Ouverture du 7e Salon africain de l’invention et de l’innovation technologique: Le Bénin plaide pour la création d’un fonds d’appui pour les inventeurs

Par Pintos GNANGNON,

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les officiels après l’ouverture

Neuf ans après Bamako au Mali, Cotonou accueille le 7e salon de l’invention et de l’innovation technologique. La cérémonie d’ouverture de l’évènement a été présidée, ce jeudi 25 octobre à Cotonou, par le ministre d’Etat, chargé du Plan et du développement, Abdoulaye Bio Tchané. Il avait à ses côtés trois autres ministres du gouvernement, notamment ceux en charge de la Santé, Benjamin Hounkpatin, de la Microfinance, Bintou Taro Chabi Adam, de l’Industrie et du Commerce, Serge Ahissou.

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Le Salon de l’invention et de l’innovation technologique est un cadre de rencontres, d’échanges entre inventeurs, chercheurs, institutions financières et entreprises de l’espace de l’Organisation africaine de la propriété industrielle (Oapi) créée en 1997. 

Sa création vient en réponse à la volonté des ministres en charge de l’Industrie des Etats membres de l’Oapi qui ont, au cours d’une réunion tenue en 1992 en Côte d’Ivoire, lancé une déclaration dite d’Abidjan, où ils avaient demandé à l’Oapi d’aller au-delà de sa mission en s’impliquant dans le développement technologique. L’Oapi avait également en projet la création du Fonds d’aide à la promotion de l’invention et de l’innovation.
Le ministre de l’Industrie et du commerce, Serge Ahissou, président du comité d’organisation du salon, a rappelé que la candidature du Bénin pour l’organisation du présent salon a été retenue par le conseil d’administration de l’Oapi lors de la 56e session tenue à Nouakchott en Mauritanie. « Il y a eu des péripéties qui ont fait repousser à chaque fois la tenue du salon », révèle-t-il, ajoutant que la tenue du salon est un challenge pour le Bénin.
S’agissant du Saiit, le directeur général de l’Oapi, Dénis Bohoussou, affirme qu’il lui est assigné comme objectifs de promouvoir un esprit de créativité et l’évaluation de son niveau de créativité en Afrique, puis d’offrir un plateau d’échange de technologie entre les inventeurs et les opérateurs économiques. Il s’agit, selon le directeur général, de doter les Etats membres en capacité technologique leur permettant de transformer sur place les matières premières et ressources naturelles pour lesquelles ils disposent d’un avantage comparatif.
Il explique que les œuvres exposées à l’occasion du salon donnent une idée du niveau de créativité dans les Etats membres. Ainsi, les stands apparaissent comme des lieux où les chercheurs et inventeurs participant au salon présenteront le fruit de leur recherche, feront connaître les résultats des efforts de recherche au niveau national. Ils amèneront les entreprises à investir dans la valorisation et l’exploitation des créations techniques des chercheurs et inventeurs africains et d’amener le public à soutenir et à consommer les produits de la recherche et de l’innovation nationales. Le salon permet aussi aux inventeurs présents à l’édition de Cotonou d’être informés sur des questions liées à la valorisation de leurs œuvres, afin qu’à travers elles, se créent des entreprises industrielles innovantes.

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Pas une fin en soi

« L’organisation d’un salon des inventions n’est pas une fin en soi », souligne le directeur général de l’Oapi, qui affirme qu’il est nécessaire de l’accompagner de mesures institutionnelles et financières et d’autres mécanismes de promotion, si l’on veut relever les défis que pose le développement technologique de l’espace Oapi.
Pour le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, le secteur de l’invention et de l’innovation technologique est créateur d’emplois, et l’ambition du chef de l’Etat est de travailler à le révéler au Bénin. « Le gouvernement a prévu dans son programme d’action la création d’une cité de l’innovation à vocation internationale pour abriter de grandes écoles, des centres d’éclosion », informe-t-il en précisant que le gouvernement rêve pour le Bénin et pour l’Afrique d’avoir des Steve Jobs. Abdoulaye Bio Tchané invite l’Oapi à accompagner les inventions de différents Etats membres en leur faisant bénéficier de fonds d’appui.
Consciente de l’ampleur et de la diversité des actions et des mesures nécessaires pour soutenir la créativité et la valorisation des résultats de recherche, l’Oapi a mis en place des mécanismes. Il s’agit du soutien aux activités de recherche et développement technologique, en amont de la délivrance de brevets en faveur des chercheurs des Etats membres, de la contribution aux frais de dépôt pour les inventeurs désignés par les Etats membres y compris les universités et centres de recherche, la prise en charge des frais de participation au Saiit de deux inventeurs par Etats membres et l’appui financier aux inventeurs méritants pour leur participation à des salons internationaux afin de faire connaître leurs œuvres et d’accéder à des opportunités d’affaires avec des partenaires.
En marge du salon, l’Oapi organise une compétition interuniversitaire baptisée « P.I Challenge » pour permettre aux étudiants de se familiariser avec la propriété intellectuelle et d’en comprendre l’enjeu pour le développement.