Parc de l’ambassade de France au Bénin : Singulier refuge de la biodiversité

Par Fulbert Adjimehossou,

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arc de l’ambassade de France au Bénin Singulier refuge de la biodiversitéLes visiteurs découvrent dans ce parc une biodiversité riche et attractive

Le parc de l’ambassade de France au Bénin retient l’attention des usagers de l’avenue Jean-Paul II à Cotonou par ses grands arbres. C’est un poumon vert que des acteurs de la protection de l’environnement et quelques personnalités ont découvert dans la matinée de ce lundi 23 mai 2022.

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Réveil chaleureux pour la faune aviaire dans un paysage doux. Aussitôt le parc pénétré, les visiteurs découvrent un orchestre dans les feuillages qui semble marquer son territoire, par des chants mélodieux.
«Là, vous entendez le martin-chasseur », signale Constant Houétchénou, un des guides de la journée qui imite si bien cet oiseau au bec bicolore distinctif et au dos de couleurs bleu azur et noire. Chaque espèce fait preuve de créativité pour se faire remarquer, de près ou de loin.
De ses pas majestueux, l’emblématique paon se présente pour accueillir les visiteurs. Le Bubul des jardins (Hêtablè en Fongbé) ne passe pas inaperçu, avec sa longue queue qui dépasse ses ailes courtes. Somnolant ce matin dans les arbres, les chauves-souris sont plutôt au repos. Leur impressionnant ballet n’est attendu qu’à la tombée de la nuit pour accompagner le coucher des oiseaux diurnes, sous le regard acéré des milans noirs.
C’est une ambiance atypique à laquelle Marc Vizy, ambassadeur de France près le Bénin, est habitué, lui qui, chaque matin, voit un des calaos cogner la fenêtre de son séjour. «Comme vous le voyez, il y a de la vie. Tous les matins, quand je me réveille et que je prends mon petit déjeuner au dernier étage de la résidence, il y a un calao qui vient taper à la vitre. Un calao à bec noir, qui est un oiseau relativement rare en ville. Ce qui montre bien que ce parc est un poumon de Cotonou. C’est important de le préserver. C’est aussi important de le faire découvrir. C’est pour cela qu’à l’occasion de la Journée internationale de la biodiversité, on a décidé de le faire visiter aux familles du personnel, à quelques personnalités. Ensuite, on a toute une série de classes. On a permis à une centaine de personnes de venir faire ce tour», confie-t-il.

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Apaisant !

Cette visite guidée organisée au lendemain de l’édition 2022 de la Journée internationale de la biodiversité a replongé les visiteurs au cœur de la «Vie » sous toutes ses formes. Puisque dans ce parc vieux de plus de 60 ans, aménagé, de 6,6 ha, il n’y a pas que la faune qui règne. Il y a aussi la flore. Ce sont plus de 80 espèces avec une bonne partie présente à la création de l’ambassade. «Je suis ici depuis 25 ans. Je suis venu voir certaines espèces sur place. Des arbres ont déjà fait trois décennies avant mon arrivée ici. Les vieux filaos que vous voyez étaient là avant l’implantation de l’ambassade. Les paons ont été ramenés par les premiers Français ayant occupé l’ambassade. Avec professionnalisme, nous avons commencé par en rajouter. Nous avons mis en place un programme d’abattage de vieux cocotiers et de vieux arbres qui ne tiennent plus et qui commencent par tomber d’eux-mêmes », précise Jean Luc Amadji, jardinier en chef du parc.
Le parc est structuré en quatre zones : la zone des palmiers, le verger, les espaces verts et la forêt claire. Il contient plus de 40 espèces ornementales, allant des fleurs aux palmiers exotiques en passant par les espèces fruitières. On retrouve sur place des essences forestières introduites ainsi que des espèces qui ont un lien intime avec le sacré. «C’est un peu historique aussi puisqu’on reconnaît qu’il y avait une cocoteraie qui a donné le nom Les Cocotiers au quartier juste opposé. L’espace a été bien préservé au point d’attirer d’autres espèces animales. Il y a beaucoup d’insectes aussi. C’est une initiative à encourager parce que nous sommes dépendants de cette biodiversité qui est en train de s’éroder de plus en plus», fait savoir Georg Georgen, entomologiste à International Institute of Tropical Agriculture (Iita).
Le point focal de la Convention de la diversité biologique au Bénin, Dr. Augustin Orou Matilo, en est également fier. « Il faut multiplier ces sites pour la conservation de la biodiversité », martèle-t-il. Parce que comme le souligne le thème de la Journée internationale de la biodiversité, il faut « Bâtir un avenir commun à toutes les formes de vie ». Avec son cri strident, le martin-chasseur semble le rappeler à ses hôtes, les humains.