Pénurie de sang au Chud Borgou-Alibori: Un mal récurrent

Par Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori,

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Le Chud Borgou-Alibori à Parakou est actuellement confronté à une pénurie criante de sang. Les patients, notamment les enfants de moins de 5 ans référencés au service de la Pédiatrie qui sont dans le besoin, en meurent. Au service départemental de l’Agence nationale de transfusion sanguine du Borgou-Alibori chargé de mettre à disposition les poches de sang, les placards sont désespérément vides.

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Alerte au Chud Borgou-Alibori à Parakou. On manque de sang. Rien que dans la journée du dimanche 21 juillet dernier, le seul service de la Pédiatrie a enregistré le décès de quatre enfants âgés de moins de 5 ans, au grand désarroi de leurs géniteurs, à cause du manque du liquide précieux. C’étaient des cas d’anémie grave et sévère dus au paludisme qui, chaque année, dans le septentrion, sévit par ces temps de pluies. Au même moment, d’autres qui sont également dans le besoin attendent toujours. Leurs parents espérant leur en trouver, quel que soit le sacrifice à consentir.  
Le constat effectué, lundi 22 juillet dernier, dans les salles d’hospitalisation et des urgences du service de la Pédiatrie de cet hôpital, est désolant. Outre l’angoisse de leurs parents et des agents chargés de les soigner, les regards hagards et les visages pâles des jeunes patients allongés sur les lits en disent long sur leur souffrance. D’autres se tordent de douleurs. Ne pouvant rester insensible à leur détresse, le chef du service, le professeur Joseph Agossou, a dû lancer un S.o.s. Ceci à la faveur d’un point de presse.

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L’alerte donnée

« Nous avons déjà eu quatre décès. Présentement, nous avons une quinzaine d’enfants qui sont dans le besoin », a expliqué le professeur. Par rapport à l’anémie dont souffrent la plupart de ses patients, il estime que le problème est plus profond. «C’est vrai que nous avons un climat qui favorise le développement des moustiques. Sinon le paludisme est un problème de développement», fait observer Joseph Agossou. « Ce n’est pas seulement une question de distribution de moustiquaires imprégnées. Allez à Cobliconto, sur la voie de Parakou-Djougou, avec par exemple, un ménage qui compte quatre à six enfants. Il dispose de quel espace dans sa case, pour se coucher sous des moustiquaires même si à chaque grossesse, on lui en donne », a-t-il expliqué. «Ce n’est qu’après avoir laissé l’enfant couché dans un coin, à la merci des moustiques, qu’on pense à  aller le mettre sous une moustiquaire», regrette-t-il. En saison des pluies, fera-t-il observer, la situation empire avec la prolifération des moustiques.
En effet, face à cette situation qui devient récurrente, les responsables  de l’hôpital restent très préoccupés. Chaque année, malheureusement, ce sont toujours les mêmes plaintes. Rien ne se fait, pour ne pas être surpris, chaque fois. Plusieurs années déjà que cela dure. Ne pourrait-on pas prendre les dispositions qui s’imposent afin de ne plus être confronté à cette difficulté qui survient à chaque saison des pluies?

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L’offre insignifiante

En effet, au niveau du service départemental de l’Agence nationale de transfusion sanguine du Borgou-Alibori, il n’est plus facile de trouver la moindre poche de sang. Pour en collecter quelques-unes, les agents rencontrés sur les lieux étaient obligés de se surpasser, en courant dans tous les sens. La douzaine qu’ils ont réussi à réunir, lundi 22 juillet, a aussitôt été mise à la disposition de la Pédiatrie. Pendant que la demande est très forte, l’offre ne suit pas. « Elle est insignifiante parce que c’est la période des grandes vacances dans les établissements scolaires », déplore le chef  service départemental de l’Agence nationale de transfusion sanguine du Borgou-Alibori, Dr Delphin Ayidéhou. « Grâce aux élèves et aux étudiants, nous avions constitué un stock important. Mais, la demande venant d’un peu partout, il a vite fait de s’épuiser », poursuit-il, tout en cherchant à comprendre la réticence des populations à donner de leur sang pour sauver des vies humaines, malgré toutes les sensibilisations à leur endroit. «Aujourd’hui, en principe, personne ne peut plus mourir par manque de sang. Donner son sang, c’est comme aller déposer son argent à la banque. Le sang donné sert toujours à sauver une vie », poursuit-il.
Seulement, au niveau du service départemental de l’Agence nationale de la transfusion sanguine du Borgou-Alibori, le travail est vraiment pénible. Avec 18 agents toutes catégories confondues à sa disposition, il est confronté à un problème de personnel. «Néanmoins, nous n’allons pas croiser les bras », rassure Dr Delphin Ayidéhou qui se prépare avec son équipe mobile à se rendre dans les lycées d’Ina et de Kika. Aussi, sollicite-t-il davantage l’implication des élus locaux dans la sensibilisation des populations avec lesquelles ils sont en contact, pour l’accomplissement du geste utile.