embouchure d’Avlo: Mission réussie pour le ministère du Cadre de vie

Par Désiré C. VIGAN A/R Mono Couffo,

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Embouchure Avlo

Prévus pour durer une dizaine de jours, les travaux d’ouverture de l’embouchure d’Avlo, dans la commune de Grand-Popo, ont pris fin un peu plus tôt, samedi 19 juin dernier. Le résultat des moyens mobilisés par le ministère du Cadre de vie et du Développement durable se situe au-delà des prévisions.

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Les populations riveraines des lagunes côtières touchées par des inondations retrouvent le sourire. Les travaux engagés dans le cadre de l’ouverture de l’embouchure d’Avlo dénommée la « Bouche du Roy » se sont soldés par un succès éclatant expliquant le retrait, un peu plus tôt que prévu, des eaux des exploitations agricoles, des habitations et des infrastructures communautaires. Les travaux engagés, jeudi 17 juin dernier, devraient permettre de désengorger l’embouchure, au bout d’une dizaine de jours, des tas de sable « sur une centaine de mètres ». Mais contre toute attente, la pelle mécanique et la drague mobilisées n’ont eu qu’à ouvrir deux tranchées, de six mètres chacune. Pour le reste, «Nous avons eu la chance que la lagune de Grand-Popo a parfait le travail », a expliqué Bernadette Ahouangbè Fanou, directrice départementale du Cadre de vie et du Développement durable du Mono et du Couffo. Elle détaille que de la dizaine de mètres d’ouverture qui a été réalisée, on est passé à 150 mètres deux jours après, soit le dimanche 20 juin. Ceci, du fait de la pression des eaux retenues au niveau de la lagune, ajoute-t-elle, déduisant que « le phénomène est rétabli ». Autrement dit, poursuit-elle, « tout ce qu’il y a comme eau du fleuve Mono, du fleuve Couffo, du Lac Ahémé drainée par les chenaux pour venir établir ici l’équilibre naturel par l’embouchure, c’est -à-dire passer par la lagune de Grand-Popo, toutes ces eaux sont déjà en train d’être drainées ». Le constat a été fait, lundi dernier, au niveau du pluviomètre implanté sous le vieux pont d’Onkwihoué, dans la commune de Grand-Popo. Peu avant, à Guézin, on constate aussi que le niveau d’eau a commencé par baisser de part et d’autre de la route inter-Etats. De même, selon la directrice départementale, les populations commencent par le ressentir dans leurs champs et au niveau de leurs habitations. Le bassin du fleuve Mono se présente comme un ensemble de vases communicants : le Lac Ahémé, le fleuve Couffo et le fleuve Mono communiquent entre eux et leurs eaux convergent vers la lagune de Grand-Popo afin d’être jetées dans la mer et le mouvement naturel continue, précise la directrice départementale du Cadre de vie et du Développement durable.

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Le bon moment

A la faveur d’une première visite effectuée, jeudi dernier, sur le site de l’embouchure en vue de constater l’effectivité du démarrage des travaux, des cadres du ministère en charge du Cadre de vie ont justifié le temps mis avant de procéder à l’ouverture de la « Bouche du Roy ». Selon eux, il s’agit d’une décision qui se prend avec circonspection. Puisque les inondations ne sont pas perçues sous le même prisme selon que l’on est pêcheur ou acteur évoluant dans un autre secteur d’activité. « Quand il y a inondation, des populations ont également des avantages: les plaines sont inondées et cela augmente la productivité du lac, les poissons trouvent des abris, des espaces où ils se reproduisent davantage »,
explique Martin Gbedey, directeur général de l’Agence pour le développement intégré de la zone économique du lac Ahémé et de ses chenaux (Adelac). De ce fait, poursuit-il,
« quand nous avons commencé à interroger, nous avons eu une part importante de la population qui a souhaité qu’on attende jusqu’à mi-juillet, qu’on laisse cette attitude du lac à reproduire ».
Mais puisqu’il faut concilier les contraires, trouver le juste milieu, révèle le Dg/Adelac, les autorités ont décidé de ne pas attendre plus longtemps avant d’ordonner l’ouverture de la tranchée. Selon lui, l’Etat a répondu au « bon moment ».
L’Adelac a pour mission principale la réhabilitation du lac Ahémé et de ses chenaux à travers des opérations de dragage sectoriel et partiel pour permettre à l’ensemble du plan d’eau de retrouver sa productivité et son écosystème normal. Il faut rappeler qu’une circulaire du ministère de Cadre de vie et du Développement durable avait appelé à la patience avant de passer à l’acte, jeudi dernier, alors que des voix s’élevaient pour demander l’ouverture un peu plus tôt de la « Bouche du Roy ».