Passage systématique des écoliers du CI, Ce1 et Cm1: Salimane Karimou explique sa note circulaire aux enseignants

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau,

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Le ministre des Enseignements maternel et primaire (Memp), Salimane Karimou, lors d’une conférence de presse qu’il a animée à Porto-Novo, vendredi 4 septembre dernier, a expliqué les motivations et le contenu de sa note circulaire du 2 septembre dernier. Ladite circulaire recommande entre autres le passage systématique en classe supérieure des apprenants du Ci, Ce1 et Cm1 qui ont été réguliers au cours.

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La note circulaire en date du 2 septembre dernier du ministre des Enseignements maternel et primaire (Memp) recommandant aux enseignants de faire passer systématiquement en classe supérieure les apprenants du Cours d’initiation (Ci), Cours élémentaire 1re année (Ce1) et du Cours moyen 1re année (Cm1) qui ont été réguliers et la possibilité de redoublement à la limite offerte aux écoliers du Cours préparatoire (Cp) et du Cours élémentaire 2e année (Ce2) n’est nullement de nature à promouvoir la médiocrité. C’est ce qu’il faut retenir de la conférence de presse du ministre Salimane Karimou qui est revenu de long en large, vendredi 4 septembre dernier, sur les motivations de ses instructions. D’ailleurs, pour le conférencier, l’école doit combattre à tout prix la médiocrité par la culture de l’excellence tout en sauvegardant l’égalité des chances pour tous. Salimane Karimou explique que ses instructions aux enseignants et à leur encadrement s’appuient sur le Plan de développement du secteur de l’éducation 2018-2030, les Odd et les résolutions issues du Forum mondial sur l’éducation tenu à Dakar au Sénégal en 2000 ainsi que la loi d’orientation de l’éducation nationale. Il se dégage de cette vision, selon le ministre, que « Tout enfant qui accède au primaire doit être maintenu dans le système jusqu’en classe de 3e au moins ». Ainsi, sur la base de ces textes, le Bénin a élaboré et adopté le programme d’Approche par compétences (Apc) avec un point d’orgue sur le système du sous-cycle mis en œuvre depuis 2003. Lequel programme vise à réduire l’échec scolaire.
Pour le ministre, il s’en déduit dès lors que le but de l’évaluation dans ce contexte n’est pas de sanctionner l’apprenant mais de prendre connaissance des difficultés qu’il rencontre et d’y apporter les solutions appropriées au fur et à mesure de son évolution à partir des outils de remédiation. Ainsi, le programme recommande qu’à la fin de l’année scolaire, il faut faire en sorte que les enfants qui ont été régulièrement à l’école puissent avoir la chance de continuer de développer leurs compétences au cours du cursus scolaire, explique le ministre.

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La peur de 0 % au Cep

Seulement, l’autorité ministérielle dit avoir noté un certain relâchement ces trois dernières années dans la mise en œuvre de ce système de sous-cycle. Il observe de forts taux de redoublement dans les écoles primaires. Ce qui va contre les objectifs du programme qui recommande fortement le passage systématique au cours suivant des apprenants de Ci, Ce1 et Cm1, exception faite à ceux qui ont été absents de façon remarquable. Selon le ministre, l’approche recommande aussi vivement les mêmes avantages aux élèves du Cp et du Ce2 mais avec un bémol pour ces derniers. L’enseignant est autorisé à faire redoubler les apprenants du Cp et du Ce2 qui n’ont pas donné les preuves qu’ils ont les outils et les facultés nécessaires pour passer en classe supérieure c’est-à-dire du Ce1 pour l’élève du Cp et Cm1 pour celui du Ce2. Car, cette exception de redoublement se justifie en ce sens que les écoliers du Cp et du Ce2 auront à aborder dans les classes supérieures respectives certaines difficultés, notamment des notions et paramètres qui n’ont pas été abordés dans la classe antérieure. Ce qui nécessite une certaine base afin de tenir le coup dans les cours suivants au Ce1 pour l’écolier qui quitte le Cp et le Cm2 pour celui qui doit passer du Cm1. Mais pour le ministre, cela ne peut pas expliquer le fort taux de redoublement qui s’observe ces trois dernières années au primaire. Les premières analyses des chiffres révèlent que les enseignants ont commencé par sélectionner les enfants pour le passage en classe supérieure. Cela, depuis que le régime de la Rupture a pris l’option de sanctionner désormais les directeurs /directrices d’écoles qui produisent de faibles résultats au Certificat d’études primaires (Cep). Pour éviter ces sanctions, les enseignants ont commencé par faire redoubler les enfants en masse, même à partir du Ci pour ne faire passer que les bons afin de s’assurer de ne pas réaliser de piètres performances au Cep. « Les chiffres en termes de redoublement ont bondi à partir de 2017 », déplore le ministre. Or, selon Salimane Karimou, l’enseignant devrait tout faire pour éviter à l’enfant le redoublement qui, en réalité, poursuit-il, ne corrige pas les lacunes chez l’apprenant. La note circulaire relative à l’évaluation des apprentissages scolaires vise donc à rappeler aux enseignants les exigences du système de sous-cycle promu par le programme Apc, précise le ministre.

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