Parlement/ Etude de la loi de finances gestion 2023: Quatre ministres planchent devant la commission budgétaire

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau,

  Rubrique(s): Actualités |   Commentaires: Commentaires fermés sur Parlement/ Etude de la loi de finances gestion 2023: Quatre ministres planchent devant la commission budgétaire


Le ministre Salimane Karimou en charge des Enseignements maternel et primaire et ses collègues Benjamin Hounkpatin de la Santé, Alassane Séïdou de l’Intérieur et de la Sécurité publique ainsi que Jean-Michel Abimbola en charge du Tourisme, de la Culture et des Arts ont, chacun, défilé devant la commission budgétaire du Parlement, vendredi 18 novembre dernier, pour présenter les grandes lignes du projet de budget de l’Etat gestion 2023 de leurs différents secteurs.

LIRE AUSSI:  Projet d’appui à la promotion des services financiers ruraux: Clôture anticipée pour mauvaise gestion

168, 618 709 milliards FCfa pour le Memp

Les prévisions budgétaires, pour la gestion 2023, du ministère des Enseignements maternel et primaire (Memp), sont évaluées à 168 618 709 000 F Cfa contre 139 360 142 000 F Cfa en 2022, soit une hausse de 29 258 567 000, correspondant à un taux de 20,99 %. Ce budget est composé de dépenses ordinaires pour 159 757 627 000 F Cfa et de dépenses en capital pour un montant de 8 861 055 000 F Cfa. Les dépenses ordinaires comprennent les dépenses de personnel évaluées à 121 964 306 000 F Cfa contre 91 069 062 000 F Cfa en 2022 ; les achats de biens et services établis à 15 627 808 000 F Cfa contre
12 019 069 000 F Cfa au titre des crédits ouverts en 2022. Quant aux dépenses de transferts, elles sont estimées à 22 165 510 000 F Cfa contre 22 900 844 000 F Cfa cette année.
Les dépenses en capital sont fixées à 8 861 085 000 F Cfa contre 13 371 167 000 F Cfa, soit une baisse de 4 510 082 000 F Cfa. Cette diminution est due, renseigne la note de présentation du ministre, à l’absence des ressources extérieures à cause de la clôture actuelle des projets à financement mixte.
Au titre de la gestion 2023, deux anciens projets cofinancés figurent au Programme d’investissements publics (Pip) du Memp, renseigne la note de présentation du ministre Salimane Karimou. Il s’agit du Programme de construction et d’équipement d’écoles primaires dans le département de l’Atlantique, Japon Phase VI (Japon VI) et du Programme «Un élève sous un toit, une classe et un maître pour l’enseignement primaire» de la Banque islamique de développement (Bid) Bid 4. De même, le Memp a prévu d’opérer un transfert d’un montant de
5 184 000 000 F Cfa aux communes pour les construction et/ou réfection d’infrastructures scolaires ainsi que les équipements. Les quatre nouveaux projets inscrits au Programme d’action du gouvernement (Pag) 2021-2026 à savoir : le Projet de renforcement de la qualité des enseignements au primaire (Preqep) ; le Projet de construction, réhabilitation et d’équipement des infrastructures administratives scolaires (Pcreias) ; le Projet de construction et d’équipement de salles de classe dans les écoles primaires publiques en République du Bénin, phase VII (Japon VII) et le Projet de construction et d’équipement des salles de classe dans les écoles maternelles et primaires (Pces-Emp) n’ont bénéficié au total que de 500 millions dans le budget 2023.
Le ministre signale que le Programme de construction et d’équipement d’écoles primaires dans le département de l’Atlantique, Japon Phase VI (Japon 6) avait déjà réceptionné toutes ses infrastructures prévues mais bénéficie en 2023 d’une dotation sur le budget national pour conduire le processus de transfert de ressources à l’Agence de construction du secteur de l’enseignement (Acise) et de suivi de la réalisation des infrastructures sociales prévues au Pag. De même, le projet Bid 4 qui est également arrivé à son terme a bénéficié d’une dotation en 2023 pour apurer ses dettes, informe le ministre Salimane Karimou?

125, 785 961 000 milliards F Cfa pour le secteur de la santé

Le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, a défendu, pour la gestion 2023, un projet de budget qui s’élève à 125 785 961 000 F Cfa contre 98,100 milliards en 2022, soit une augmentation de 28 milliards F Cfa correspondant à un taux de plus de 28 % par rapport au budget de 2022. Il est composé de 79,320 milliards F Cfa y compris les salaires au titre du fonctionnement et de 46 ,460 milliards F Cfa au titre des investissements. Le ministre Benjamin Hounkpatin a défendu les grandes lignes devant les députés de la commission budgétaire de l’Assemblée nationale. Selon lui, cette hausse notée au niveau des ressources d’investissements traduit la volonté et l’engagement du gouvernement à donner un coup d’accélérateur à l’achèvement des chantiers en cours et au démarrage de nouvelles construction et réfection.
Ainsi, ce projet de budget a été élaboré autour de trois programmes à savoir le pilotage et soutien aux services du ministère de la Santé ; la prévention et sécurité sanitaire et l’offre et accès aux soins de santé. Lesquels programmes visent l’amélioration de la qualité des soins avec un accent particulier sur : le fonctionnement de toutes les agences mises en place avec une attention particulière pour l’amélioration de la santé de la mère, du nouveau-né, de l’adolescent et la nutrition ; le renforcement des ressources humaines qualifiées, l’optimisation de leur utilisation et leur répartition équitable sur toute l’étendue du territoire nationale; le renforcement et la modernisation des infrastructures et du plateau technique des Centres hospitaliers et centres de santé; la réorganisation de la carte sanitaire et la mise à l’échelle de l’assurance maladie.
Les ressources allouées au ministère de la Santé pour 2023 serviront notamment à la réalisation de certaines actions phares dont des activités de poursuite de la mise en œuvre du plan de riposte et de gestion de la pandémie de la Covid-19 ; de recrutement de 980 agents de santé qualifiés ; de recrutement de 416 agents de santé communautaires qualifiés et de 3741 relais communautaires ; de pré-insertion de 200 médecins, 200 infirmiers et sages-femmes et 300 aides-soignants ; de renforcement de la capacité de production des écoles et instituts de formation des infirmières et sages-femmes; du démarrage du programme de délégation de compétences pour améliorer l’offre de soins à travers la mise en place d’un programme spécial de formation de courte durée des médecins généralistes pour l’acquisition de compétences en chirurgie, pédiatrie, gynécologie obstétrique et le renforcement de capacités des infirmiers et sages-femmes d’Etat en aides chirurgiens, dialyse, anesthésie-réanimation, soins palliatifs entre autres. Il est prévu également l’octroi de bourses de formation diplômante aux médecins et paramédicaux; l’acquisition de combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine de toutes catégories confondues et des moustiquaires imprégnées d’insecticides à longue durée d’action pour les formations sanitaires ; le renforcement de la prévention et de la prise en charge des fistules obstétricales et des femmes victimes de Violences basées sur le Genre ; la gestion des épidémies notamment de choléra, rougeole, fièvre hémorragique à virus lassa, méningite et autres ; l’appui à la prise en charge des cas graves de paludisme dans les hôpitaux publics et privés ; la poursuite de la prévention et la prise en charge des maladies non transmissibles et transmissibles ; la mise en œuvre de la politique nationale de la santé communautaire dans l’ensemble des communes concernées ; l’acquisition de 853 kits Xpert pour le diagnostic de la tuberculose ; l’acquisition des Arv et réactifs et les besoins réels en intrants Vih ; l’acquisition des vaccins pour le Programme élargi de Vaccination et le Hadj ; la mise en œuvre du Projet de renforcement du système de santé axé sur l’amélioration de la santé de la mère, de l’enfant et la nutrition au Bénin ; la poursuite de la construction du Centre hospitalier de référence de rang régional à Abomey-Calavi ; l’achèvement de la construction de l’hôpital de zone et des six centres de santé dans la commune de Tchaourou; l’acquisition, l’installation et la mise en service d’équipements au profit de l’hôpital de Zone de Savè et la construction et l’équipement du Centre national hospitalier universitaire de Psychiatrie d’Allada ; le démarrage des travaux de construction de trois hôpitaux de zone de 120 lits à Avrankou-Adjarra-Akpro-Missérété; Adjohoun-Bonou-Dangbo et Zogbodomey-Bohicon-Zakpota ; l’acquisition d’ambulances médicalisées ; la construction d’un centre hospitalier universitaire général et d’un centre hospitalier universitaire de la mère et de l’enfant à Togbin à dans la commune d’Abomey-Calavi ; la création d’une école de formation en sciences paramédicales au Bénin ; l’acquisition d’un scanner de 64 barrettes au profit du Centre hospitalier universitaire départemental Ouémé-Plateau et autres?

LIRE AUSSI:  Table ronde sur un quart d’existence de l’AGETUR S.A.: Bilan de 25 années de réussite, défis et prospectives pour l’horizon 2040

Près de 64 milliards F Cfa pour l’intérieur et la sécurité publique

Les prévisions budgétaires du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique (Misp) pour l’année 2023 s’élèvent à la somme de 63, 571 118 milliards F Cfa contre 59, 853 766 284 milliards F Cfa pour le compte de l’année 2022 en cours, soit un accroissement de 6,18 %. Les dépenses ordinaires prévues s’élèvent à 51, 626 356 milliards F Cfa et les dépenses en capital se chiffrent à la somme de 11, 944 762 milliards F Cfa. Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique, Alassane Séïdou, était, vendredi 18 novembre dernier, devant la commission budgétaire de l’Assemblée nationale pour exposer les différentes composantes de l’allocation budgétaire réservée à son département ministériel dans le projet de loi de finances exercice 2023. Il ressort de sa présentation que le projet de budget exercice 2023 du Misp s’articule autour de cinq programmes majeurs que sont: le Pilotage et soutien aux services ; le programme sécurité publique ; le programme protection civile, le programme affaires intérieures et le programme Gestion intégrée des espaces frontaliers. Ces prévisions budgétaires, à en croire Alassane Séïdou, vont permettre de réaliser des infrastructures, de construire et d’équiper des commissariats, de recruter des agents de Police, les former et les positionner sur différents fronts. Ce budget va également permettre d’équiper en général la Police surtout en matériel roulant et au ministère de fonctionner.

Alassane Séïdou, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique

La présentation faite par le ministre a aussi pris en compte la mise en œuvre des recommandations faites par les députés lors de l’examen et de l’adoption de la loi de finances gestion 2022. L’on retient que plusieurs de ces recommandations ont été mises en œuvre notamment : la dotation de la commune de Ouèssè d’un dispositif de sécurité pour juguler les braquages ; la mise à disposition de moyens roulants notamment de motos au profit des commissariats de chefs-lieux de commune ; l’élargissement du champ d’action de l’Agence nationale de protection civile (Anpc) pour faire face aux nouveaux défis ; l’électrification des commissariats, etc.
Le ministre a rassuré de l’efficacité des actions menées par le ministère pour la sécurité des biens et des personnes au Bénin, les mesures particulières pour la sécurisation des élections législatives du 8 janvier prochain et surtout la lutte contre le terrorisme.

LIRE AUSSI:  Coopération franco-béninoise: La France entend accompagner le Bénin sur le chemin du développement

 

48 milliards F CFa pour le tourisme, la culture et les arts

48, 409 392 315 milliards, cest le montant du projet de budget du ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts pour le compte de l’année 2023. Il est réparti en dépenses ordinaires à hauteur de 7, 178 697 977 milliards F Cfa et les dépenses en capital représentent 41, 230 694 398 milliards F Cfa. Les actions spécifiques phares à mener avec ces ressources budgétaires concernent notamment la poursuite des travaux de réhabilitation et d’aménagement des couvents vodoun dans le cadre du projet Route des couvents ; la poursuite des travaux de construction des infrastructures touristiques à Ouidah ainsi que le complexe Marina; les travaux d’aménagement et d’entretien de produits touristiques existants, l’intensification des actions de valorisation des sites, attraits touristiques et leurs voies d’accès, le démarrage des travaux de construction du musée international de vodoun. En dehors de ces actions dans le secteur du tourisme, le ministère a inscrit au rang de ses priorités en 2023, au plan de la culture, la poursuite de l’inscription des biens et éléments à inscrire sur les listes du patrimoine mondial ; la promotion et la diffusion du patrimoine immatériel ; la mise en œuvre des dispositifs et des mesures inscrites dans la nouvelle loi portant protection du patrimoine culturel ; la dynamisation de la coopération muséale et la circulation des biens patrimoniaux; la dématérialisation de l’accès des populations aux ressources documentaires et au service de la lecture ; la définition de la carte nationale de la lecture publique ; l’appui à la construction et à la mise en service du centre de formation aux métiers de la percussion de Médédjonou à Adjarra ; et le temple musical Djibril Sagbohan ; la poursuite de la mise en œuvre du Plan de sécurisation du parc W, la réalisation d’infrastructures dans les parcs Pendjari/W ; le démarrage des travaux de construction du village de vacances Club Med ; la poursuite des travaux de construction du Musée des rois et des amazones du Danxomè (Murad) ainsi que la réhabilitation des palais royaux ; la poursuite des travaux de construction du nouveau palais du roi de Nikki et de l’arène de la Gaani et le démarrage de la construction du Centre pluridisciplinaire de développement des arts. Le ministre Jean-Michel Abimbola a défendu ces grands chantiers prioritaires à la commission budgétaire du Parlement?