Performances du secteur agricole: Des progrès malgré la Covid-19 et le climat

Par Fulbert Adjimehossou,

  Rubrique(s): Non classé |   Commentaires: Commentaires fermés sur Performances du secteur agricole: Des progrès malgré la Covid-19 et le climat


En dépit de la pandémie et des caprices du climat, le secteur agricole au Bénin ne s’est pas effondré. Les producteurs ont trouvé les moyens de la résilience, faisant progresser le Pib agricole de 1,8 % en 2020.

LIRE AUSSI:  Lutte contre la Covid-19 à Banikoara: La mairie distribue plus de 3 000 masques aux candidats aux examens


De légers progrès, mais satisfaisants au vu de l’ampleur des menaces. C’est ce que révèlent les indicateurs dévoilés, ce jeudi, à la revue du secteur agricole au titre de l’année 2020 à
Cotonou. En effet, au cours de ces travaux, le niveau de mise en œuvre des recommandations de la revue de 2019, les performances physique et financière de 2020 et la contribution des autres secteurs ont été passés au peigne fin. La mise en œuvre des réformes et de la stratégie de résilience face aux effets de la Covid-19 a été évaluée. Les débats se sont également focalisés sur les dispositions pour une mise en valeur durable des aménagements hydroagricoles réalisés.

Un nouveau record pour le coton

Sans surprise, les cultures industrielles ont enregistré des performances satisfaisantes. La plus en vue, c’est-à-dire le coton, a atteint un nouveau record continental, passant de 714 714 tonnes en 2019 à 731 073 tonnes en 2020, soit une progression de 8 %. « On aurait pu faire beaucoup mieux si les pluies étaient au rendez-vous», a commenté Gaston Cossi Dossouhoui, ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche à l’ouverture des travaux.
L’autorité a surtout déploré la faible pluviométrie constatée en 2020 : 980 mm en 53 jours contre 1 225 mm en 78 jours l’année précédente. Les efforts déployés par les producteurs ont été donc négativement impactés par les contraintes climatiques.
Néanmoins, les filières anacarde et ananas ont connu des progrès, respectivement de 6 % et de 3,6 %. Au niveau des produits céréaliers, la tendance est haussière même si les objectifs n’ont pu être atteints. La production est de 2,203 millions t en 2020 contre 2,177 millions t en 2019, soit une hausse de 1,2%. La quantité de légumineuses produite a, quant à elle, stagné autour de 586 470 tonnes, pendant que les racines et tubercules ont connu une diminution de 7,3 %.
La tendance est aussi baissière dans la filière maraîchère dont la sensibilité au stress hydrique n’est plus à démontrer. La performance a chuté de 10 %. Et au niveau des filières animales, la production de viande est estimée à 78 224 en 2020, soit un progrès de 2,63 %. Le lait produit est en hausse de 2,54 % et la production des œufs s’est améliorée de 3,23 %.

LIRE AUSSI:  Riposte contre la Covid-19: L’ambassade de France renforce le Bénin en matériels

Satisfaction et disponibilité des Ptf

A l’occasion, Sylvia Hartleif, cheffe de Délégation de l’Union européenne au Bénin, a tenu à saluer la réactivité du ministère de l’Agriculture dans la mise en œuvre du Plan d’atténuation des effets de la Covid-19 sur le secteur agricole et la sécurité alimentaire et nutritionnelle. «Comme semblent l’indiquer les données macroéconomiques, les réformes entreprises depuis 2017 portent leurs fruits », a-t-elle martelé. Elle a, par ailleurs, invité le ministère à poursuivre les efforts avec une forte implication du secteur privé et la prise en compte du dérèglement climatique. « Je voudrais souligner le rôle incontournable du secteur privé et des acteurs non étatiques. Plus qu’hier, ils doivent aujourd’hui être l’objet de toutes les attentions, en particulier en ce qui concerne le conseil agricole et l’investissement », a précisé Sylvia Hartleif. Bien évidemment, les Ptf seront encore là pour accompagner la dynamique. Par la voix de Sylvia Hartleif, ils ont renouvelé leur disponibilité et n’attendent que les orientations futures du
Pag 2 pour venir en appui.
Des acteurs du secteur agricole, Gaston Cossi Dossouhoui attend pour sa part de fortes propositions pour faire du secteur agricole le levier de la croissance économique. Et ce ne sera pas possible sans un réflexe qui tient à cœur à l’autorité : le respect des gestes barrières et la vaccination anti-Covid.

LIRE AUSSI:  Face au Covid-19 : Internet mobile a sauvé les entreprises, confirme l’Arcep