Période des inondations au Bénin : Des risques croissants, exit l’imprudence !

Par Fulbert Adjimehossou,

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Caricature illustrant une inondation au Bénin

Des morts, en dépit des alertes. Au moins deux communes en ont fait les frais cette semaine. Le tableau funeste marque quatre morts à Malanville du fait du chavirement d’une barque. A Zagnanado, dans le Zou, le maire Justin Kannnikpo a lui aussi alerté sur un cas de noyade. Pourtant, cette commune de la basse vallée de l’Ouémé est en alerte rouge depuis plusieurs jours. Mais la sensibilisation n’est jamais suffisante. Déjà, dix jours plus tôt, le ministère de l’Intérieur invitait les populations de Malanville, Karimama, Athiémé, Grand-Popo, Zagnanado, Ouinhi, Adjohoun et Bonou à la vigilance. Ces dernières sont appelées à s’abstenir de tout comportement à risque, à savoir la traversée des cours d’eau à haut débit, la consommation d’eau des bassins, l’habitation des maisons menacées de ruine ou présentant autre danger. L’intensification des sensibilisations devient pédagogique et indispensable. « Il faut que les consignes soient respectées pour éviter les pertes en vie humaine et limiter les dégâts », insiste Martial Dossou, point focal national du Système d’alerte précoce (Sap).

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Le bassin du Mono en alerte

Au sud-ouest, les communes en aval du barrage de Nangbéto sont également sur le qui-vive. La sonnette d’alarme a été tirée par la Communauté électrique du Bénin (Ceb) qui a informé du remplissage précoce du réservoir du barrage. Ceci pourrait donc conduire aux lâchers les prochains jours et à la montée des eaux du fleuve Mono. Les mairies prennent d’ores et déjà des dispositions. « Depuis le 23 août, nous avons commencé la veille avec les moyens de bord. Les populations sont informées pour respecter les instructions. Sur le terrain, nous avons envoyé une équipe faire la ronde pour pouvoir se rendre compte de la situation sur le cours d’eau. L’équipe est allée dans la matinée. Nous restons vigilants », confie Jocelyn Ayhi, maire de Grand-Popo.
Dans cette commune, l’embouchure ensablée a causé en juin des inondations. Les travaux de désensablement se poursuivent encore sur le terrain pour maintenir le canal ouvert, surtout que le débit pourrait être élevé les prochains jours. « Les travaux continuent pour éviter la sédimentation afin qu’on ne soit pas surpris. Nous le devons au ministère du Cadre de vie. La situation que nous avons vécue la dernière fois nous a permis d’avoir une longueur d’avance sur les dispositions à prendre »,
précise le maire.

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« Les inondations sont à craindre »

Beaucoup se posent déjà la question de savoir si les inondations catastrophiques de 2010 ne seront pas de retour. Du côté de l’Agence nationale de météorologie, on suit de près le rythme pluviométrique sur l’ensemble du territoire national, en tenant compte des prévisions saisonnières. « Au niveau de tous nos bassins, au sud et au nord, il est prévu une situation excédentaire. C’est-à-dire le niveau des cours d’eau va dépasser un peu plus la normale. Les situations d’inondations sont à craindre. Nous suivons avec nos collègues des autres pays qui ont reçu aussi de fortes quantités de pluies. Que ce soit au nord ou au sud, cette année, nous nous attendons au débordement des cours d’eau. Aussi, nous constatons de fortes quantités de pluies au sud, bien que nous soyons en temps normal dans la petite saison sèche. Ce qui laisse présager un début précoce de la petite saison pluvieuse », analyse Boris Anato, directeur de la Prévision météorologique et de la Maintenance à Météo Bénin.
Face à ces tendances, les services de prévisions suggèrent la prudence totale pour éviter de s’exposer aux risques, quel que soit le degré. « Il faut respecter les mesures d’hygiène, protéger les enfants contre les moustiques. Il faut éviter de s’installer dans les exutoires », conseille Boris Anato. Début juillet, le plan de contingence national a été actualisé pour prendre en compte les risques nouveaux. Au niveau décentralisé, 42 communes disposent désormais de Plan de contingence communal. Ce qui fait un taux de 54 % environ. Ce qui reste faible par rapport aux enjeux.

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