Patrimoine en péril: SOS ! Sauvons le musée international Avimadjèssi d’Ahozon

Par Josué F. MEHOUENOU,

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La nouvelle fait la Une de l’actualité depuis le samedi 22 octobre dernier. Le musée international Avimadjèssi (Mia) va fermer ses portes. A bout de souffle, le promoteur a annoncé qu’il va liquider les pièces et mettre le bâtiment en location.

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Le lundi 17 septembre 2012, c’est dans une ferveur inhabituelle que le musée international Avimadjèssi (Mia) a ouvert ses portes au public. Environ 4000 objets collectionnés dans le monde entier, à divers occasions et auprès de différentes civilisations meublent l’enceinte. « Ce musée qui ouvre ses portes est un rendez-vous que j’ai personnellement pris avec ma patrie le Bénin, ainsi qu’avec la culture universelle », annonçait le promoteur, Dénis Avimadjèssi, ancien conseiller à l’ambassade du Bénin à Bruxelles. A son inauguration, le musée contenait environ 3.283 pièces auxquelles se sont ajoutées d’autres au fil du temps. Mais sans pour autant concrétiser le rêve du géniteur de ce musée, l’une des rares initiatives privées du genre. Après plus de quatre ans d’activités, le bilan semble bien négatif.

Mais le malheur du Mia a germé depuis le démarrage des travaux de construction de la route reliant Cotonou à l’arrondissement de Pahou dans la commune de Ouidah en 2013. En deux ans de travaux, l’impraticabilité de la voie a fait de ce musée, une infrastructure enclavée. Son accès était devenu quasiment impossible pour les visiteurs. Conséquence, le promoteur a tourné à perte et avait même fermé provisoirement ses portes pour une bonne période. En 2015, la nouvelle d’une fermeture du musée avait officieusement circulé. Mais depuis le 22 octobre, Dénis Avimadjèssi est passé à la vitesse supérieure. A travers un communiqué officiel publié sur sa page facebook et repris par des milliers d’internautes et acteurs culturels, le directeur-fondateur du Mia a annoncé son intention de mettre la clé sous le paillasson. « En vue de sa fermeture définitive, le musée international Avimadjèssi sis à Ahozon sur la route de Ouidah met en vente à des prix incroyables ses pièces d’art, d’histoire et de décoration venues du monde entier », annonce le communiqué. Et pour mieux caricaturer le drame, le même communiqué précise que « malgré la qualité des pièces, il est fait en sorte que les prix varient entre 1000F et 10.000F CFA ».

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Le promoteur dépité

Cette annonce a tôt fait de créer un émoi dans le rang du public et des acteurs culturels en particulier. Comme eux, le promoteur ne cache pas sa déception. Visiblement à bout de souffle, Dénis
Avimadjèssi, dans un bref échange dans la soirée de ce même samedi déclarait, dépité, « maintenant j’en ai fini. J’ai décidé de tout vendre pour mettre mon bâtiment en location. Je suis appelé de partout dans le monde. C’est dommage. Je ne sais plus quoi faire je suis dépassé ». S’il en est venu à prendre une décision aussi drastique, c’est, soutient-il, parce qu’il se sent à la porte du non-retour. « Tout ce que j’ai fait dans ma vie, je l’ai investi dans ce musée… Mes affaires ont complètement chuté », indique-t-il. Plusieurs personnes ont tout de même vu le mal venir. En 2015, face aux premières intentions de liquidation du Mia, Paul Hounkpè, alors ministre en charge de la Culture, selon nos informations, s’y était opposé. Ce qu’il qualifiait alors de « joyau pour le Bénin » ne devrait pas disparaître, aurait insisté l’ancien ministre. « Il a échafaudé avec moi un plan de sauvetage sur trois ans à raison de cinq millions par an » de la part de l’Etat, confesse Dénis Avimadjèssi. Mais cette bouffée d’oxygène se fait désirer. Depuis cette promesse, il y a bientôt deux ans, seulement trois millions ont pu être touché par le promoteur. Même les deux millions restants pour boucler le tiers du budget de sauvetage se fait encore attendre.
Joyau, il y a quelques années, le Mia est devenu un patrimoine en péril pour lequel il faut agir et vite agir. Au Bénin, terre de culture, un musée se meurt et il faut agir, surtout vite agir !?

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