Participation aux législatives prochaines : Un passage décisif pour la survie politique

Par Arnaud DOUMANHOUN,

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Participation aux législatives prochaines : Un passage décisif pour la survie politique

Des partis politiques joueront leur survie lors des législatives de 2023. C’est une évidence au regard des dispositions de l’article 27 de la loi 2019-41 portant modification de la charte des partis politiques. Mais au-delà, un autre challenge pointe à l’horizon.

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La participation aux élections législatives de 2023 a tout l’air d’un impératif pour les formations politiques, notamment celles qui ont manqué le rendez-vous d’avril 2019. Quatre ans après la tenue des premières législatives sous la bannière de la réforme du système partisan, notamment avec la modification de la charte des partis politiques et du code électoral, une nouvelle épreuve se dresse devant ceux qui ont vocation au plan constitutionnel à animer la vie politique. S’il se dit dans les états-majors que l’eau a coulé sous le pont, il n’en demeure pas moins que les lois 2019-41 portant modification de la charte des partis politiques et 2019-43 portant code électoral sont toujours en vigueur et feront parler d’elles dans les prochains mois. D’une part à l’occasion des législatives de 2023, et d’autre part de la présidentielle de 2026, dont l’une des conditions de participation se jouera d’ailleurs lors des prochaines législatives pour certaines formations politiques.

Un impératif à surmonter !

En ce qui concerne les législatives, le législateur a été on ne peut plus clair. « Les partis politiques sont tenus de participer aux élections législatives, communales et locales. Tout parti politique perd son statut juridique s’il ne présente pas de candidats à deux (02) élections législatives consécutives. La décision de retrait de l’enregistrement est prise par le ministre chargé de l’Intérieur et publiée au Journal officiel de la République du Bénin. Le recours en annulation contre la décision du ministre chargé de l’Intérieur est suspensif », stipule l’article 27 de la charte des partis politiques. Ainsi, à lui tout seul, cet article impose aux formations politiques ayant vu le jour dans le cadre de la réforme du système partisan, de se mettre au pas. Dans ce registre figurent des partis politiques se réclamant de l’opposition dont les Démocrates, la Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), la Grande solidarité républicaine (Gsr), le Mouvement populaire de libération (Mpl) mais aussi quelques soutiens du chef de l’Etat à savoir le Parti du renouveau démocratique (Prd), et le Mouvement des élites engagées pour l’émancipation du Bénin (Moele-Bénin). Les partis politiques Union progressiste (Up) et Bloc républicain (Br) sont pour l’instant à l’abri de cet impératif, du fait de leur participation aux législatives d’avril 2019.

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Un double challenge pour l’opposition

Au-delà de la contrainte prescrite par le législateur à l’article 27 de la charte des partis politiques, les acteurs de l’opposition devront faire face à un double enjeu à travers leur participation aux législatives de 2023. D’abord, il s’agira de garantir leur survie mais ensuite de décrocher des parrains dans la perspective d’une participation à la présidentielle de 2026. Aller à la recherche d’un parrainage dans le camp adverse n’est pas chose aisée. Les acteurs de l’opposition pour la plupart l’ont d’ailleurs appris à leurs dépens lors de la présidentielle de 2021, qui a conduit à la réélection de Patrice Talon pour un second et dernier mandat constitutionnel. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les législatives de 2023 offrent l’occasion à ces acteurs en particulier, et aux partis politiques en général, de se repositionner, en vue des tractations qui aboutiront trois années plus tard, à la présidentielle de 2026. Une chose est certaine, la loi reste la loi. Et dans le cas d’espèce, l’article 41 de la loi 2019-43 portant code électoral est assez clair. «La déclaration de candidature comporte les noms, prénoms, profession, date et lieu de naissance ainsi que l’adresse complète du ou des candidats. Elle doit être accompagnée des parrainages recueillis sur les formulaires nominatifs mis à disposition des élus concernés par la Cena, pour les candidats à l’élection du président de la République ». Et c’est l’article 32 qui sera incisif : « Nul ne peut être candidat aux fonctions de président de la République ou de vice-président de la République, s’il n’est dûment parrainé par un nombre de députés et/ou de maires correspondant à au moins 10% de l’ensemble des députés et des maires ». Si les partis politiques Union progressiste (Up) et Bloc républicain (Br) soutenant le chef de l’Etat ont pris l’avantage lors des législatives de 2019 et des communales de 2020, il revient cette fois-ci aux autres partis qui se sont longtemps lamentés, à tort ou à raison, sur leur sort, de prouver aux yeux de l’opinion leur capacité à ratisser large aux législatives de 2023. Et cela se jouera en cette année 2022.